Avec le retour des ultras, la Meinau reprend (un peu) vie
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Avec le retour des ultras, la Meinau reprend (un peu) vie

actualisé le 05/10/2020 à 13h38

Pour la première fois depuis le début de la saison, les associations d’ultras étaient présentes au stade de la Meinau ce dimanche 4 octobre. Mais la jauge réduite et les gestes barrières empêchent tout retour à la normale.

Les supporters du Racing chantent à nouveau d’une seule voix. Ce dimanche 4 octobre, les ultras strasbourgeois sont de retour dans le kop de la Meinau. En début de saison, les associations de supporters avaient d’abord boycotté les rencontres à domicile. Face à une jauge jugée trop réduite, ils craignaient de devoir sélectionner les membres autorisés à se rendre au match.

Comme l’explique un membre des ultras strasbourgeois : « On ne voulait pas venir tant qu’il y avait trop de contraintes sur la tribune Ouest. L’autorisation pour 1 700 personnes, c’était la condition pour avoir un deal avec le club qui souhaitait notre retour au stade. »

Ce dimanche 4 octobre, les ultras strasbourgeois sont de retour dans le kop. (Photos Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)

Avant, « l’impression d’une salle de cinéma »

C’est ainsi que début octobre, les assos de supporters ont appelé à retourner au stade de la Meinau. De quoi changer profondément l’ambiance du match contre Lille, comme le note El Mahdi, qui travaille à la surveillance du stade : « Jusqu’à maintenant, on avait l’impression d’être dans une salle de cinéma. Les gens restaient passifs. Avec les ultras, l’ambiance est de retour. »

Pour Cédric, cette rencontre contre Lille signait le retour au stade comme il l’aime : avec les copains et dans le kop. Lors des précédents matchs à domicile, le supporter s’était résigné à passer le match seul, face à une tribune ouest vide :

« C’est un endroit mythique, c’est notre lieu de communion avec les joueurs et on s’y retrouve avec le même groupe depuis des années. Pour les deux premiers matchs, on venait ensemble, mais on regardait le match séparément… »

Pour Cédric, cette rencontre contre Lille signait le retour au stade comme il l’aime : avec les copains et dans le kop.

Membre du groupe d’ultras UB90, Hervé Fischer est de retour au stade ce dimanche 4 octobre après plusieurs semaines de « Meinau pause », la blague qui a fait le tour du stade… Habillé aux couleurs du racing, équipé d’un mégaphone, d’un énorme drapeau et d’un tambour, Hervé ne pouvait venir au stade et rester assis à sa place. Enfin délivré, l’ultra a tout donné dans la tribune ouest : « J’étais tellement dans l’ambiance que je n’ai même pas vu qu’ils perdaient 1 à 0 en première mi-temps. Mais l’essentiel, c’était de pouvoir venir, le reste c’est du détail. »

Hervé Fischer : « J’étais tellement dans l’ambiance que je n’ai même pas vu qu’ils perdaient 1 à 0 en première mi-temps. »

Le soutien indispensable aux joueurs

Abonné depuis cinq ans au stade de la Meinau, Victor apprécie le retour du kop plein. Présent lors des deux premiers matchs à domicile du Racing, le supporter se souvient de chants mal coordonnés malgré la bonne volonté des spectateurs : « Là, il y a du rythme, et ça chante en continu pendant 90 minutes. » Pour ce fan du Racing venu de Mulhouse, cette présence sonore des ultras a manqué lors de la rencontre contre Dijon. Cette dernière s’est soldée par une courte victoire 1 à 0 pour le Racing Club de Strasbourg (RCSA).

Pour ce fan du Racing venu de Mulhouse, c’est cette présence sonore des ultras qui a manqué lors de la rencontre contre Dijon.

Malgré la défaite 3 à 0 contre Lille ce dimanche, nombre de supporters sont convaincus de l’effet positif du kop sur la prestation des footballeurs strasbourgeois. Au sortir du match, Jean-Pierre et Lionel notent que « les joueurs avaient plus la gnaque aujourd’hui. » D’autres citent en exemple une situation de jeu impliquant Mohamed Simakan en première mi-temps, qui parvient à récupérer une balle dans la défense adverse au terme d’une course puissante. La passe qui suit aurait pu être décisive, mais le tir effleure le poteau gauche du gardien lillois…

Au sortir du match, Jean-Pierre et Lionel notent que « les joueurs avaient plus la gnaque aujourd’hui. »

Si la Meinau a repris vie côté kop, nombre d’autres tribunes sont restées tristement vides. Avec une jauge maximale autorisée de 5 000 spectateurs, il reste 20 000 places vides… Au premier niveau du stade, les clients se font rares aux buvettes. Plusieurs d’entre elles sont fermées. « Avec le covid, l’ambiance générale n’est pas à la fête. On sort moins, on va moins dans les bars… », notent Ludovid et Gaëtan, abonnés depuis plusieurs années et présents à tous les matchs depuis le début de la saison.

Au premier niveau du stade, les clients se font rares aux buvettes. Plusieurs d’entre elles sont fermées.

« Une vraie réussite » pour le secrétaire général du RCSA

Le secrétaire général du Racing Club de Strasbourg se réjouit de ce retour de « l’ensemble de la famille du Racing, avec toutes les associations de supporters présentes. » Peu après le coup de sifflet final, Romain Giraud parle d’une « vraie réussite » concernant le respect des gestes barrières, entre port du masque, respect du mètre de distance entre les supporters, désinfection régulière des mains, fermeture des buvettes, entrées et sorties alternées… Des mesures mises en place à travers la vidéosurveillance, la communication des associations de supporters, des flyers, des messages oraux passées dans le stade et douze agents chargés de faire appliquer le protocole sanitaire… « Le foot est une fête, il fallait faire revenir les chants », explique le gestionnaire du club.

Peu après le coup de sifflet final, Romain Giraud parle d’une « vraie réussite » concernant le respect des gestes barrières.

Protection civile : « Il faut encore ajuster »

Mais pendant le match, certains spectateurs étaient moins enthousiastes face au kop. Aux abords du stade, deux membres de la protection civile ont dit être « déçus » du non-respect du mètre de distance et du port du masque au coeur de la tribune ouest. Un infirmier aux urgences de Hautepierre se souvient de la « période difficile de la première vague » et regrette : « Pour beaucoup, c’est comme si tout ça ne s’était pas passé… » Un peu plus loin, un médecin de la protection civile relativise :

« La majorité du kop respecte le port du masque. Le centre est plus resserré. Il faut encore ajuster au vu de ce que l’on voit. Le Covid nous apprend à être souple et rigoureux à la fois. »

« La majorité du kop respecte le port du masque. Le centre est plus resserré. Il faut encore ajuster au vu de ce que l’on voit. »
L'AUTEUR
Marie Bonnassie & Guillaume Krempp

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