Plaintes déposées pour agressions sexuelles contre un chauffeur Uber à Strasbourg
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Plaintes déposées pour agressions sexuelles contre un chauffeur Uber à Strasbourg

Deux jeunes femmes ont été victimes d’agressions sexuelles de la part d’un chauffeur Uber à Strasbourg. Signalé en 2017 auprès de l’application, il a de nouveau eu un comportement déplacé ce week-end. La dernière victime a porté plainte.

Dans les deux témoignages qui nous sont parvenus, le scénario est identique : Karim, son prénom a été changé, agresse les jeunes filles se retrouvant seules avec lui dans sa Mercedes, alors qu’il les raccompagne chez elles en pleine nuit.

Noémie se souvient très bien de la fin de sa soirée du samedi 21 octobre 2017. Alors qu’elle rentre du Baggersee avec des amis, l’étudiante d’alors 22 ans commande un Uber vers 3h du matin. Karim arrive au volant de sa Mercedes, il conduit le petit groupe jusqu’à l’Esplanade. Là, Noémie laisse ses amis et reste dans la voiture, car elle habite près de la cathédrale.

Dans les deux témoignages qui nous sont parvenus, le scénario est identique. (Photo Morten Schwend / FlickR / cc)

Karim lui propose alors de passer devant, elle s’exécute sans trop réfléchir. Puis le chauffeur lui prend la main et la met sur sa cuisse à lui. Noémie est tétanisée… Elle ne comprend pas ce qu’il se passe et lui dit « d’arrêter ça. »

« Je pensais que vous aviez plus bu que ça »

Karim lui répond qu’il pensait « qu’elle avait plus bu que ça » et lâche sa main. Mais il continue d’avoir un comportement inapproprié avec elle, comme s’ils étaient ensemble. Arrivée enfin à son domicile, Noémie se rue sur l’application pour signaler Karim à l’aide de la fonction « je me suis sentie en danger. »

Après plusieurs échanges avec Uber, elle obtient des excuses et l’assurance que la situation « sera réglée. » Mais voilà que dimanche 17 novembre, une histoire similaire est publiée sur Facebook, par Sonia.

Le témoignage initial de Sonia à Uber (capture d’écran / doc remis)

Deux ans plus tard, Sonia témoigne

Étudiante en école d’infirmière, Sonia, 22 ans, appelle dans la nuit de samedi 16 novembre un Uber place Gutenberg pour rentrer chez elle à la Robertsau avec trois amis. Karim arrive et convoie d’abord le petit groupe à Landsberg. Sonia était à l’avant, une fois ses amis déposés, Karim lui propose de rester à l’avant…

Karim lui pose alors des questions personnelles, sur sa vie d’étudiante, sur son logement, si elle vit seule, etc. Il conduit extrêmement lentement, ce qui inquiète l’étudiante qui répond évasivement. Puis il lui prend la main et la met sur sa cuisse à elle, en lui disant qu’elle est belle…

Plusieurs minutes… une éternité pour Sonia, 22 ans

Sonia lui demande de lâcher sa main mais il ne le fait pas, il gardera fermement la main de Sonia dans la sienne pendant plusieurs minutes, qui paraîtront une éternité à Sonia. Enfin arrivée à la Robertsau, Karim la lâche enfin et se penche vers elle pour l’embrasser, ce qu’elle évite en sortant de la Mercedes.

Elle aussi a fait un signalement via l’application et la fonction « Mon chauffeur a eu une attitude déplacée. » Uber lui conseille de déposer plainte, ce qu’elle fait dès le lendemain.

Défaillance de la vigilance d’Uber

Les deux victimes, qui ne se connaissent pas, font état de ces comportements en provenance du même profil de chauffeur. Noémie, la première victime, est choquée de constater à la lumière de la seconde agression qu’il n’a pas été sanctionné par Uber :

« On laisse cette personne reconduire des jeunes femmes éméchées et seules chez elles ! Quand je paie 20 ou 30€ pour un Uber, c’est justement pour rentrer chez moi en sécurité. Si ça se trouve, d’autres filles ont été victimes de ses attouchements, d’autres plus saoules que moi n’ont pas pu résister… Ça me met hors de moi. »

Contacté, Uber indique de son côté que leurs procédures incluent le recueil des témoignages des deux parties lorsqu’un incident survient. L’entreprise peut désactiver temporairement ou définitivement l’accès d’un chauffeur à l’application mais elle a refusé de communiquer quelle a été sa décision en 2017. Elle a également refusé que Rue89 Strasbourg puisse contacter le chauffeur en question.

Noémie prévoit de porter plainte à son tour dès ce lundi soir, pour que cette fois, les agressions s’arrêtent.

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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