Premier mai : la peur de la récupération politique ébranle l’unité syndicale
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Premier mai : la peur de la récupération politique ébranle l’unité syndicale

Lors de la manifestation contre la réforme des retraites en septembre 2010 (Photo _MekTouB_ / FlickR / CC)

Le cortège syndical du 1er mai aura bien lieu à Strasbourg, mais, entre-deux tours oblige, l’ambiance sera un peu particulière. Trop politique au goût de la CFDT Alsace, qui ne défilera pas, et de FO, qui aura son propre parcours. Du côté des syndicats toujours présents dans le cortège « unitaire », on indique rester concentrés sur la fête des travailleurs.

Mardi 1er mai, traditionnellement une belle journée d’union syndicale autour des combats actuels pour les salariés : retraites, pouvoir d’achat, chômage… Enfin presque. Car depuis que Nicolas Sarkozy, président de la République sortant et candidat à sa réélection, a indiqué lundi 23 avril qu’il aurait sa propre « fête du travail » à Paris, les syndicats ont vertement réagi. La CGT a même appelé à « faire barrage à Nicolas Sarkozy » le lendemain.

Du coup, voyant la manifestation syndicale se politiser, la CFDT Alsace a préféré renoncer à défiler à Strasbourg. Quant à Force Ouvrière, son cortège se tiendra en retrait et son circuit sera plus court. Les manifestants de FO iront ensuite en voiture rejoindre l’entreprise Stracel au Port-du-Rhin, promise à la vente par ses propriétaires, le groupe finlandais UPM. Au final, le cortège « unitaire » sera composé par les adhérents des organisations CGT, CFTC, Unsa, Solidaires et FSU.

Le tracé du cortège à Strasbourg

Pour Jacky Wagner, secrétaire régional de la CGT, il n’y a pas lieu de polémiquer :

« C’est une manifestation pour les travailleurs tout à fait classique. Le mot d’ordre de l’intersyndicale reste inchangé : une mobilisation pour l’emploi, pour de meilleures retraites, pour de meilleurs salaires, pour des services publics, etc. Rien d’original en fait. »

Mais pour FO, le risque de récupération politique est trop grand, selon sa secrétaire départementale, Christiane Heintz :

« Nous sommes un syndicat libre et indépendant. C’est une journée internationale pour les travailleurs et nous ne voulons pas qu’elle soit instrumentalisée par des partis politiques. Nous ne parlerons pas dans nos discours de l’élection présidentielle. »

La sortie visant à changer de président de la République ne dérange pas pour autant la CFTC ni l’Unsa, qui sont restés dans le cortège, comme l’indique Xavier Ulrich, secrétaire régional de l’Unsa :

« Certes il y a un risque de récupération, mais enfin, on ne va pas abandonner le terrain aux partis politiques ! Nous marchons tous les 1er mai depuis la création de l’Unsa, alors on ne va pas faire une exception pour l’élection. Notre mot d’ordre cette année sera : « Le social, c’est urgent », ça vaut quel que soit le vainqueur de la Présidentielle. »

Les politiques en queue de cortège

Les organisations politiques, comme c’est l’usage, se contenteront de la queue du cortège. Le Parti socialiste, le Nouveau parti anticapitaliste, le Front de gauche et le Parti communiste sont annoncés. Pour Mathieu Cahn, premier secrétaire du PS du Bas-Rhin, il n’y a pas lieu de déroger à la tradition :

« Comme à chaque fois, le Parti socialiste rejoindra le cortège au niveau du pont Saint-Nicolas et nous nous insérerons en queue de cortège. Nous aurons des tracts, mais pas de banderole, car cette mobilisation appartient aux syndicats et aux travailleurs. »

Vous pourrez suivre le déroulé de la manifestation du 1er mai en temps réel sur notre site.

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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