Conseil d’Alsace : Philippe Richert appelle les socialistes strasbourgeois à choisir leur camp
Politique 

Conseil d’Alsace : Philippe Richert appelle les socialistes strasbourgeois à choisir leur camp

actualisé le 25/01/2013 à 09h24

Philippe Richert au Club de la presse : l'opposition ou Strasbourg, il faut choisir (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

Le président UMP du Conseil régional Philippe Richert était ce midi au déjeuner du Club de la presse pour vendre le futur conseil d’Alsace. Il en a profité pour poser un ultimatum aux élus strasbourgeois, en majorité socialistes : s’ils veulent défendre le statut de Strasbourg comme capitale régionale, ils doivent rejoindre le camp du oui dans la campagne pour le référendum. Chez les socialistes, on refuse la manœuvre.

Philippe Richert n’en est pas à sa première réunion pour présenter le futur conseil d’Alsace ! Jeudi midi au Club de la presse, le président UMP du Conseil régional a indiqué avoir déjà 50 à 60 réunions sur le sujet au compteur, et discouru devant au moins 10 000 personnes. Il est d’ailleurs prêt à doubler, tripler ce chiffre pendant la campagne qui vient et qui précédera le référendum programmé le 7 avril. S’il déploie autant d’énergie, c’est qu’il ne voudrait pas voir la consultation invalidée pour cause de faible participation. Car si beaucoup autour de lui l’avertissent qu’il sera peut-être difficile de mobiliser les Alsaciens sur une réforme institutionnelle, lui a rappelé jeudi midi sa conviction :

« Je suis sûr que ce projet de collectivité d’Alsace est porteur, la fusion des trois collectivités est souhaitée par les Alsaciens. Ils vont se mobiliser et ils vont aller voter le 7 avril car ils comprendront vite tous les bénéfices qu’ils pourraient tirer d’une fusion, en termes d’efficacité, de cohérence, de renforcement du pouvoir régional et même d’économies. »

D’économies ? Certainement pas en coupant dans les budgets des collectivités fusionnées, puisque les compétences resteront les mêmes. Tout juste Philippe Richert a évoqué des synergies dans l’organisation des services des actuels conseils généraux et régional, grâce notamment aux départs à la retraite des quelques 8 000 agents qui composeront l’effectif de la future collectivité.

Un « moment historique » ?

Pour le président du Conseil régional, il s’agit là d’un « moment historique » où les Alsaciens ont « rendez-vous avec eux-mêmes » :

« Vont-ils prendre leur destin en mains ou se contenter de critiquer Paris comme d’habitude ? Tout le monde nous regarde et certains sont admiratifs devant notre détermination. Ce serait vraiment dommage de rater cette occasion, il n’y en aura pas d’autre. »

Philippe Richert a profité de l’opportunité pour appeler les élus socialistes strasbourgeois à s’engager dans la campagne du référendum :

« On assiste à un double discours de la part de certains élus socialistes. D’une part, ils veulent que Strasbourg soit la capitale exclusive et que tous les services y soient concentrés, ce qui est très très mal perçu par les Haut-rhinois, et d’autre part, ils critiquent le projet et appellent à voter non. On ne peut pas mener tous les combats ! Ils doivent choisir et je les invite à inscrire pleinement Strasbourg comme capitale dans ce processus, en prenant part dès à présent à la campagne du référendum, dans le camp du oui. »

Le rôle de Strasbourg toujours flou

Le maire de Strasbourg Roland Ries a indiqué à plusieurs reprises qu’il n’était pas opposé au principe d’une fusion des collectivités, mais qu’il voterait non car selon lui, l’actuel projet de collectivité d’Alsace conduit à un affaiblissement de la position de Strasbourg. Avec un pouvoir exécutif siégeant à Colmar et la seule assemblée législative siégeant à Strasbourg, l’actuel projet essaie de ménager tout le monde, et notamment les velléités du président du conseil général du Haut-Rhin, Charles Buttner. Selon un observateur, le siège effectif du conseil d’Alsace sera à Colmar :

« Si l’exécutif est à Colmar, les directions des services sont à Colmar et les présidents de commissions, il ne faut pas se voiler la face, le siège de la collectivité sera à Colmar. Le problème, c’est que Philippe Richert ne tient pas le même discours, selon qu’il est dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin… »

Pour les socialistes du Bas-Rhin, les différences vont même au delà de la question du siège. Selon Mathieu Cahn, premier secrétaire fédéral du PS 67, cette réforme devrait intervenir dans le cadre de l’acte III de la décentralisation, qui devrait être mené par l’actuel gouvernement :

« Les socialistes ne sont pas opposés à une simplification administrative. Mais là, on ne peut pas parler de conseil unique d’Alsace puisqu’il s’agit d’un conseil multiple d’Alsace, avec des assemblées départementales et locales qui s’ajoutent à l’assemblée régionale. C’est un nouveau mille-feuilles et on attend toujours que les compétences de cette future collectivité soient précisées. Donc les élus socialistes strasbourgeois voteront non, pas par opposition à la fusion, mais parce qu’il ne s’agit nullement d’un « moment historique » et qu’on pourra toujours le faire, bien plus clairement, dans le cadre de la future loi de décentralisation. »

Vendredi, l’assemblée plénière du conseil régional va adopter une délibération engageant la collectivité dans le processus de fusion. Les conseillers régionaux socialistes ont prévu de s’y opposer.

Aller plus loin

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L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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