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Le Wakeboard fait enfin des vagues en Alsace
Société  Sports 

Le Wakeboard fait enfin des vagues en Alsace

par Émilie Lamine.
Publié le 16 août 2015.
Imprimé le 24 octobre 2021 à 20:21
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AFA credit Jeremy mouchel

Dès leur plus jeune âge, les apprentis wakebordeurs profitent de sensations fortes. (Photo AFA Wakepark – Jérémy Mouchel)

Le wakeboard, quel drôle de nom ! Cette « planche à vagues » ravit depuis quelques années les amateurs de glisse dans le monde entier. Cet été en Alsace, trois Wakeparks ont ouvert leurs portes, presque simultanément à Brumath, Wittisheim et Wittenheim. La région était jusqu’alors à la traîne en la matière. Découverte de ce sport aquatique à sensations fortes, idéal par temps de canicule.

 

La pratique du wakeboard est née dans les années 80 sur les plages californiennes. De sa première appellation, le « Skurf » (combinaison de ski nautique et surf), ce sport viendrait selon la légende, d’une volonté des surfeurs de l’ouest américain de pouvoir prolonger la glisse lorsque les vagues n’étaient plus de la partie. Par la suite, la mode s’étendra dans le monde entier et on adoptera le nouveau terme de wakeboard dans les années 90.

Bien loin du climat californien, des vagues et du vent, l’Alsace s’est enfin lancée dans la construction de Wakeparks pour les amateurs de glisse de la région. C’est par hasard que trois d’entre eux ont ouvert à quelques jours d’intervalle en juin, à Brumath, Wittenheim et Wittisheim. Une excellente nouvelle pour les Alsaciens en manque de sensations fortes aquatiques mais aussi pour la région qui rattrape son retard face aux autres coins de la France où la culture du wakeboard s’étendait depuis déjà quelques années. Le directeur du parc d’aventures et de loisirs de Brumath, Frédéric Lang, explique que l’idée lui trottait en tête depuis 2007 mais que le cheminement a été difficile :

« Ça nous a pris des années d’obtenir une autorisation ! Au début, personne n’y croyait, mais en s’armant de beaucoup de patience… On a finalement réussi à ouvrir le 22 juin 2015. Je pense que ça s’est débloqué parce que de plus en plus de projets de wakeboard fleurissent en France, ça a dû rassurer avec le temps. Résultat, on est complets presque tous les jours et on prévoit déjà des nouveautés pour l’année prochaine. »

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Le Koba Wakepark a ouvert ses portes en juin dernier et possède déjà une clientèle fidèle notamment grâce à l’association « La Koba family » (Photo Jules Didier)


Le funky lexique du Wakeboard

Il faut savoir que pour paraître cool tout en faisant du wakeboard, il vaut mieux utiliser les termes anglophones, ça évite également de ne rien comprendre aux conseils du moniteur…

Le téléski nautique/câble : le wakeboard se pratique tracté par un bateau ou grâce à un câble. La deuxième option est bien plus écologique, moins coûteuse et plus accessible aux débutants.

Le Deep-water-start : pour les bilingues, c’est lorsque l’on démarre assis dans l’eau avec la planche et qu’on se lève progressivement grâce à la vitesse du câble. Les plus foufous commencent debout au ponton, avec un petit saut direct dans l’eau (c’est plus classe).

La Flat box : sorte de rampe similaire à celles réalisées pour le skateboard. Elle est utilisée par ceux qui ont déjà fait du wakeboard et se sentent à l’aise face aux modules (enfin c’est mieux, pour éviter la chute douloureuse).

Le Kicker : module ou jump sous forme de tremplin (ça sonne quand même mieux quand on dit kicker)

Le Palonnier : c’est ce qui est au bout de la corde et qui vous permet de la tenir en étant tracté. Easy.

Le rail « incline » : tout simplement un rail incliné sur lequel on saute, ou on slide, enfin you know !

Regular : Comme au snowboard, c’est lorsque l’on « ride » en ayant le pied gauche en avant.

