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Un homme sans-abri est décédé près du stade Vauban dans la nuit du 14 au 15 novembre
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Un homme sans-abri est décédé près du stade Vauban dans la nuit du 14 au 15 novembre

par Danae Corte.
Publié le 17 novembre 2021.
Imprimé le 27 novembre 2021 à 09:05
4 693 visites. 4 commentaires.

Un homme a été retrouvé sans vie près de sa tente au stade Vauban dans la matinée du lundi 15 novembre. Âgé de 44 ans, il était connu de l’association Strasbourg Action Solidarité.

Dans la matinée du lundi 15 novembre, le corps de Éric W. a été retrouvé allongé près d’une tente, plantée à côté du stade Vauban à la Citadelle. Les pompiers et la police étaient déjà arrivés sur place lorsqu’un bénévole et bénéficiaire de l’association Strasbourg Action Solidarité (SAS) a alerté l’équipe mobile de rue de la Ville de Strasbourg. Contacté, le Centre communal d’action sociale (CCAS) affirme ne pas avoir suivi cette personne. Les circonstances de son décès n’étaient pas encore connues dans la soirée du mardi 16 novembre.

Aux alentours de midi, lundi 15 novembre, Valérie Suzan, présidente de l’association SAS, a déploré sur son compte Facebook la mort dans la rue de cette personne sans-abri :

Entre la rue et le logement particulier

Trois fois par semaine, et ce depuis un an et demi, Éric W. passait dans les locaux de l’association SAS, rue de Flandre, soit juste à côté du lieu de son décès. “Quand on a ouvert nos locaux, il est venu récupérer des colis alimentaires”, explique Valérie Suzan. Entre galères et addictions, il faisait souvent la manche devant le supermarché Auchan du boulevard d’Anvers. Le directeur de l’établissement affirme ne pas connaître son identité.

L’homme de 44 ans n’était pas hébergé par la Ville de Strasbourg ni par le Samu social : “Il logeait chez les gens ou dans des tentes”, affirme Valérie Suzan. Dernièrement, Éric W. dormait chez un homme de 60 ans, récemment hospitalisé pour des problèmes de santé graves, avec au moins un colocataire.

Parfois, “la cohabitation se passait mal”, selon Guillaume Keller-Ruscher, qui travaille au SAS. À la fin de l’été, Éric W. a demandé une tente à l’association de solidarité pour pouvoir dormir dehors. Il n’était pas rentré dans son logement dimanche soir.

Morts dans la rue, quel décompte ?

Selon le collectif Grains de sable, il s’agirait du 21è décès à sa connaissance d’une personne sans abri à Strasbourg depuis le début de l’année 2021. Sa classification comptabilise les personnes dans les situations trois situations décrites ci-dessous :

Personne “Sans chez soi” :  intègre toute personne ayant principalement dormi au cours des 3 derniers mois précédent le décès dans un lieu non-prévu pour l’habitation et/ou dans une structure d’hébergement. Ce qui inclut :

  • Les “situations de rue”, pour les personnes ayant dormi principalement dans des lieux non prévus à l’habitation, en centre d’hébergement d’urgence ou dans un dispositif temporaire. 
  • Les “hébergés”, pour les personnes en centre d’hébergement collectif, en squat, dans le logement d’un tiers ou dans un hôtel hors situation pérenne.
  • Les “probablement sans chez soi”, si les personnes appartenaient à l’une de ces deux catégories mais que le type exact d’habitat n’est pas connu.

Personne “Ancien sans chez soi” : prend en compte toute personne ayant été à un moment de la vie dans une situation sans chez soi mais qui, au décès, dormait principalement au cours des 3 derniers mois dans un logement personnel (parc social ou privé) ou un logement accompagné (maisons relais, résidences sociales, pensions de famille, EHPAD …).

Personne « Récemment à la rue » : inclut toute personne ayant perdu son logement depuis moins de 6 semaines avant son décès

Article actualisé le 17/11/2021 à 14h40 : Ajout de l'encadré sur la comptabilisation des morts dans la rue selon le collectif Grains de sable
L'AUTEUR
Danae Corte

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