SlutWalk : marchez, salopes !
Société 

SlutWalk : marchez, salopes !

actualisé le 06/10/2012 à 22h42

Auto-dérision et humour sont les armes de la SlutWalk, comme ici en 2011. (Détail, document remis Nicolas Eschbach - www.krahzi.fr)

La SlutWalk (littéralement “Marche des salopes”) investit les rues de Strasbourg ce samedi après-midi. Derrière cette manifestation un brin provoc, un combat : ne pas excuser la violence sexuelle par l’apparence de la victime. Et rappeler qu’elle n’est jamais coupable de son viol.

« On nique les salopes avec leur consentement » ou « on ne demande pas ce que le violeur portait » sont des slogans que l’on pourra lire demain à la SlutWalk de Strasbourg. La première édition, l’an dernier, avait rassemblé une centaine de « salopes » à Strasbourg. Selon Vanessa Martin, l’organisatrice de la manifestation, cette édition devrait réunir plus de monde :

« Plus de 200 personnes se sont inscrites sur la page Facebook de l’évènement. Si on compte les inscrits des autres dix villes de France où aura lieu la marche en même temps, on arrive à deux mille personnes. »

A l’origine de ces rassemblements, les propos déplacés d’un policier de Toronto, au Canada en 2011. Lors d’un forum sur la sécurité dans une école :

« Les femmes devraient éviter de s’habiller comme des salopes afin de ne pas être agressées. »

Les hommes sont des salopes comme les autres

Deux jeunes femmes indignées rassemblent alors 3 000 personnes lors d’une manifestation. Depuis, 80  marches similaires ont essaimé de par le monde, à New Dehli, Londres, Jérusalem…

Voir la SlutWalk de Londres (en anglais, of course) :

Quand Vanessa Martin voit cette manière de traiter le viol, elle est touchée et décide de se retrousser les manches à Strasbourg.

« Ce qu’on veut, c’est amener un débat sur les agressions sexuelles et la culpabilisation des victimes. Il y a souvent confusion : on ne manifeste pas pour avoir le droit de porter des talons aiguilles, mais pour le droit des victimes à ne pas être stigmatisées. On demande souvent à la victime si elle était décente, on fait ainsi son procès. »

Et ce n’est pas qu’une histoire de femmes, dit-elle, 30 à 40% des salopes qui ont répondu présentes sont des hommes. Parce qu’ils peuvent aussi être victimes d’agressions sexuelles. Ou que certains souffrent d’un sexisme anti-masculin à cause de « la culture du viol étendue à tous les hommes ».

La marche prend le parti du second degré et de la légèreté. Un char avec deux DJ animera le parcours, à la manière de la marche des visibilités. Le rassemblement a lieu à partir de 14h sur la place Kléber.

Plusieurs ateliers permettront aux participant(e)s d’écrire des slogans sur leur corps ou encore de se prendre en photo. Puis Céline Petrovic, chercheuse en gender studies et membre du collectif organisateur, fera un discours sur l’égalité des sexes et le genre.

Enfin, les traînées et chaudasses en tout genre pourront se mettre en marche à partir de 15h, vers la rue 22-Novembre, la Grand Rue, la Cathédrale, la place Broglie et la rue de la Mésange pour revenir une heure plus tard au point de départ.

Les photos de la manifestation de samedi

Y aller

Slutwalk, marche des salopes, rassemblement samedi 6 octobre à partir de 14h, place Kléber à Strasbourg. Site web.

L'AUTEUR
Anna Scheer
Anna Scheer
Journaliste sous pseudonyme, indépendante, lectrice partageuse.

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