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Jeanne Barseghian veut internaliser les repas scolaires et atteindre 75 % de bio

Réinternalisation des repas scolaires, 75 % de bio dans les cantines et développement de cantines solidaires : au marché-gare, la maire sortante de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a détaillé, vendredi 30 janvier, ses priorités alimentaires pour un second mandat.

Élections municipales 2026

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Jeanne Barseghian veut internaliser les repas scolaires et atteindre 75 % de bio
Jeanne Barseghian, lors de la conférence sur l’alimentation, le 30 janvier.

La municipalité écologiste veut reprendre la main sur la fabrication des repas servis dans les cantines de la Ville de Strasbourg. C’est l’annonce principale formulée par Jeanne Barseghian lors d’une conférence de presse organisée au marché-gare, chez Solibio, une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) réunissant producteurs bio alsaciens et acteurs de la filière locale, choisie comme décor symbolique pour défendre une alimentation plus locale et maîtrisée par la collectivité. La Ville de Strasbourg travaille avec deux prestataires privés ; en 2026, si la maire est réélue, elle souhaite réinternaliser progressivement la production.

« Les villes doivent reprendre la main la fabrication des repas », affirme Jeanne Barseghian, entourée d’Antoine Neumann, conseiller municipal délégué à l’agriculture et à l’alimentation, et d’Aurélien Bonnarel, conseiller municipal (PCF) délégué à la santé. Le projet prévoit la poursuite de cuisines intégrées dans les nouvelles écoles, comme dans les nouveaux groupes scolaires Krimmeri ou Jean-Mentelin, et la création de trois ou quatre cuisines centrales pour alimenter le reste des établissements.

Un projet pour dans dix ans

La municipalité évoque une implantation possible de ce type de cuisines dans le nord de Strasbourg, ou à la Meinau. Quant à la rentabilité, « a priori, à moyen ou long terme, oui, ça le sera », estime Antoine Neumann. Toutefois, même en cas de réélection, le projet ne sera pas effectif avant 2036. Et ne se fera pas seul. La municipalité aimerait coopérer avec la Collectivité européenne d’Alsace, qui a la charge des collèges. Et avec les collectivités voisines. « Il y a un enjeu à travailler avec les villes environnantes », souligne l’élu. Toutefois, aucune discussion n’a été débutée à l’approche des élections municipales.

Mais à plus court terme, la municipalité espère atteindre au moins 75 % de produits issus de l’agriculture biologique. « La Ville est à 50 % en 2025. C’était 17-18 % sous Roland Ries », détaille Jeanne Barseghian. Elle souhaite également maintenir un quota de deux tiers de produits locaux dans les cantines, tout en réduisant la part de viande pour « suivre les recommandations des nutritionnistes, qui expliquent que les enfants manquent de vitamines et de fibres. Mais certainement pas de viande », précise Antoine Neumann.

Continuer les fermes urbaines

 Autre priorité soulignée : le développement d’épiceries solidaires, sous forme de coopératives et des cantines de quartier à prix modéré, en s’appuyant sur les associations et des acteurs de la solidarité plutôt qu’en créant de nouvelles structures municipales. « 37 % des Français disent souffrir de précarité alimentaire », rappelle Aurélien Bonnarel, qui défend des lieux ouverts à tous, favorisant la mixité sociale. Le projet de cantines de quartier repose aussi sur un constat : « 50 % des Strasbourgeois vivent seuls et 40 % prennent au moins un repas par jour en dehors du domicile », souligne-t-il.

En outre, la maire-candidate souhaite poursuivre le développement de fermes urbaines, sur le modèle de celles déjà implantées à l’Elsau, au Neuhof ou à la cité de l’Ill. Un levier supplémentaire, selon elle, pour renforcer l’agriculture locale et rapprocher les habitants de leur alimentation.

« En 2020, il n’y avait aucune stratégie globale »

Antoine Neumann, élu en charge de l’alimentation et de l’agriculture

Jeanne Barseghian en a profité pour rappeler qu’elle est la seule, selon elle, à s’intéresser à l’alimentation dans le débat des élections municipales. « C’est pourtant un sujet essentiel. Trop de familles renoncent à bien manger pour des raisons financières. Et trop d’agriculteurs ne vivent pas de leurs productions », insiste-t-elle.

Filière légumineuse et ordonnance verte

Sur les aspects plus techniques, Antoine Neumann a estimé « qu’en 2020, que ce soit à la Ville ou à l’Eurométropole, il n’y avait aucune stratégie globale sur l’agriculture et l’alimentation ». Le premier mandat des Écologistes a permis, selon lui, à remettre l’ensemble des acteurs autour de la table, y compris dans le monde agricole.

Parmi les actions mises en avant figure la création d’une filière légumineuse, passée de zéro à 150 hectares cultivés à l’échelle de l’Eurométropole depuis 2020, selon l’élu. Antoine Neumann cite également l’ordonnance verte destinée aux femmes enceintes, qui permet, sur prescription médicale, de bénéficier de paniers de légumes bio et locaux pendant la grossesse.


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