Stationnement : l’Esplanade et le Conseil des XV bientôt payants
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Stationnement : l’Esplanade et le Conseil des XV bientôt payants

Les zones où le stationnement sur la chaussée est payant s’étendent à Strasbourg. À partir du 1er juillet, une partie du quartier de l’Esplanade et le Conseil des XV rejoindront le dispositif visant à empêcher les véhicules de rester sur la voie publique.

Rue89 Strasbourg l’annonçait en septembre : le stationnement dans les rues va devenir payant dans une partie de l’Esplanade et dans le quartier du Conseil des XV à partir du 1er juillet. La municipalité a arrêté dans le détail les zones concernées : il s’agit de 680 nouvelles places entre le campus de l’université et le quai des Alpes, y compris le parking de la Citadelle, et de 2 050 places autour du boulevard d’Anvers, boulevard Tauler, de l’allée de la Robertsau, etc. Une délibération sera soumise au conseil municipal de novembre.

La nouvelle carte du stationnement payant à Strasbourg. En pointillé, les zones où le stationnement reste gratuit mais où les habitants peuvent demander un abonnement pour se garer dans les rues voisines (doc Ville de Strasbourg)

La nouvelle carte du stationnement payant à Strasbourg. En pointillé, les zones où le stationnement reste gratuit mais où les habitants peuvent demander un abonnement pour se garer dans les rues voisines (doc Ville de Strasbourg)

Les tarifs

  • Zones rouges : 2,1€ de l’heure, 2h max,
  • Zones jaunes : 1,90€ de l’heure, 2h max,
  • Zones vertes : 50 centimes de l’heure, 1€ les 3 heures.

Le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS) assure agir à la demande des résidents, qui ont appelé de leurs voeux le stationnement payant sur la chaussée notamment lors des conseils de quartiers :

« Ce sont les habitants eux-mêmes qui, ne trouvant plus de places pour garer leur véhicule près de chez eux, ont réclamé lors des concertations publiques que le stationnement sur la chaussée soit rendu payant. Il y a même eu une pétition. Notre objectif est toujours le même : permettre aux habitants d’utiliser leurs voitures et encourager les personnes travaillant dans ces secteurs à utiliser des modes de déplacement en commun ou les parkings-relais. »

12 000 places payantes sur les rues de Strasbourg

La Ville a procédé à des extensions en 2007 pour 2 500 places et en 2010 pour 5 600 places environ. Ces deux nouvelles extensions vont porter à 12 000 le nombre de places payantes sur la chaussée à Strasbourg. Ces places sont gérées et aménagées par Parcus, via une délégation de service public qui a été étendue d’un an, jusqu’en janvier 2018 où la réglementation sur le stationnement doit changer.

Olivier Bitz, adjoint au maire (PS) en charge des quartiers concernés, détaille les raisons qui ont conduit à l’extension du domaine payant :

« L’Esplanade dispose de nombreux parkings privés mais le développement du secteur de Rivétoile et le long de l’avenue du Rhin a mis en tension les places disponibles sur ce quartier. En revanche, au Conseil des XV, c’est un quartier de la Neustadt construit alors que les voitures personnelles n’existaient pas. Les places de parking privées y sont très rares tandis qu’il n’est pas rare que les familles disposent de deux voire trois véhicules. »

Près du tramway, ces places vont devenir payantes (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Près du tramway, ces places vont devenir payantes (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Les cas de la clinique et du PEGE au Conseil des XV

En fait la Ville poursuit les habitants qui garent leurs voitures dans les zones gratuites. En créant la zone 9 en 2010, de nombreux usagers se sont mis à laisser leurs véhicules dans le quartier du Conseil des XV. Le boulevard de la Marne est utilisé comme un parking-relais par les usagers de la ligne de bus et par les étudiants du Pôle Européen de Gestion et d’Economie (PEGE). En outre, la clinique de l’Orangerie attire elle aussi un trafic pendulaire important.