Goofy : Même chose que le regular mais avec le pied droit.

Le switch : la planche est dans le sens inverse de votre position normale. Si vous êtes regular, vous vous retrouvez avec le pied droit devant et inversement pour les goofy.

Même constat du côté de l’AFA Wakepark (Alsace Freeride Academy) de Wittenheim ; pour Jérémy Mouchel, cofondateur du lieu, les démarches ont été un peu difficiles mais le résultat est plus que convainquant :

« On a proposé un financement participatif sur le site indiegogo pour pouvoir installer des modules de saut et on a récolté à peu près 30% de notre objectif. Après, pour trouver le lieu et pour l’installation, c’était la galère. Certaines organisations de pêcheurs ne voulaient pas qu’on s’installe et puis il y a eu quelques contraintes matérielles mais depuis l’ouverture, on a de plus en plus de monde chaque semaine, donc ça valait le coup. »

Pour populariser cette pratique un peu obscure pour les novices, les trois Wakeparks ont fait le choix d’un câble tendu entre deux pylônes autour d’un plan d’eau, le tout alimenté par de l’électricité. Jules Didier, instigateur et moniteur du Koba Wake Park à Wittisheim (ouvert le 27 juin dernier), rappelle les avantages de cette technique :

« C’est bien plus écologique que de se faire tracter par un bateau et puis c’est moins onéreux, ce qui permet un accès au plus grand nombre. Et puis quand tu débutes le wakeboard, c’est quand même plus facile avec le câble. Quand tu tombes, moi je peux gérer la corde et le palonnier à partir du ponton pour que tu puisses la récupérer sans avoir à revenir à la nage. C’est toujours intéressant pour les amateurs parce que tu peux en faire plus longtemps aussi. »

Le succès éclair du wakeboard alsacien

En si peu de temps, le wakeboard a déjà convaincu une petite communauté de nouveaux addicts et d’accrocs à la glisse, comme Jean, wakeboardeur du Koba Park :

« C’est ce qui nous manquait en Alsace. Je suis un gros amateur de sport à sensations fortes, vélo, skate, wakeskate etc., mais on n’avait pas grand-chose sur l’eau. Alors quand j’ai entendu parlé d’un nouveau wakepark, par le bouche-à-oreille, je suis venu voir tout simplement, j’en fait depuis quatre ans un peu partout. J’ai commencé par le wake skate, derrière une écluse, sur place, avec des jet ski sur le Rhin, dans un club du coté de Colmar aussi et j’ai même été tracté par une voiture, on peut dire que j’ai tout essayé. Ici ce qui est bien, c’est que tu évolues très rapidement avec de bons conseils et que les modules sont vraiment cools. En plus, l’ambiance est sympa et personne ne se la pète, il n’y a pas de m’as-tu-vu. À Brumath, apparemment ils viennent d’installer des modules aussi, donc je vais aller faire un tour. Parce que j’avoue que sans modules, on s’ennuie assez vite au bout d’un moment, c’est moins sympa. »

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Après une bonne session de Wakeboard, Jean est tout sourire malgré la fatigue. (Photo Émilie Lamine – Rue89 Strasbourg)

Yanes essaye le wakeboard pour la première fois. Il en a entendu parlé par le bouche-à-oreille lui aussi :

« Au début c’était dur, j’ai cru que je n’y arriverais pas. Mais au bout de quelques minutes, le moment où tu commences à bien glisser et à tenir debout sur la planche, c’est vraiment cool. Une fois que tu sens la vitesse… Tu kiffes. Le début, c’est un peu plus laborieux, quand tu n’en as jamais fait, il faut prendre ses marques et trouver son équilibre mais ça vient rapidement. Mon prochain objectif est d’arriver à ne pas tomber et me faire un aller-retour complet. J’ai fait un petit saut déjà, j’étais content. Je reviendrai. »

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Un bon échauffement et quelques bons conseils avant une première session de Wakeboard pour Yanes au Koba Wakepark. (Photo Émilie Lamine – rue89 Strasbourg)

