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En Alsace, sept seconds tours à surveiller

Les élections municipales en Alsace laissent plusieurs seconds tours ouverts : à Strasbourg, les écologistes sont en recul, la droite domine à Colmar et Haguenau, et le Rassemblement national progresse dans certaines villes comme Wissembourg ou Sélestat, il est en tête à Wittelsheim.

Élections municipales 2026
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En Alsace, sept seconds tours à surveiller
Le centre-ville de Wissembourg, une paisible ville d’Alsace.

À Strasbourg, la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian se retrouve en troisième position avec 19,7% des suffrages exprimés. Elle est devancée par Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) qui compte 24,2% des voix et l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann qui atteint 25,9%. Cette dernière a plus de 5 000 voix d’avance sur la maire actuelle. Le candidat insoumis Florian Kobryn parvient lui aussi à se maintenir, avec 12% des suffrages exprimés.

À Mulhouse, des alliances à prévoir

À Mulhouse, la situation est invraisemblable. Il y avait dix listes en lice au premier tour et six candidats se sont qualifiés pour le second tour. La maire sortante divers droite Michèle Lutz arrive en tête avec 17,60% des voix mais elle affrontera cinq autres candidat·es, dont deux issus de listes citoyennes.

Son concurrent le plus sérieux est Loïc Minery, qui se présente à la tête d’une coalition de gauche réunissant Les Écologistes, le PS, le PCF, Place publique et Génération·s d’autant qu’il devrait bénéficier du report des voix de La France insoumise, qui ne peut maintenir sa liste. On voit donc mal Michèle Lutz se passer d’une alliance avec sa rivale, Lara Million (Renaissance), vice-présidente aux finances de la Collectivité européenne d’Alsace, ou avec l’une des deux listes citoyennes de Frédéric Marquet (divers centre) ou d’Annouar Sassi (divers).

En 2020, Lara Million, alors candidate du centre, avait terminé troisième du premier tour avec 20,13% des voix, une performance nettement supérieure à celle enregistrée cette année. À l’inverse, Christelle Ritz progresse légèrement : elle avait obtenu 11,20% des suffrages lors du précédent scrutin au premier tour.

Le RN qualifié au second tour à Sélestat

Dans la huitième ville d’Alsace par sa population, avec un peu moins de 20 000 habitants, la ville de Sélestat sera confrontée à une quadrangulaire au second tour. Le candidat Denis Digel (divers centre) peut se satisfaire de ce premier tour. Maraîcher de profession, il s’était incliné en 2020 face à Marcel Bauer (divers droite), le maire sortant, pour seulement 139 voix. Le maire sortant ne se représentant pas cette année, il arrive en tête des candidats qualifiés pour le second tour avec 47,91%. Il est suivi, à distance, par Caroline Reys (Les Écologistes). Conseillère municipale depuis 2008, elle s’était déjà qualifiée pour le second tour en 2014 et en 2020.

Le RN avec Thomas Estève se hisse en troisième position. À 24 ans, il recueille 14,7% des suffrages. Une performance alors qu’il s’agit de la première fois que le parti présente une liste dans la ville. Lors de la présidentielle de 2022, Emmanuel Macron y avait ainsi perdu cinq points au second tour par rapport à 2017, obtenant 59,61% des voix face à Marine Le Pen, contre 64,66% cinq ans plus tôt. La tendance s’est confirmée en mai 2024 lors des élections européennes : la liste conduite par Jordan Bardella avait recueilli 30,35% des voix à Sélestat, contre 16,85% pour celle du bloc central menée par Valérie Hayer.

Quatrième de cette quadrangulaire, Édouard Faller (divers droite) obtient 13,4%. Âgé de 44 ans, il s’agissait de sa première candidature.

La droite en large tête à Colmar

Moins confortable qu’en 2020, le maire sortant Éric Straumann (LR) arrive néanmoins en tête de ce premier tour avec 34,4% des suffrages (63,89% des voix en 2020). Il est suivi par Yves Hemedinger (divers droite), ancien premier adjoint du précédent maire Gilbert Meyer.

La candidate du RN, qui s’est illustrée par des publications racistes sur les réseaux sociaux, sera présente au second tour, une nouveauté pour Colmar. Elle a sans doute été renforcée par le soutien d’Alain Kott, ancien président des Républicains dans le Haut-Rhin, qui a rejoint le parti nationaliste.

Quatrième de cette quadrangulaire, l’écologiste Frédéric Hilbert est soutenu par le PS et Place publique. Il a la particularité d’avoir été nommé adjoint d’opposition sous la mandature d’Éric Straumann, une fonction créée par le maire afin d’associer davantage l’opposition au fonctionnement de la municipalité.

Claude Sturni reste favori à Haguenau

Quatre candidats accèdent au second tour à Haguenau. Le maire sortant Claude Sturni (divers droite), 63 ans, arrive largement en tête. Il devance Armand Marx (divers), et Frédéric Staut (divers gauche). Marc Wolff (classé divers droite, RN lors des dernières élections législatives) complète cette quadrangulaire en franchissant de justesse la barre lui permettant de se maintenir au second tour.

Maire de la quatrième ville d’Alsace et de la deuxième du Bas-Rhin depuis 2008, Claude Sturni aborde ce second tour en position solide. Sa situation est toutefois un peu moins confortable qu’en 2020, lorsqu’il avait été réélu dès le premier tour avec 65,71% des voix, déjà face à Armand Marx. Quant à la gauche elle attendra encore pour renverser cette ville, ancrée à droite depuis 1935.

Le RN en troisième position à Wissembourg

Quatre candidats se qualifient pour le second tour à Wissembourg avec moins d’une centaine de voix d’écart. La maire sortante Sandra Fischer-Junck (divers) arrive en tête, suivie par André-Charles Krieger (divers), Jean-François Delanque du Rassemblement national et Christian Gliech (divers).

Cette petite ville de 7 451 habitants, située tout au nord de l’Alsace et centre du bassin de vie de l’Outre-Forêt, était particulièrement surveillée. Certains y voyaient un terrain favorable à une progression du RN dans ce territoire frontalier avec l’Allemagne. Notamment depuis l’implantation d’un député RN lors des élections législatives anticipées de juin 2024, Théo Bernhardt. Les résultats du premier tour semblent confirmer cette hypothèse : Jean-François Delanque réalise un score bien supérieur à celui obtenu par le FN en 2014, qui n’avait alors réuni qu’environ 10 % des voix.

Le scrutin marque aussi un renversement dans le rapport de force entre les candidats. En 2020, Christian Gliech dominait nettement le premier tour avec près de 30% des suffrages, contre 22,33 % pour André-Charles Krieger. Six ans plus tard, la situation s’est inversée : André-Charles Krieger s’impose comme le principal rival de Sandra Fischer-Junck, avec 25,3% des voix, à quelques dizaines de bulletins seulement de la maire sortante, tandis que Christian Gliech recule autour de 22%.

Dernier scrutin à noter, la percée du Rassemblement national à Wittelsheim. Dans cette petite commune entre Mulhouse et Cernay, connue pour ses anciennes mines de potasse reconverties en stockage géant pour les déchets ultimes, 1 393 personnes ont glissé un bulletin RN dans l’urne. Mais trois listes de droite et du centre ont totalisé 2 800 votes, ce qui devrait permettre de maintenir l’extrême droite à l’écart.


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