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Consécration pour le Nouveau Front populaire à Strasbourg

Les candidats de gauche Sandra Regol (Les Écologistes), Emmanuel Fernandes (La France insoumise) et Thierry Sother (Parti socialiste) sont élus sur les trois circonscriptions de Strasbourg. Dans tous les secteurs urbains, la gauche a progressé.

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Consécration pour le Nouveau Front populaire à Strasbourg
Le député LFI Emmanuel Fernandes annonce sa victoire.

« Plus fort le son ! » Dans l’arrière-salle du restaurant Romulus, à Strasbourg, une quarantaine de militants de La France insoumise (LFI) tentent de faire le silence devant un écran de télévision au son grésillant. Tant pis pour l’audio, l’image suffira : lorsqu’elle apparaît sur l’écran, la prévision de la nouvelle Assemblée nationale provoque une explosion de joie. Contre toutes les prévisions, tous les sondages, le Nouveau Front populaire obtient le plus grand nombre de sièges lors du second tour des élections législatives, dimanche 7 juillet.

La nouvelle Assemblée nationale.Photo : Mediapart

Le NFP l’emporte partout à Strasbourg

À Strasbourg, tous les candidats du Nouveau Front populaire (NFP) sont élus. Dans la première circonscription du Bas-Rhin, la députée sortante Sandra Regol (Les Écologistes) est réélue avec 58,8% des voix ; le sortant insoumis Emmanuel Fernandes est également réélu dans la deuxième circonscription en réunissant 48,8% des suffrages. En outre, la gauche remporte la troisième circonscription du Bas-Rhin avec le socialiste Thierry Sother (43,3% des voix).

Les soutiens du député sortant Emmanuel Fernandes (LFI) célèbrent les premiers résultats des élections législatives. Photo : Roni Gocer / Rue89 Strasbourg

« C’est bon, presque tous les bureaux de votes sont dépouillés », confirme la maire écologiste de Strasbourg Jeanne Barseghian vers 22 heures, en affichant un grand sourire : « Je me réjouis des résultats. Les trois candidats arrivent très largement en tête, avec plusieurs milliers de voix d’écart. »

Partout, les candidats de gauche sont en progression par rapport aux élections législatives de 2022. À l’époque Sandra Regol (51,47% des voix) et Emmanuel Fernandes (51,23% dans un duel avec LREM) avaient été élus avec respectivement 15 569 voix et 16 990 voix. Avec une participation en hausse de 50 à 67%, l’élue écologiste obtient 23 414 voix. Dans la deuxième circonscription, la participation progresse de 47 à 69% et Emmanuel Fernandes obtient 24 089 voix.

Dans la troisième circonscription, le secrétaire fédéral du PS du Bas-Rhin, Thierry Sother, gagne avec 43,3% des voix (20 151 votes) contre le député sortant Bruno Studer (Renaissance), qui obtient 32,5% (15 115 voix) des suffrages dans une triangulaire où le Rassemblement national (RN) a obtenu 24,3%. Deux ans plus tôt, l’insoumis Sébastien Mas échouait dans un duel avec 45,47% des suffrages, soit 13 642 voix.

Entre 2022 et 2024, plusieurs bureaux de vote ont basculé à gauche, comme dans une bonne partie de la Meinau, les secteurs Lycée Marie-Curie, l’école Robert-Schumann à l’Esplanade, ou la zone entourant l’école des Romains à Koenigshoffen. L’ancienne majorité présidentielle recule dans ses bastions aux Contades, à l’Orangerie, à la Robertsau et dans la Neustadt même si elle reste majoritaire. Elle passe aussi derrière la gauche et le RN au Neuhof et au Stockfeld, où elle l’emportait en 2022.

En parallèle, le RN réalise de bonnes performances. Faible par essence dans les grands centres urbains, le parti d’extrême droite réalise tout de même des scores importants dans la 2e et la 3e circonscriptions, avec respectivement 22,9% des voix pour Virginie Joron et 24,3% pour Stéphanie Dô. Le RN est en tête dans trois bureaux de votes, autour du Stockfeld.

L’union au centre des discussions

Quelques heures après l’annonce des résultats et l’euphorie générale, les esprits redescendent. La terrasse du Romulus bruisse de discussions sur l’avenir du Nouveau Front populaire. Les appels répétés d’une partie des dirigeants de l’alliance, dont le communiste Fabien Roussel, à former un gouvernement d’union nationale avec Renaissance, Horizons ou Les Républicains inquiètent les militants. « Je suis à la France insoumise, mais je suis surtout marxiste. C’était clair dès le début pour moi que le PS et le PCF pourraient trahir le NFP », commente Agustin, un insoumis actif au Neudorf. « Il faudra veiller que le Front populaire respecte son programme. On va pas commencer à pactiser avec la droite. »

« Le Nouveau Front populaire, ce n’est pas simplement un truc électoraliste, mais c’est un programme, un contrat de législature », tranche le député réélu Emmanuel Fernandes, en évoquant l’augmentation du Smic à 1600 euros net et l’abrogation par décret de la retraite à 64 ans. Le député LFI continue : « À toutes celles et ceux qui penseraient, au soir de cette victoire, écouter d’autres sirènes et renier d’autres engagements, personne ne l’acceptera. Il faudra respecter ce contrat de législature. »

De son côté, l’écologiste Sandra Regol appuie sur la primauté du programme : « S’il y a des gens chez Emmanuel Macron qui veulent nous suivre, ils sont libres de le faire, mais ce sera le programme du NFP qui sera appliqué, peu importe qui participe. » En fin de soirée, elle a rejoint Emmanuel Fernandes sur la place Kléber, où une foule en liesse s’est réunie pour fêter les résultats inespérés de la gauche dans l’ensemble du pays.


#élections législatives 2024

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