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Des associations déplorent un manque d’hébergement, de toilettes et de lieux de répit pour les sans-abri
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Des associations déplorent un manque d’hébergement, de toilettes et de lieux de répit pour les sans-abri

par Manuel Magrez.
Publié le 22 avril 2021.
Imprimé le 14 mai 2021 à 12:33
1 384 visites. 3 commentaires.

Alors candidate à la mairie, Jeanne Barseghian s’est engagée sur une liste de 20 mesures pour la lutte contre le sans-abrisme. Un an plus tard, des associations d’aide aux sans-abri dressent un bilan mitigé de la politique de la Ville et de l’Etat.

Dans un communiqué diffusé mardi 20 avril, 52 associations et personnes engagées dans la lutte contre le sans-abrisme demandent l’application rapide des 20 propositions faites il y a un an, lors des élections municipales. Parmi les candidats de l’époque à la mairie de Strasbourg, Jeanne Barseghian avait promis de suivre toute la « charte d’engagement des futurs-es élus-es du territoire de Strasbourg ». À ce jour, les signataires de cette tribube considèrent que quatre des 20 propositions sont « mises en œuvre » et 11 autres sont en cours d’application.

Une tente abandonnée, en février 2021. (Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc)

Manque de lieux d’hygiène et de répit

« De manière générale ça va dans le bon sens, mais il y a des propositions très importantes qui ne sont pas encore mises en place », résume Gabrielle Ripplinger, présidente de l’association La Cloche, qui vient en aide aux SDF à Strasbourg. « Il n’y a pas de projet de bagageries, de développement des lieux d’hygiène, de répit », dénoncent les associations et personnes signataires de la tribune. Leur communiqué souligne notamment l’aspect essentiel des douches accessibles aux personnes sans-abri.La mise en place d’une réglementation sur les mobiliers anti-SDF est aussi considérée comme urgente.

Depuis un an maintenant, les préfectures, en accord avec les collectivités, ont créé des places d’hébergement d’urgence dans des hôtels. Mais les associations craignent aussi la fin de ce dispositif temporaire. Les autorités « commencent déjà à évacuer certains hôtels », s’inquiète Gabrielle Ripplinger.Pourtant, la situation est déjà dégradée. « Il y a une dizaine de nouveaux camps dans la métropole », se désole la présidente de La Cloche. Et d’ajouter : « Ce que nous demandons, c’est l’installation de points d’eau et de WC dans ces camps. »

Une coopération entre les institutions insuffisante

En matière d’accès au logement, les collectivités et l’État se partagent la tâche. Si l’organisation d’hébergements d’urgence est de la responsabilité de l’État (donc des préfectures), l’accompagnement social se fait grâce aux travailleurs sociaux des communes et du département, qui a aussi la responsabilité de l’aide sociale à l’enfance.

Le collectif d’associations dénonce également le manque de coordination entre ces institutions. Même si des réunions entre collectivités et État ont été organisées, les signataires du communiqué classent la « réflexion avec l’État et la Collectivité Européenne d’Alsace (CEA) associant toutes les associations locales » dans les promesses non tenues.

Des avancées reconnues

D’autres engagements sont en cours de réalisation. Les militants contre le sans-abrisme approuvent la création à venir d’un nouveau lieu de vie et de distribution alimentaire, une agora des solidarités, mais aussi la création d’un guide des solidarités. Le collectif de 52 associations et personnes reconnaît aussi la création de nouvelles places d’hébergement d’urgence et salue l’engagement de la Ville de Strasbourg dans le dispositif gouvernemental « Logement d’Abord ». C’est dans ce cadre que la métropole strasbourgeoise a lancé en 2020 un appel à projet, avec pour objectif de mettre en place une équipe chargée d’accompagner 70 personnes vers une solution de logement pérenne.

« Un plan de communication »

Il y a un an, 330 bénévoles sillonnaient les rues de Strasbourg et sa métropole dans la nuit du 4 au 5 mars 2020. L’objectif de cette première « Nuit de la Solidarité » strasbourgeoise ? Comptabiliser le nombre de personnes contraintes de dormir dans la rue. Les 26 associations et collectifs qui ont participé à cette opération sommaient déjà les collectivités d’agir pour pallier le déficit d’hébergement, estimé à 1000 places manquantes.

Ainsi l’organisation par l’État d’une nouvelle « Nuit des solidarités » ne convainc pas les associations et militants signataires de la tribune. « Je ne vois pas trop la plus-value, les chiffres on les connaît », s’agace Gabrielle Ripplinger. Terminé le comptage, place à l’action. C’est un peu la ligne que défendent les bénévoles qui voient en cette annonce « un plan de communication » gouvernemental.

L'AUTEUR
Manuel Magrez
Manuel Magrez
Etudie le journalisme dans les Côtes-d'Armor et de passage dans l'Est. Intéressé par les sujets de société, santé et politique

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