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Une première séance sur la requalification de l’A35 avec pro et anti-GCO
Environnement 

Une première séance sur la requalification de l’A35 avec pro et anti-GCO

par Jean-François Gérard.
Publié le 8 novembre 2016.
Imprimé le 31 janvier 2023 à 10:35
4 146 visites. 4 commentaires.

Le groupe de travail sur la requalification de l’autoroute A35 en boulevard urbain s’est réuni pour la première fois ce mardi 8 novembre. Et surprise, les élus ou opposants au GCO sont finalement de la partie, au moins pour le début.

L’autoroute A35 sera-t-elle un jour un boulevard qui traverse Strasbourg et son agglomération du nord au sud ? Imaginer des feux tricolores, des passages piétons, des transports en commun et des immeubles au bord de cet axe très fréquenté (160 000 à 200 000 véhicules par jour) demande beaucoup d’imagination à ce jour.

« Une aventure de 10 ou 15 ans »

Cette transformation est l’objectif avec la construction du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, une rocade payante de 24 kilomètres autour de la capitale du Grand Est. À ce stade, un contrat de concession est signé avec la société Arcos (Vinci). Les premières études des sols rencontrent une vive opposition, voire des sabotages, sur le terrain, tandis qu’un recours en justice attaque la validité du contrat. Côté constructeur et État, la mise en service est espérée pour le 30 septembre 2020.

A mi-parcours, la rue de la Montagne-Verte surplombe l'A35 (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

A mi-parcours, la rue de la Montagne-Verte surplombe l’A35 (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

La requalification de l’A35 interviendrait ensuite. « C’est une aventure de 10 à 15 ans », a prévenu en préambule Robert Herrmann (PS) président de l’Eurométropole et de l’Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération strasbourgeoise (ADEUS) qui pilotera ces travaux.

Déplacer l’aire de stockage vers Entzheim ?

Ce groupe mettra en place des orientations politiques la première année. La deuxième année servira à définir les mesures de court terme et lancer des études pour celles de moyen et long terme. Enfin, l’an 3 servira à élargir le processus et mettre en œuvre les premières mesures. Car même le président du Département du Bas-Rhin, Frédéric Bierry (LR), présent à la séance, a déclaré que l’accessibilité de Strasbourg peut-être améliorée avant la construction du GCO. Voilà une convergence avec les opposants.

Frédéric Bierry a aussi émis une idée nouvelle dans le débat, celle de déplacer l’aire de services et de stockage poids-lourds (prévue au nord du tracé et qui rencontre des oppositions d’agriculteurs) à proximité du parking de l’aéroport d’Entzheim, sous-utilisé et relié à la gare de Strasbourg en 8 minutes par TER.

Deux groupes de travail

Comme prévu, deux groupes seront constitués : un composé d’élus de l’Eurométropole, des maires des 18 communes, du président du Schéma de cohérence territorial (SCOTER), de l’État – toujours propriétaire de la route – par son secrétariat général, de la Région Grand Est par son vice-président en charge des mobilités et du président du conseil départemental du Bas-Rhin. Il se réunira « deux ou trois fois » la première année.

L’autre groupe sera plus technique et se réunira plus souvent, avec des urbanistes et architectes, mais aussi de la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI), d’associations comme Piétons 67, l’automobile club, l’Association de surveillance et de protection de l’Air (ASPA, future Atmo Grand Est), les sociétés autoroutières Arcos (Vinci) et de la Sanef.

La commune de Brumath, bien que concernée, n’est pas conviée à ce stade car elle a préféré se rattacher à des villes du nord de l’Alsace qu’à l’Eurométropole. Mais la porte reste ouverte si elle le demande a laissé entendre Robert Herrmann.

Alsace Nature et autres opposants de la partie pour le début

En revanche sur un autre aspect, le président de l’Eurométropole a changé d’avis, puisque les associations opposées au GCO ont finalement été conviées, en particulier Alsace Nature un temps jugée pas assez « loyale » pour participer.

L’association des usagers des transports urbains de l’agglomération strasbourgeoise (ASTUS), elle aussi opposée au GCO mais moins en première ligne dans le débat, est de la partie, bien qu’il n’est pas sûr que tout le monde aille au bout de ce processus. Le même questionnement peut habiter les élus écologistes. Le groupe de travail doit plancher sur « l’après-GCO », un terme qui met tout le monde d’accord pour le moment.

Des auditions filmées ?

Robert Herrmann a en outre proposé que les auditions d’association soient filmées en direct dans l’hémicycle de Strasbourg, à l’instar des séances du conseil municipal ou du conseil de l’Eurométropole pour chacun puisse se faire son avis. Des restitutions ponctuelles des travaux au grand public sont prévues.

Article actualisé le 09/11/2016 à 11h13 : Pour inverser l'ordre de paragraphes et ajouter la position de Frédéric Bierry sur l'aire de services du GCO
L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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