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Six soirées de Pelpass Festival, le retour des découvertes, pieds dans l’herbe et bières à la main
Culture 

Six soirées de Pelpass Festival, le retour des découvertes, pieds dans l’herbe et bières à la main

par Martin Lelievre.
Publié le 21 août 2021.
Imprimé le 25 septembre 2021 à 06:12
2 553 visites. 1 commentaire.

Du mardi 31 août au dimanche 5 septembre, Pelpass va enfin pouvoir proposer son gros festival annuel au jardin des Deux-Rives. L’événement s’adapte aux restrictions sanitaires mais garde son esprit champêtre et bucolique sous chapiteau. Plusieurs noms de l’édition annulée de 2020 sont programmés, comme Pogo Car Crash Control ou Jungle by Night, et quelques nouveautés comme Benjamin Epps ou Babylon Circus.

Passe sanitaire ou pas, assis ou débout ? Après une série de rebondissements, le Pelpass Festival 2021 a trouvé sa forme définitive. Toujours au jardin des Deux-Rives, cette 4e édition se décline sur six soirées, du 31 août au 5 septembre, plutôt que trois grosses dates du mois de mai. Malgré les restrictions sanitaires, qui imposent une jauge maximale de 1 000 personnes, le festival garde les fondamentaux avec un chapiteau, sous lequel il sera possible de rester debout. Le passe sanitaire sera exigé à l’entrée, ainsi que le port du masque. Un espace bar et restauration avec des produits locaux a également pu être autorisé, ainsi qu’une version allégée de la « Militente », chargée de combler le vide musical entre les passages des artistes.

Côté programmation, la liste d’artistes a aussi subi quelques changements, par rapport à ce qui était annoncé en 2020. Par exemple, en échange du rappeur Dinos, le festival ramène Benjamin Epps, dont le nom est sur les lèvres de nombreux amateurs de rap francophone. Son EP « Fantôme avec Chauffeur » produit avec le vidéaste critique de rap « Chroniqueur Sale » ré-explore un boom bap ambitieux à la française, mis à jour à la sauce 2021. Avec une voix et un flow entre Time Bomb et Westside Gunn, des instrumentales très inspirées des années 90 et des textes aux références actuelles, le jeune rappeur a de quoi ravir plus d’un nostalgique et de quoi accrocher plus d’un néophyte.

Un festival connu pour son caractère « éclectique et découverte »

J’ai leur attention, clip de Benjamin Epps (vidéo YouTube)

Le Pelpass festival est connu pour ses mélanges de styles musicaux et pour ses petites perles musicales dénichées par l’équipe de l’association. Toujours côté têtes d’affiches, le jazz électro teinté d’afrobeat de « Jungle By Night » ou le métal aux souches grunge de « Pogo Car Crash Control » étaient déjà programmés en 2020 et sont renouvelés cette année. Les lyonnais de « Babylon Circus », ramènent une touche fanfare, ska et reggae au festival, avec des textes engagés, parfois dans la veine de Tryo ou des Fatals Picards. Le dernier album de ce groupe aux 25 années de carrière, State Of Emergency, s’approprie quelques notes rock sans trop sortir de sa ligne musicale et lyrique.

Le festival permet souvent de faciliter les rencontres entre les différents genres musicaux et leurs publics. En quelques jours, la scène passera du rock spatial et pesant de « Slift », à l’electro d’influence balkane des strasbourgeois « Turbo Guzmi », ou encore à la chanson française aux racines d’afrobeat, de jazz, reggae et de funk du duo « Djeuhdjoah & Lieutenant Nicholson ». Le contraste musical s’étend à l’électro-rap du groupe belge « Glauque », résonnant comme une version plus obscure et brutale du groupe Odezenne, jusqu’au trio « Les Violons Barbares », qui emmènent le public aux tréfonds des steppes mongoles ou de la Bulgarie avec un réarrangement de musiques traditionnelles.

