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Quatre repreneurs au chevet de Caddie
Economie  Société 

Quatre repreneurs au chevet de Caddie

par Pierre France.
Publié le 21 mai 2012.
Imprimé le 27 mai 2022 à 20:06
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Le PDG d'Altia Patrice Durand est venu saluer les salariés de Caddie présents devant le tribunal. (Photo PF)

Le tribunal a examiné ce soir quatre offres de reprise de Caddie, l’entreprise fabricant les chariots de supermarchés à Drusenheim. Les investissements à réaliser pour réorganiser la production sont de l’ordre de 20 millions d’euros. Le groupe Altia fait figure de favori mais Supercart est sur les rangs, ainsi qu’une entreprise du Doubs et une offre « alsacienne ».

Au final, quatre repreneurs sont arrivés au bout de la procédure, et se sont présentés devant la chambre commerciale du tribunal de Strasbourg ce lundi. Mercredi encore, six offres avaient été étudiées par le Comité d’Entreprise (CE). Phoenix s’est finalement retiré des prétendants, malgré un avis favorable du CE. Il reste donc en lice l’offre du groupe Altia, qui est la seconde offre qui peut se prévaloir des faveurs du CE, un projet « alsacien » de TEE Finances, le plan de continuation de Supercart, et l’achat par Cattin Filtration, une entreprise de Pont-de-Roide dans le Doubs.

Ces projets sont très différents. Celui du groupe Altia consiste à investir 14 millions d’euros sur le site de Drusenheim, afin de créer deux lignes de production: une ligne de galvanisation et une ligne de peinture. Le site de Revêtements industriels de l’est à Oberhausbergen serait fermé dans les deux ans. Altia reprendrait 384 employés sur 509, maintiendrait le statut des salariés de Caddie et assurerait le reclassement des 125 ouvriers restant au sein des autres usines du groupe. Altia emploie 3300 personnes dans huit pays et ce qui intéresse la société, c’est la marque Caddie, comme le détaille Patrice Durand, PDG d’Altia :

« Caddie est une marque reconnue mondialement. Nous avons fait valoir devant le tribunal de nombreuses synergies avec Caddie, nous produisons des pièces d’assemblage qui sont utilisées dans les chariots par exemple, et nous sommes un gros consommateur d’acier. Ajouter les besoins en acier de Caddie permettrait d’être plus fort auprès des producteurs et de réduire les coûts en matières premières. »

Le groupe Altia est soutenu par le Fonds stratégique d’investissement, financé par l’Etat, actionnaire minoritaire du groupe. La filiale portugaise de Caddie serait vendue à moyen terme, tandis que la filiale chinoise serait conservée et développée pour s’attaquer au marché asiatique.

L’actionnaire minoritaire de Caddie maintient son offre

Face à cette offre qui fait figure de favorite, tant par ses soutiens que par ses possibilités de synergies, d’autres repreneurs ont détaillé leur projet devant le tribunal. Parmi eux, Cattin Filtration de Pont-de-Roide. L’entreprise n’apporterait « que » 250 000€ sur la table mais reprendrait tous les salariés, sauf les cadres. Pour son PDG Mickaël Viaux, il s’agit de s’appuyer sur les technologies et le savoir-faire:

« Nous ferons exactement comme nous avons fait avec Cattin Filtration: une opération de croissance externe. On remet tout le monde au travail, on garde les compétences et on rationnalise la production. Certes notre investissement en cash semble faible, mais nous gardons tous les employés. Il est là le réel investissement ! Mme Deppen-Joseph (la propriétaire de Caddie, ndlr) demande beaucoup trop pour le fonds de commerce, 7 millions d’euros… Nous en avons proposé 1,2, ce qui nous parait largement suffisant. »

Troisième repreneur potentiel, Supercart, déjà actionnaire minoritaire du groupe. Son PDG, Michael Wolfe, est en conflit avec l’actuel PDG de Caddie à la suite d’un différend sur la stratégie de redressement à adopter et sur l’état général de Caddie. Pour son représentant, Me Kenneth Weissberg, la situation de l’entreprise de Drusenheim est plus grave qu’on ne le croit :

« Les commandes se sont effrondrées de 60% ces derniers mois, Caddie brûle 1,5 millions d’euros par mois et a atteint 43 M€ de dettes ! L’administrateur n’a plus de quoi payer les salariés. Nous sommes les seuls à proposer un plan de continuation solide, 13 millions d’euros d’investissement, le maintien de 350 emplois et nous prenons en charge la dépollution du site d’Oberhausbergen qui coûtera entre 4 et 6 millions d’euros dont personne ne parle ! »

Dernière offre, celle de TEE Finances, que son représentant, Joël Mercier a présenté comme une « offre alsacienne ». Mais à l’audience, Joël Mercier a fait état du soutien d’un fonds d’investissement qatari… Arrivée tardivement, cette offre n’a pas pu offrir au tribunal l’ensemble des garanties financières demandées, mais elle a quand même pu présenter son projet, qui consiste essentiellement en un recentrage de l’activité à Drusenheim.

Le tribunal remettra son délibéré mercredi 23 mai.

Article actualisé le 22/05/2012 à 07h01
L'AUTEUR
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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