Roland Ries et Robert Herrmann réconciliés pour les municipales
Politique 

Roland Ries et Robert Herrmann réconciliés pour les municipales

actualisé le 28/09/2013 à 09h19

Syamak Agha Babaei, Mathieu Cahn et Roland Ries - Fête de la rose 2013 à la Citadelle (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Syamak Agha Babaei, Mathieu Cahn et Roland Ries lors de Fête de la rose à la Citadelle mi-septembre (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Roland Ries est parvenu à convaincre Robert Herrmann d’être sur la même liste que lui pour les élections municipales de mars 2014. Entre le maire (PS) et son premier adjoint (PS aussi), le fossé s’était creusé ces derniers mois, devant la volonté de Roland Ries de se présenter à sa succession d’une part, et de promouvoir son adjoint aux finances Alain Fontanel d’autre part. En cas de victoire des socialistes, Robert Herrmann prendra la présidence de la CUS.

[Edité à 7h30, samedi 28 septembre]

L’annonce était attendue, surtout par les militants socialistes, inquiets d’un duel fratricide entre le maire sortant et son premier adjoint lors d’une élection primaire prévue le 10 octobre. Mais finalement, Roland Ries est parvenu à convaincre Robert Herrmann de retirer sa candidature. En échange, et en cas de victoire des socialistes aux élections municipales de mars 2014, l’ancien premier adjoint deviendra le président de la communauté urbaine (CUS). Le maire de Strasbourg a ajouté ce soir :

« Si nous gagnons les élections, il y aura un partage des responsabilités [entre le maire de Strasbourg et le président de la CUS] conforme à ce qu’il a été depuis 2008. Nous serons dans une vraie coopération entre les deux collectivités ville et CUS dans la continuité du précédent mandat. Je note par ailleurs que notre parti, démocratique, donne la voix aux militants, ce qui n’est pas le cas dans tous les partis puisque Fabienne Keller (UMP), elle, est parachutée tête de liste, sans que les militants aient leur mot à dire… »

Cet accord est néanmoins en contradiction avec une position prise en 2007 par Roland Ries, qui faisait valoir, dans une tribune publiée par les DNA, la nécessité d’un président de la CUS non strasbourgeois. Après Robert Grossmann, président de la communauté urbaine entre 2001 et 2008, étiqueté à droite comme la majorité des maires de l’agglomération, et Jacques Bigot (2008-2014), maire d’une autre commune que la ville-centre et donc moins enclin à la favoriser, Robert Herrmann, conseiller général et adjoint des quartiers centre-tribunal à Strasbourg, pourrait avoir des difficultés à asseoir sa légitimité auprès des élus de communes limitrophes, surtout celles de deuxième couronne.

Jacques Bigot en route pour les sénatoriales

De son côté, l’actuel président de la CUS, Jacques Bigot, maire d’Illkirch-Graffenstaden qui briguera un nouveau mandat en 2014, se présentera aux élections sénatoriales, pour le siège actuellement occupé par Roland Ries. Il a réagi à l’annonce de l’accord trouvé à Strasbourg dans un communiqué :

« Je suis heureux de voir la majorité municipale de Strasbourg rassemblée et soudée, déterminée à poursuivre le travail engagé depuis six ans, afin de construire une agglomération attractive, solidaire et proche des préoccupations de nos concitoyens. (…) J’ai pour ma part annoncé depuis plusieurs mois à Roland Ries que, dans ce cadre, je ne solliciterai pas un nouveau mandat de président de la communauté urbaine de Strasbourg, si les habitants d’Illkirch-Graffenstaden me reconduisent dans mes fonctions de maire. (…)

En toute transparence, j’envisage d’être en septembre 2014 candidat à l’investiture des socialistes pour les élections sénatoriales, dans le respect des textes sur le cumul des mandats qui seront prochainement votés. Cette réflexion m’amène donc dès aujourd’hui à ne pas envisager de demeurer président de la CUS après mars 2014. »

S’il ne sera certes plus président de la CUS, Jacques Bigot pourra-t-il néanmoins rester à la fois maire d’une commune de plus de 20 000 habitants et sénateur du Bas-Rhin à partir de 2017 ? Même si des allers-retours sont encore prévus entre l’Assemblée et le Sénat sur la loi du non-cumul, elle pourrait forcer le maire d’Illkirch a devoir choisir à mi-mandat entre Paris et sa commune… De plus, ses électeurs apprécieront-ils le tremplin que représente aujourd’hui la mairie pour l’aspirant sénateur ? Réponse dans 6 mois.

Les tractations sur la liste encore inconnues

Le député Philippe Bies (PS) a également fait savoir qu’il se réjouissait de l’accord trouvé entre les parties de ce jeu de billard à plusieurs bandes, tout en saluant le rôle joué par son collègue et proche Mathieu Cahn, premier secrétaire de la fédération du PS du Bas-Rhin, « qui n’a ménagé ni sa peine, ni son temps ces derniers jours et qui a permis cette issue positive ». Rien sur l’attribution potentielle du futur poste de 1er adjoint à son adversaire Alain Fontanel. Sûr néanmoins que les discussions ont principalement porté sur les équilibres de la future liste et pas sur la seule place accordée à Robert Herrmann. Réponses le 21 novembre, lors du vote de cette liste par les militants socialistes.

Côté jeune garde, la réaction à cet accord est plutôt positive. Paul Meyer, conseiller municipal et porte-parole de la fédération PS du Bas-Rhin, considère l’annonce comme « une bonne nouvelle » et argumente :

« Il aurait été légitime que cette primaire ait lieu. Mais cet accord permet d’envisager plus sereinement la suite et d’éviter des débats qui airaient laissé des traces et dont se seraient servis nos adversaires. Cela nous permet d’être plus vite dans une dynamique de campagne. Une phase propositionnelle s’ouvre que nous alimenterons avec Générations Strasbourg. »

La primaire socialiste aura pourtant bien lieu le 10 octobre, mais pas entre le maire sortant et son 1er adjoint, ce qui faisait trembler le PS. Elle opposera en interne Roland Ries à Jean-Michel Augé.

L'AUTEUR
Marie Marty
Marie Marty
Journaliste indépendante, co-fondatrice de Rue89 Strasbourg. Membre de l'association des Journalistes - écrivains pour la nature et l'écologie.

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