Selon la Ville, « les comptages effectués dans le quartier montrent une saturation de la voirie en journée comme la nuit, avec des taux d’occupation dépassant dans certaines rues les 110%, signe d’un stationnement illicite. C’est le cas des rues Geiler, Reims et Silbermann. Rue Sleidan, le taux d’occupation en journée y est de 103% en moyenne, et que la rue est occupée à plus de 40% par des véhicules immobiles de résidents. »

Du coup, la Ville va étendre le stationnement payant sur un périmètre équivalent à celui proposé par le conseil de quartier (rue Sleidan au sud, les rues Saint-Maurice et Saint-Georges, l’avenue de la Forêt noire, à l’Est une partie du boulevard de la Marne, la rue Beethoven, l’allée Richard Wagner, au Nord, les rues Massenet, Daniel Hirtz, et le boulevard Paul Déroulède, et à l’Ouest le quai Rouget de l’Isle). La municipalité prévoit d’y ajouter l’allée Richard Wagner et la partie sud du boulevard de la Marne, « majoritairement occupé par des visiteurs ». La tarification « verte » a été choisie, c’est à dire la plus légère.

Nouveauté : les résidents des rues incluses entre l’allée Richard Wagner, le boulevard de la Marne, le boulevard d’Anvers et la rue Beethoven, bien que ne se trouvant pas dans le nouveau secteur payant, pourront demander un abonnement pour stationner sur la chaussée à la Ville à 15€ par mois, afin de garer un véhicule dans les rues voisines de leurs habitations.

Grosse pression sur les trottoirs de l'Esplanade à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Grosse pression sur les trottoirs de l’Esplanade à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

À l’Esplanade, université et Rivétoile mettent la pression

À l’Esplanade, c’est principalement les aménagements de l’université restreignant l’accès à son campus et le développement de Rivétoile et de l’UGC qui ont conduit la Ville à étendre le stationnement payant. Des résidents du quai des Alpes avaient même adressé une pétition en ce sens au maire. Ils n’étaient que 86 et des pétitions bien plus massives sont soumises à Roland Ries régulièrement mais le maire a souhaité faire droit à ces revendications.

Selon les comptages de la Ville, un taux d’occupation de 95% est fréquemment mesuré sur le quai des Alpes, la rue d’Ankara. Autour de la rue du Jura, le taux d’occupation dépasse même les 110%, par des véhicules présents dans près de la moitié des cas plus de 24h sur place.

Pour soulager la pression dans ce secteur, la Ville crée donc une nouvelle zone de stationnement payant, au nord du quai des Alpes, entre les rues de Lausanne et d’Ankara, au sud des rues de Rome et du Maréchal Juin. Une partie de la rue de Boston, devant la Citadelle, est ajoutée à cette zone. Comme pour celle du Conseil des XV, la Ville a choisi la tarification la plus légère pour cette zone.

Citiz prêt à embrayer

À chaque extension du stationnement payant, le service d’autopartage Citiz remarque une hausse de ses abonnés, comme l’explique son directeur adjoint Jean-François Virot-Daub :

« Le stationnement qui devient payant pousse des gens qui sont déjà prêts à venir chez nous. Ils ont une voiture ventouse dont ils ne se servent que le week-end mais font la majeure partie de leurs déplacements à pied ou à vélo. »

Du coup, Citiz prévoit d’ajouter quelques voitures dans ses stations du Conseil des XV et de créer une nouvelle station avec 3 voitures à l’Esplanade. Le lieu exact n’a cependant pas encore été arrêté.

Le stationnement payant permet d’utiliser une place sur la chaussée par 7 voitures par jour, en moyenne. La Ville estime à environ 400 000€ l’investissement nécessaire pour mettre en conformité les places ainsi créées et installer des horodateurs et des arceaux pour les vélos. Aucun nouveau poste d’agent de surveillance de la voie publique (ASVP) n’a été créé. La municipalité assure que les recettes tirées de cette opération devraient équilibrer les dépenses, mais elle n’a pas communiqué de détails chiffrés.

 

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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