L’air un peu plus grave qu’à l’accoutumée, Florian Kobryn a tenu sa dernière conférence de presse lundi 9 mars avant le premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars. Le candidat insoumis relit ses notes avec application avant d’annoncer ce qui doit être son dernier message avant le scrutin. Son appel est simple : voter pour sa liste au premier tour. Mais derrière cette évidence se dessine déjà la stratégie du second tour.
Car Florian Kobryn l’affirme : accéder au second tour doit permettre de peser dans les discussions pour l’union. Le candidat appelle ainsi à une « réponse unitaire », une union antifasciste :
« Il y a un péril en la demeure. Nous en appelons au NPA, au PCF, aux Écologistes, à Génération.s et l’ensemble des organisations qui s’opposent à la vague d’extrême droite à se réunir après le premier tour pour organiser la victoire. »
Si sa liste n’arrive pas en tête à gauche au premier tour, il appelle la maire sortante Jeanne Barseghian à organiser cette union. Florian Kobryn pose plusieurs conditions pour se ranger derrière elle : la coalition devra porter une position « claire » sur l’antifascisme, « exclure le Parti socialiste » et intégrer dans son programme « les préoccupations des classes populaires » dont certaines mesures portées par La France insoumise. Le candidat n’a pas précisé lesquelles.
« Il faut se rassembler au second tour », martèle-t-il en se doutant que l’attractivité du vote insoumis a subi plusieurs coups ces dernières semaines… À la suite des déclarations patronymiques de Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, président de Place Publique, a exclu pour ses troupes toute alliance avec LFI or plusieurs colistiers de Jeanne Barseghian font partie de ce mouvement.
« Un contexte préoccupant »
Pourquoi annoncer cette stratégie dès maintenant, au risque de démobiliser une partie de ses électeurs et d’effrayer une partie des électeurs de Jeanne Barseghian ? Florian Kobryn invoque « le contexte préoccupant auquel nous sommes confrontés, la fascisation des idées, l’inversion des valeurs, avec une accélération très importante » :
« La dégradation de la permanence du planning familial, les perturbations à Mulhouse dans le cortège du 8-mars par des militants de l’Action française, l’agression au couteau de Jamila Haddoum vendredi (le 6 mars), Cem Yoldas qui se retire car il est menacé de mort… »
Pour lui, ces faits doivent pousser les électrices et électeurs à soutenir La France insoumise dès le premier tour. « Nous avons une approche résolument antifasciste. On ne cédera pas un millimètre à l’extrême droite. Avoir des élus LFI au conseil municipal, c’est répondre à cela. »
Son principal combat reste d’empêcher que la ville bascule vers « une droite poreuse » ou « un PS qui entretient l’ambiguïté ». L’objectif affiché est aussi d’organiser « une mobilisation générale pour qu’il n’y ait aucun conseiller municipal d’extrême droite ».
Moins de deux jours pour faire union
Des discussions ont-elles déjà commencé ? À la question, les rires sont un peu gênés et les réponses restent évasives. Florian Kobryn dit attendre encore une clarification de Jeanne Barseghian. Lors de son dernier meeting, aux côtés du député Emmanuel Fernandes, il avait raillé une « union de la gauche sans LFI » et dénoncé une « union des micro-partis ». Il se justifie : « Il y avait une critique politique sur l’auto-déclaration de l’union de la gauche sans le premier parti à Strasbourg. Mais on ne disait rien de plus. »
Reste que, dans une campagne encore marquée par les tensions entre les différentes forces de gauche, l’union qu’appelle de ses vœux Florian Kobryn devra se construire en quelques heures, puisque la date limite de dépôt des listes pour le second tour est le mardi 17 mars à 18h, soit 46 heures après les résultats du premier tour.





Chargement des commentaires…