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Au commissariat de Sélestat, Merter Keskin est décédé après avoir subi un plaquage ventral de plus de trois minutes
Vigies 

Au commissariat de Sélestat, Merter Keskin est décédé après avoir subi un plaquage ventral de plus de trois minutes

par Nicolas Dumont.
Publié le 27 juin 2022.
Imprimé le 17 août 2022 à 15:23
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Dans la nuit du 12 au 13 janvier 2021, Merter Keskin est décédé au commissariat de Sélestat. La version officielle attribue ce décès à un arrêt cardiaque à la suite d’une prise de cocaïne. Mais le journal Libération a publié des images de vidéosurveillance de la cellule qui montrent le gardé à vue subissant un plaquage ventral de trois minutes 30. 

Libération a obtenu des images de vidéosurveillance du commissariat de Sélestat montrant qu’après son interpellation dans la nuit du 12 au 13 janvier 2021, Merter Keskin a subi un plaquage ventral de près de trois minutes trente dans sa cellule. Cette technique d’immobilisation au sol est contestée d’autant qu’elle est mise en cause dans le décès d’Adama Traoré en 2016 ou de Cédric Chouviat en 2020. Décédé au cours de sa garde à vue, la vidéo remet en question la version officielle attribuant la mort de Merter Keskin à une hyperventilation et une prise de cocaïne. 

Le journal détaille qu’à son arrivée au commissariat de Sélestat, l’homme de 35 ans apparaît la bouche en sang. L’autopsie révèle qu’il a perdu une dent tandis que l’incisive adjacente est branlante. Toujours d’après les informations de Libération, les policiers se défendent en décrivant Merter Keskin comme un homme agité, « donnant des coups de téléphone sur le sol, et contre sa tête ».

Le plaquage ventral une fois de plus mis en cause dans un décès suite à une interpellation (Photo Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg / cc)

Le plaquage ventral mis en cause

Au poste, Merter Keskin se plaint de douleurs au cœur. Il est escorté par deux fonctionnaires de police en cellule. À ce stade, les témoignages des deux policiers divergent, indique l’article. L’un assure que Merter Keskin est agité tandis que le second le trouve toujours calme. Comme l’écrit Libération, « les images de vidéosurveillance de la geôle valident plutôt cette seconde version : l’interpellé ne s’agite pas, il est même immobile, les mains toujours menottées dans le dos, sur la couchette en béton où les deux fonctionnaires l’ont allongé à plat ventre – ce qui constitue un plaquage ventral. » 

Toujours d’après les images de vidéosurveillance, Merter Keskin commence à s’agiter une fois dans la cellule. Deux autres policiers viennent alors en renfort de leurs collègues. « À l’image, la manœuvre parait brouillonne, désordonnée, et surtout interminable », note Libération. Les policiers n’arrivent pas à retirer les menottes de l’interpellé. Plus les secondes passent, moins Merter Keskin se débat. Au bout de ces trois minutes trente de plaquage ventral, le corps du trentenaire est inanimé. Les policiers tentent un massage cardiaque. En vain. Le décès de Merter Keskin est constaté à 5h du matin le 13 janvier 2021. 

Des zones d’ombre à éclaircir

Le parquet de Colmar a ouvert une enquête en février 2021. L’expertise médicale a conclu à une « intoxication potentiellement létale à la cocaïne ». De son côté, la défense de la famille Keskin a fait une demande de contre-expertise. Elle estime « que les gestes exercés par les policiers ont été balayés des premières conclusions », comme l’écrit Libération. 

L'AUTEUR
Nicolas Dumont
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