Des policiers et leurs cartons jaunes, deux pickpockets repérés dans le marché de Noël
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Des policiers et leurs cartons jaunes, deux pickpockets repérés dans le marché de Noël

actualisé le 30/11/2017 à 16h53 : modification du tweet de la police nationale pour corriger une faute d'orthographe.

Deux policiers en civil arpentaient les rues de Strasbourg ce mercredi 29 novembre, dans le rôle de pickpockets. Depuis 4 ans, ils font des opérations de prévention au vol à la tire. Cette année, les passants les moins vigilants pourront retrouver un carton jaune dans leurs affaires. Une pratique pour faire reculer les vols de rue mais aussi faire passer un message : rester prudent.

Des Strasbourgeois ont croisé des pickpockets pas comme les autres dans la rue. Ces « voleurs » bien intentionnés travaillent pour la police. Les forces de l’ordre organisent ce type d’opérations de prévention au vol de rue depuis 4 ans. Elles visent en particulier les moments de forte affluence comme le marché de Noël, mais aussi la fête de la musique ou la grande braderie, environ 10 fois par an.

En 2016, 807 vols à la tire ont été constatés à Strasbourg et pendant les 10 premiers mois de 2017, ils sont déjà 579. Une légère baisse mais l’année n’est pas terminée. Strasbourg se situe légèrement en-dessous de la moyenne française.

Joël Irion, le chargé de communication de la police nationale dans le Bas-Rhin, participe chaque année avec un collègue à ces vols fictifs :

« Nous partons en civil par deux dans les lieux touristiques de la ville et nous mettons en lumière des comportements vulnérables qui pourraient amener un pickpocket à passer à l’acte. Tout comme une porte ou une fenêtre laissée ouverte, il y a des préventions au cambriolage. Dans tous les endroits avec du monde le mot d’ordre : faites attention à vos affaires ! »

« Dommage, vous ne pourrez pas acheter de crêpe »

Entre 9h45 et 13h30 ils ont sensibilisé une cinquantaine de personnes, en français, en allemand, en anglais voire en mimes pour les touristes japonais. Cette année, les policiers glissent un petit carton jaune dans les poches. Il est écrit « aujourd’hui c’est la police qui a décelé votre vulnérabilité, demain ça sera peut-être un pickpocket ». Sous-entendu, si on a glissé un carton là, ce n’est pas difficile de subtiliser un portable ou un portefeuille. Les policiers engagent ensuite une brève conversation.

Pour Joël Irion, il est important de rappeler que ces opérations ne sont pas mises en place pour accuser les victimes de vols de leur manque de vigilance. Il ne s’agit pas non plus de faire peur.

« Les gens doivent se rendre compte à quel point c’est facile et rapide de voler. L’année dernière je suis resté 1h30 en ville, j’ai eu le temps de prendre 16 sacs à main. Et ce n’est pas pour faire l’apologie du vol à la tire, bien au contraire. »

Le piège serait de ne plus faire attention. Avec des militaires et des policiers dans tous les coins pour sécuriser le marché de Noël, certaines personnes baissent la garde comme le présente Joël Irion :

« Ce matin, une dame était en train de prendre une photo. Son sac était grand ouvert. J’ai pu lui subtilisé son portefeuille. Puis je lui ai dit, ce serait encore plus beau avec une crêpe. C’est dommage, vous ne pourrez pas vous en acheter j’ai votre porte monnaie. Comme j’aime le dire, s’il y a un inventeur qui s’est cassé la tête pour inventer une fermeture éclair ce n’est pas pour rien. »

À Strasbourg des actions de préventions contre les pickpockets sont organisées. (capture d’écran)

Le premier réflexe à adopter : appeler le 17

Joël Irion rappelle que « le pickpocket n’a pas d’âge, pas de sexe, pas de couleur de peau ». L’an dernier un voleur avait 64 ans. La police aimerait que les victimes, passants comme commerçants, aient comme premier réflexe d’appeler le 17. La police nationale dispose d’une cellule policière spécialisée contre les vols à la tire de quatre personnes.

Les agents conseillent de bien fermer son sac, le porter sous le bras ou sur le ventre et d’avoir son moyen de paiement au fond du sac et même de fermer le bouton de la poche intérieure d’un manteau. Bien sûr, il faut oublier le réflexe de mettre le portable ou le portefeuille dans la poche arrière du pantalon. Une nouvelle opération de prévention devrait se dérouler mercredi 6 décembre.

L'AUTEUR
Cécile Mootz

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