Mathias est revenu pour un deuxième tour après une semaine d’attente. Il rappelle qu’un bon échauffement n’est pas de trop et qu’il faut se préparer à quelques courbatures aux bras :

« J’ai un petit peu mal aux bras mais j’ai réussi mon objectif à savoir : passer le virage. Niveau sensation c’est parfait quand tu arrives à tourner et puis tu progresses très vite. Le wakeboard, c’est une très bonne surprise, c’est rafraîchissant pour l’été et ça vient vraiment tout de suite, bien plus vite que le surf ou le snowboard. »

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Mathias a réussi ses premiers virages dès sa deuxième session sur la planche. Plaisir assuré. (Photo Émilie Lamine – Rue89 Strasbourg)

Trois pour le prix d’un

Avec l’ouverture de trois wakeparks, l’Alsace s’ouvre à un nouveau public qui va devoir faire son choix. L’avantage pour Jules Didier du Koba Park, c’est que la culture de cette pratique va être plus facilement diffusée dans la région :

« En fait, on n’était pas du tout en contact ! Aucun d’entre nous n’était au courant de l’ouverture d’un autre wakepark. C’est une coïncidence heureuse. C’est très bien, ça fait une pub pour la culture du wakeboard et je trouve qu’on est dispatché parfaitement en Alsace du coup. Dès que j’aurais le temps j’irai faire un tour à Brumath et Wittenheim. »

Pour Jérémy Mouchel de l’AFA wakepark, ce qui est intéressant également c’est que sans vraiment s’en rendre compte, chacun des lieux a trouvé son public et tout aussi rapidement :

« Nous on se dédie plutôt aux petits, aux débutants. On a axé sur le côté plage, convivial et avec des stages pour les plus jeunes (8 à 10 ans). Un de nos objectifs pour l’année prochaine c’est d’accueillir plus de groupes, des centres aérés, des écoles. On fait pas mal de la formation mais on est ouvert à tout public évidemment. »

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Il n’y a pas d’âge pour s’essayer au Wakeboard. De 7 à 77 ans. (Photo AFA wakepark – Jérémy Mouchel)

Le centre de loisirs de Brumath et le Koba Wake Park, plus à proximité de Strasbourg, ont plutôt misé sur les modules et sur l’évolution rapide et régulière de la technique, avec des conseils sur mesure. Le moniteur et gérant du Koba Wake Park rappelle que cela va dans les deux sens et que le parc se doit d’évoluer constamment, par l’arrivée de nouveaux modules ou par leurs déplacements par exemple.

Frédéric Lang de Brumath explique pour sa part qu’il envisage déjà des avancées pour l’année prochaine :

« On est en discussion pour un accès handicapé, avec une planche assise et on souhaite également installer une deuxième ligne de câble. »

On l’aura compris, la saison 2016 sera riche en surprises pour le wakeboard en Alsace ; avec comme objectif d’attirer davantage de personnes à mobilité réduite mais aussi des filles, qui sont pour le moment, très peu nombreuses. Il n’est pas trop tard pour découvrir les saveurs de glisse et du wakeboard en 2015 puisque les trois wakeparks sont ouverts jusqu’à fin septembre.

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Faire du wakeboard en Alsace, c’est aussi profiter de sacrés couchers de soleil. (Photo Jules Didier – Koba Wake Park)

Aller plus loin

Sur Waterwood.eu : La liste des WakeParks en France et en Belgique
Les trois Wake Parks d’Alsace :
L’Alsace Free Ride Academy à Wittenheim

Le Koba Wake Park à Wittisheim

Le Parc d’aventures à Brumath
Les prix varient entre 15 et 30 euros pour des sessions de 15 à 60 minutes.

L'AUTEUR
Émilie Lamine
Émilie Lamine
Journaliste indépendante, passionnée des mouvances artistiques, des espaces de vie, du mot communauté, des questions sociales et de la rencontre des cultures.

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