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Pour fermer Fessenheim, EDF exige « 2 à 3 milliards d’euros »
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Pour fermer Fessenheim, EDF exige « 2 à 3 milliards d’euros »

par Benjamin Bruel.
Publié le 15 juin 2016.
Imprimé le 23 octobre 2021 à 06:45
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À LIRE SUR LE MONDE.FR

Malgré les pressions de la ministre de l’Écologie Ségolène Royal et du gouvernement, EDF aurait décidé de ne pas fermer la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) pour le moment, indique le quotidien Le Monde ce mercredi 15 avril.

Depuis plusieurs mois, l’Etat, actionnaire à 85% d’EDF, tente de faire enclencher la fermeture anticipée de la plus vieille centrale de France, en service depuis 1977. C’était une des promesses de campagne de François Hollande et un des cheval de bataille de Ségolène Royal depuis son entrée au ministère de l’écologie. Mais d’après quatre sources du Monde, « concordantes » et proches du groupe, le PDG du groupe Jean-Bernard Lévy, nommé à son poste par Manuel Valls en février 2014, aurait décidé de ne pas fermer la centrale pour le moment.

En février, Ségolène Royal avait rappelé à Jean-Bernard Lévy de « tenir l’échéance de juin 2016 » pour la fermeture de la centrale. Puis, dans une lettre datée du 4 mai et citée par Le Monde, elle s’étonnait que le PDG n’ai consulté ni son conseil d’administration, ni son comité d’entreprise :

« Je suis étonnée que ces procédures n’aient toujours pas été activées, mais je ne doute pas que tout est prêt pour le faire. »

La direction de la politique prise pour l'avenir de Fessenheim n'est pas aussi claire... (Photo Till Westermayer / FlickR / cc)

La direction de la politique prise pour l’avenir de Fessenheim n’est pas aussi claire… (Photo Till Westermayer / FlickR / cc)


L’État propose 80 à 100 millions d’euros

Le problème est tant politique que financier. Sur ce deuxième point, l’écart entre les espoirs de compensations de l’entreprise et ce que propose de donner l’Etat est abyssal : EDF souhaitait obtenir 2 à 3 milliards d’euros pour cette fermeture, tandis que la ministre de l’Écologie a proposé, début mai, de verser 80 à 100 millions d’euros à EDF. Une source du journal, administrateur d’EDF, commente cette situation :

« Jean-Bernard Lévy n’a pas le choix. S’il lance la fermeture sans accord sur l’indemnisation, n’importe quel actionnaire minoritaire d’EDF pourra aller en ­justice et gagner. L’allemand EnBW et les suisses Alpiq, Axpo et BKW, qui détiennent un tiers de Fessenheim, pourraient, eux aussi, attaquer. »

Enfin, le problème est politique. Le délai initialement prévu est désormais intenable. Même si Jean-Bernard Lévy souhaitait instiguer juridiquement la fermeture du site, il devrait réunir son conseil d’administration. Ce qui ne serait pas possible avant décembre, d’après une source du Monde. Et au sein de l’entreprise, certains « jouent la montre » : si une alternative politique devait voir le jour en 2017, certains candidats à l’élection présidentielle annuleraient la décision de fermer la centrale nucléaire. Nicolas Sarkozy, qui a visité la centrale le 23 mai dernier, a notamment promis d’annuler cette décision.

Lire l’article complet sur Le Monde.fr (accès gratuit) et l’enquête complète (accès abonnés). 

L'AUTEUR
Benjamin Bruel
Journaliste en fin de formation à Grenoble. Passé par Le Monde, AFP, Arrêt sur Images avant de gribouiller sur Rue89 Strasbourg.

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