Aquamarine

Depuis les débuts de Pelpass en 2006, l’association cherche à dénicher des « ovnis » musicaux ou des projets artistiques émergents, représentés cette année par le rap poétique et engagé, appuyé par percussions, du duo YN, « sélection Les Inouïs du Printemps de Bourges » ou encore la techno subtile, épaisse et acidulée de Calling Marian « lauréate du FAIR 2020 ».

La bonne ambiance du Pelpass Festival (Photo Sophigraphie)

Dans les événements Pelpass, la scène locale n’est jamais très loin, présente dans cette édition, notamment avec les « versus », des performances imaginées en résidence par deux groupes du Grand Est, présents sur scène en même temps pour se répondre musicalement. Sur la journée de vendredi par exemple, le rappeur mulhousien SMR fera face aux nancéens Lobo El et Cotchei.

S’y retrouver

Au vu de l’étendue du mélange des genres des artistes présents au Pelpass, il est parfois difficile de s’y retrouver dans la programmation. S’il n’y a pas de thème musical défini par soirée, il se dégage parfois quelques lignes directrices, guidant le public dans ce maelstrom de talents.

La journée de mardi plaira aux amateurs de gros riffs de guitare, celle du mercredi sera plutôt un mélange des genres et des rythmes du monde. Les concerts du jeudi seront teintés de musicalités africaines ou sud-américaines, alors que le vendredi est plutôt consacré au rap. Le samedi sera sous le signe de l’expérimentation musicale et le dimanche part dans tous les sens, notamment avec un spectacle de dernier jour. La compagnie « Les Sœurs Goudrons » joueront leur spectacle participatif « Dames de France », non sans référence satirique au concours des Miss France…

Dames de France des Soeurs Goudron.

Jérémie Fallecker : « refaire un festival, quelles que soient les conditions »

Le Pelpass Festival 2021 devait se tenir en mai, mais fin avril, la préfecture a refusé d’autoriser l’événement, au regard des conditions sanitaires et d’un couvre-feu toujours en vigueur, alors à 21 heures. Directeur artistique de Pelpass, Jérémie Fallecker, se souvient qu’il était hors de question d’annuler l’édition 2021 : « après un an sans rendez-vous avec le public, toute l’équipe était prête à faire des compromis pour garder un festival. » La décision a alors été prise de décaler le Pelpass festival en septembre

Pelpass propose alors un festival avec une jauge limitée à 500 personnes, assises, et réparti sur six soirées pour garder la variété de la programmation musicale. « On voulait aussi voir comment ça allait se passer pour les festivals du début de l’été et qui se sont maintenus, comme Décibulles, » précise Jérémie Fallecker. Durant l’été, les autorités sanitaires permettent aux publics de se tenir debout, mais imposent le passe sanitaire. « On a beaucoup discuté avec l’équipe et comme partout, il y a les pour et les contre… Au final, notre envie de garder un événement phare en 2021 a prévalu. »

Tenir pendant six soirées sera un gros défi pour l’association, qui espère parvenir à mobiliser plus de 120 bénévoles sur la semaine. Bien que réduit dans sa capacité d’accueil, finalement à 1 000 personnes par soir, le festival nécessite quand même des moyens conséquents. Le budget initial, prévu autour de 130 k€ a gonflé à 160 k€ en raison notamment des contraintes sanitaires et de sécurité qui s’additionnent. Le point d’équilibre est estimé à 4 000 visiteurs sur la semaine. En 2022, Jérémie Fallecker espère reprendre l’édition habituelle, avec deux chapiteaux pendant trois soirées, et en mai.

P.F.

Article actualisé le 21/08/2021 à 15h33
L'AUTEUR
Martin Lelievre
Journaliste bientôt diplômé du MJMN (Master Journalisme et Médias Numériques) de l'Université de Lorraine (Metz), photographie et multimédia

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