Tribune : Quel avenir pour les aéroports alsaciens ?
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Tribune : Quel avenir pour les aéroports alsaciens ?

actualisé le 11/09/2012 à 00h20

L'aéroport de Strasbourg-Entzheim (Photo FlickR / Cercamon / CC)

L’association TC-Alsace voit un avenir à deux aéroports pour l’Alsace, mais pas trois et à condition de se répartir les destinations. A Entzheim l’Europe, à l’Euroairport les autres continents et Baden-Baden peut devenir un aéroport d’affaire.

On a trop souvent tendance lors de chaque débat autour de l’avenir de l’aéroport d’Entzheim à mettre en opposition la desserte ferroviaire et la desserte aéroportuaire de l’agglomération. Ces deux modes sont pourtant deux réponses complémentaires à la question de l’accessibilité internationale de la métropole strasbourgeoise. Pour répondre à la question de l’avenir de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim, l’association TC Alsace considère qu’il faut réfléchir plus globalement pour toute la desserte de la région et du secteur des trois frontières.

En préalable, une réflexion autour du maintien de la plateforme aéroportuaire de Baden-Baden doit avoir lieu. Cet aéroport est le fruit d’un manque de cohérence territoriale, son développement est uniquement dû à une taxation deux fois moins élevée qu’à Strasbourg. Sans pôle urbain auquel se rattacher, cet aéroport constitue une concurrence déloyale vis à vis de son homologue strasbourgeois sur un territoire saturé en plateformes aéroportuaires. Son devenir doit se rapprocher de celui de l’aérodrome de Colmar, un aéroport d’affaire, et sa desserte régulière transférée vers une structure plus légitime.

Dès lors, nous envisageons deux scénarios pour l’accessibilité de notre pôle métropolitain :

Scénario 1. Une bipolarité EuroAirport – Entzheim

Il s’agit d’assurer la vocation européenne de Strasbourg tout en permettant l’émergence d’un hub aéroportuaire dans le secteur des trois frontières, l’EuroAirport. L’existence de deux aéroports internationaux à 100km de distance en situation de concurrence directe sera néfaste pour le développement et l’attractivité économique de tout le bassin du Rhin supérieur.

Il s’agit donc d’envisager la création d’une structure commune aux deux plateformes. L’une, Strasbourg, ayant une vocation de desserte régulière des capitales européennes et l’autre, l’EuroAirport, ayant une vocation intercontinentale avec, à terme, des liaisons vers les hubs de New York et Singapour.

Vu l’attractivité touristique de la région Alsace à l’international, il s’agit de faciliter son accessibilité en divisant les différents flux sur deux sites et en créant des liaisons directes avec l’Asie et les États-Unis, deux marchés touristiques en devenir pour l’Alsace.

Ce scénario s’intègre également dans la volonté de Strasbourg de rénover son statut de ville de foires et de congrès, avec la rénovation et l’extension du Palais de la Musique et des Congrès et l’émergence du nouveau Wacken-Europe, centre d’affaire international.

Pour faciliter la mise en œuvre de ce scénario, il serait intéressant de développer autour de ces deux sites, une société d’exploitation commune à l’image d’Aéroports de Paris, société qui gère l’intégralité des aéroports et aérodromes parisiens.

Scénario 2. Strasbourg : ville de l’ère post-carbone

En poussant plus loin la réflexion, et dans la logique actuelle de développement de l’agglomération comme pôle d’excellence écologique, nous devons également nous poser la question sur la légitimité de conserver un aéroport à proximité directe de notre cité. Avec une liaison rapide, directe et efficace de l’EuroAirport et son développement en hub aéroportuaire international, cette porte d’entrée dans le bassin rhénan supérieur ne serait-elle pas suffisante, sachant que ce site dispose d’une capacité de développement importante qui lui permettrait d’emmagasiner, seul, l’ensemble des flux actuels et futurs ?

Les collectivités locales alsaciennes ont-elle intérêt à financer deux plateformes répondant aux mêmes besoins, la desserte du bassin rhénan, alors que l’une d’elle vis aujourd’hui sous perfusion. Ces économies permettant alors de financer l’augmentation du flux voyageur sur le réseau ferroviaire, frais nécessaires à l’émergence d’une infrastructure unique et régionale.

Quelque soit le scénario, la desserte du réseau ferré au sein de l’infrastructure aéroportuaire est aujourd’hui nécessaire pour assurer une bonne complémentarité entre le fer et l’aérien et pour faciliter le transit entre Strasbourg, sa région et ce hub.

Aujourd’hui, le débat sur l’avenir de notre aéroport ne se pose que lors du renouvellement de ses financements par la classe politique alsacienne. À l’heure du Conseil unique d’Alsace et d’une rationalisation des dépenses à l’échelle régionale, une pérennisation de la situation est nécessaire pour mettre fin à la saturation de notre territoire en plateformes aéroportuaires et au maintien sous perfusion d’un aéroport au potentiel européen dont l’avenir est aujourd’hui incertain.

Damien Senger, étudiant en communication, président de l’association TC-Alsace
Lionel Heiwy, étudiant en urbanisme, chargé des questions d’urbanisme à TC-Alsace

Aller plus loin

Le site web de l’association TC-Alsace.

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