Streaming, grillades, petits comités… Le monde de la nuit s’organise
Culture 

Streaming, grillades, petits comités… Le monde de la nuit s’organise

actualisé le 17/07/2020 à 11h59

En attendant la réouverture des discothèques, la Kulture propose une programmation en streaming et le Studio Saglio prépare ses grillades… Les structures prisées des noctambules demeurent fermées, mais les acteurs testent des solutions pour survivre.

Les mesures de distanciation physique obligatoires empêchent les boîtes de nuit de redémarrer leur activité. Danser au cœur d’une foule, se parler corps à corps devant des enceintes assourdissantes ou partager un verre sont des plaisirs pour l’instant proscrits.

Pour assurer la survie économique de leurs entreprises, les gérants des bars et de boîtes de nuit doivent donc réinventer leur offre à Strasbourg, entre concert en streaming, reconversion temporaire en restaurants ou karaoké confiné.

Une soirée à la Kulture, Strasbourg (doc. remis)

La Kulture à la maison

Antoine Peraldi, le gérant du bar de nuit la Kulture, a ainsi décidé de lancer un nouveau projet intitulé « La Kulture Home ». Il s’agit d’une collaboration entre la Kulture et des DJ locaux qui mixeront dans l’établissement. Les soirées ne se passeront pas au 6 rue des bateliers mais chez soi, où il sera possible d’écouter et de regarder en direct les artistes via la plateforme de streaming Twitch.

Retransmission sur Twitch par la Kulture d’un mixe en direct.

Le site permet de recueillir des dons pour financer les DJs. La programmation est prévue de 20h à minuit. Pour motiver les fêtards à donner et à prolonger la fête des paliers sont instaurés. Si 100€ sont récoltés avant minuit, l’événement continuera jusqu’à 1h du matin. Puis un deuxième palier à 250€ permet d’encore prolonger la nuit. Un onglet donation est accessible sur la page Twitch de la Kulture.

L’intérieur du bar sera fermé au public mais ouvrira pour de la vente de boissons à emporter. Les soutiens du lieu auront la possibilité d’acheter des t-shirts et des produits dérivés de la Kulture.

Un espace restauration au Studio Saglio

Située au 16 rue Saglio dans le quartier de la Meinau, la boîte de nuit existe depuis vingt-cinq ans. Et c’est depuis douze ans que cette institution strasbourgeoise s’est spécialisée dans la musique électronique. Mais le lieu fait face à une crise existentielle, selon Richard Hirstel, gérant du Studio Saglio : « On ne risque pas de danser de sitôt… »

Photo Studio Saglio. Crédit Coin des clubbers
Une soirée au Studio Saglio. (Photo Coin des Clubbers)

Richard Hirstel a ainsi préféré organiser une reconversion temporaire du lieu : « Cet été, il sera possible de déguster des grillades et les repas seront accompagnés de musique au Studio Saglio. » Dotée d’une terrasse et d’une cuisine, le lieu pourra se convertir en restaurant avec paillote à l’extérieur. Des associations de DJs ont prévu de mixer en soirée lorsque le Studio Saglio sera autorisé à ouvrir, en même temps que la reprise officielle des restaurateurs, dont la date reste à préciser.

À défaut de pouvoir danser, le restaurant sera ouvert du mercredi au samedi, de midi à 22h, et le dimanche à partir de 18h jusque minuit. Une cinquantaine de personnes pourront siéger dans ce nouvel espace restauration. Le prix des mets sera compris entre 5€ et 20€ et la cuisine alsacienne sera à l’honneur.

Le bar-karaoké Bunny’s bar adapte son espace

Le « bar Macron », allusion aux virées étudiantes d’Emmanuel Macron au Bunny’s durant son passage à l’ÉNA, envisage de transformer son espace en box privatisables. Ils accueilleraient dix personnes maximum, la limite légale pour un rassemblement dans l’espace public. Le 1 rue de l’Épine continuera donc de faire chanter ses habitués.

La difficulté de distancer les clubbeurs est en effet incontournable. Jean-Luc Maturl explique la nécessité de garder les clubs fermés tant que le virus du Covid-19 circule :

« La plupart des couples se créent en discothèque. La distance, je n’y crois pas. »

Jean-Luc Maturl, gérant de la Salamandre, du Galopin, du Bunny’s bar

Parmi ses autres établissements, il imagine plus difficilement de rouvrir la Salamandre au moment où les restaurants ouvriront. En revanche, Le Galopin et son bar caché installeront une terrasse pour lier l’atmosphère des deux lieux : cocktails et tartes flambées.

Premiers à fermer, derniers à ouvrir

Les gérants de bars, restaurants et boîtes de nuit de la ville ont formé un groupe de travail avec la municipalité.

Pour Paul Meyer (La Coop.), adjoint au maire de Strasbourg en charge des commerces et du tourisme, il faut travailler sur des fêtes à un rythme plus doux :

« Les gens veulent se retrouver mais ça ne pourra pas être dans une effusion. Il faudra savoir se retrouver sans s’agglutiner et retrouver un équilibre. »

Paul Meyer, Adjoint au maire de Strasbourg en charge des commerces et du tourisme

Une des solution envisagée est d’aménager l’espace public de façon à accueillir de larges terrasses respectant les mesures de distanciation physique.

Les tenanciers les plus optimistes espèrent une ouverture des clubs entre la mi-juillet et la fin du mois d’août. Mais certains n’osent envisager de reprise avant l’année 2021.

Les free party veulent continuer masqués

Pour se déhancher malgré tout, les plus téméraires relanceront leurs Sound systems dans les champs. La Coordination Nationale des Sons avait déconseillé aux collectifs d’organiser des événements festifs pendant la période de confinement, autant pour limiter la diffusion du virus que pour se protéger contre des sanctions. Un arrêté préfectoral avait proscrit les rassemblements sous peine de 7 500€ d’amende et 6 mois de prison.

Actuellement, les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits dans les lieux publics. Mais un collectif de DJs a prévu de revenir sur le terrain. Ils ont décidé de se munir de masques, de gants et de gel hydroalcoolique pour faire danser malgré tout les teufeurs en free party. Ils comptent aussi sur le civisme des danseurs pour respecter au maximum les mesures barrières.

L'AUTEUR
Clara Depoers
Clara Depoers

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