Pourquoi la mobilisation des taxis à Strasbourg est moins forte qu’à Paris
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Pourquoi la mobilisation des taxis à Strasbourg est moins forte qu’à Paris

Une manifestation moins suivie grâce à  (photo GG/ Rue89 Strasbourg)

Une manifestation moins suivie grâce aux conventions locales, aux instituts médicaux et aux institutions européennes. (photo GG/ Rue89 Strasbourg)

Vidéo – Les taxis manifestaient ce jeudi 25 juin, mais la mobilisation relativement calme à Strasbourg s’explique par des conventions locales. Il n’empêche que le modèle économique d’Uberpop, qui s’affranchit de certaines contraintes empiète sur l’activité de tous.

La mobilisation des taxis a été forte jeudi 25 juin en France, particulièrement à Paris où une manifestation contre l’application « UberPop » a été émaillée de violences. À Strasbourg, les chauffeurs étaient mobilisés dès 9h à la station de la place de la République, sans bloquer la circulation. Ils ont été reçus à la préfecture une heure plus tard. Le préfet a pris des engagements qui ont quelque peu divisé les chauffeurs de taxis sur la suite à donner à leur mobilisation.

Vers 11h30 ce jeudi, la tension était palpable entre les chauffeurs et les syndicats qui revenaient de la préfecture. Un premier cortège est parti de la place de la République en direction de l’avenue des Vosges, la majorité des chauffeurs restant pour débattre entre eux. Comme souvent dans une mobilisation sociale, il y a les partisans du dialogue (représentés par les syndicats) et ceux de la force (représentés par « la base »). Certains veulent montrer leur détermination en allant « bloquer le Conseil de l’Europe », d’autres disent que la violence ne sert à rien car UberPop est déjà interdit à Strasbourg (ce n’était pas le cas à Paris jusqu’à l’annonce ce midi de son interdiction par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve), et car le préfet a pris de nouveaux engagements.

Des violences avaient pourtant éclatées à Strasbourg la semaine dernière entre un chauffeur UberPop et des taxis qui avaient tendu un guet-apens et s’en étaient pris au véhicule de ce dernier. Trois chauffeurs UberPop venaient par ailleurs d’être interpellés suite à l’arrêté de la préfecture interdisant l’utilisation du service.

Des chauffeurs de taxi remontés contre un représentant syndical

Au milieu du brouhaha, fusent des insultes envers les médias accusés « d’être financés par Uber » et de « faire la publicité d’Uber ». Puis c’est au tour des Américains : « Ils ont failli nous la faire après la guerre, et là ils tentent le coup une deuxième fois ! », puis « c’est parce qu’ils cherchent à se faire du fric sur notre dos ». D’autres chauffeurs viennent parler aux journalistes et s’expriment plus calmement, comme Robert* :

« Si la situation est plus calme à Strasbourg, c’est aussi parce qu’ici, entre le Parlement Européen, le Conseil de l’Europe et les transports médicaux, il y a beaucoup de conventions locales qui profitent aux taxis. Là par exemple je suis certain qu’à 14h, beaucoup d’entre eux vont quitter le cortège pour aller chercher leurs dialysés ».

La situation n’empêche pas cet artisan-taxi d’être très remonté contre Uber :

« Moi j’ai fini de la payer ma licence, mais pour ceux qui ont des crédits, c’est vraiment le bordel cette histoire de concurrence déloyale. C’est une vraie incitation au travail au noir par dessus le marché, parce que les mecs ils ne s’embêtent pas, ils prennent une plaque au Luxembourg pour ne pas payer d’impôts en France. J’ai mis neuf ans à payer cette foutue licence, t’imagines ? »

Un autre chauffeur s’approche (il ne souhaite pas être filmé). À la question « pourquoi les tarifs des taxis sont-ils plus élevés à Strasbourg que dans d’autres villes d’une taille comparable ? » il répond : « Il faut aller demander à la Prefecture qui établit les prix », mais un autre chauffeur lui renvoie du tac-o-tac « Personne ne t’empêches d’appliquer des tarifs moins élevés à ta clientèle ». Léger malaise, mais il se rattrape : « Uber c’est un modèle économique, ok ? Qui vous dit que demain, il n’y aura pas d’Uber Journalistes ? Ou d’Uber Avocats ? J’aimerai bien voir ça ! »

*Prénom modifié

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L'AUTEUR
Gaspard Glanz
Gaspard Glanz
Journaliste et Reporter vidéo TaranisNews.com Strasbourg, Rennes, Paris.

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