Baignade dans l’Ill : peut-être l’an prochain
Environnement 

Baignade dans l’Ill : peut-être l’an prochain

Dans le cadre de son plan « Strasbourg se jette à l’eau », la Ville entend développer de nombreux projets sur l’eau. Mais patience : la piscine flottante de Strasbourg n’en est qu’au stade de l’appel à projets et le site du Herrenwasser ne devrait pas être ouvert à la baignade avant l’été 2020, voire 2021.

L’idée d’une piscine flottante en plein coeur de l’Eurométropole est évoquée depuis un an, dans le cadre du projet « Strasbourg se jette à l’eau« . Il s’agit de l’une des propositions pour réinvestir les voies d’eau de Strasbourg. Cependant, l’heure n’est pas encore à la construction de la fameuse piscine mais à l’appel à projets, comme prévoyait le calendrier initial, explique Paul Meyer, adjoint au maire de Strasbourg en charge du numérique et du quartier Gare :

« On a identifié qu’il manquait à Strasbourg une piscine flottante comme à Berlin, à Paris ou à Lyon. Le manque de piscines se voit de manière criante avec ce qui se passe chez nos voisins allemands. Du côté opérationnel, on a surtout voulu susciter de l’intérêt. Il n’est pas question de mettre de l’argent public. L’idée, c’est de créer une émulation, des initiatives privées. Et après, nous cadrerons, nous arbitrerons entre les différentes propositions. Pour l’instant, des investisseurs s’intéressent aux projets d’hôtel flottant et de piscine flottante. »

La piscine flottante Badeschiff sur la Spree à Berlin, qui a inspiré l’adjoint au maire Jean-Baptiste Gernet (Photo Wikipédia / Creative commons)

Patience, donc. Le projet porté par Jean-Baptiste Gernet et Paul Meyer (La Coopérative) a pour but de « retrouver un rapport à l’eau, en exploitant un potentiel de la ville oublié pendant les années 60-70 ». Installation de pontons du côté des quais des bateliers en juin 2019, la terrasse flottante aux abords du quai de la Saint-Jean… quelques projets ont déjà vu le jour.

En attendant de piquer une tête dans la future piscine flottante, qui se situerait soit dans le bassin de la citadelle, soit du côté du jardin des Deux-Rives, les projets imaginés par les étudiants de l’école d’architecture sont exposés du 9 août au 16 septembre au barrage Vauban.

Vers le retour de la baignade urbaine

Quant au site du Herrenwasser, près de Montage Verte, il redeviendra bien un site de baignade urbaine mais… « l’été prochain ou dans deux ans au maximum ». Le lieu abritait d’anciens bains publics, très prisés jusqu’aux années 50.

Une étude sur la qualité de l’eau a été lancée il y a trois mois, avec des tests de propreté rendus toutes les deux semaines, sur une bande d’1,5 km allant du Herrenwasser jusqu’à l’Elsau. « Les analyses sont extrêmement favorables », souligne Paul Meyer :

« En termes de propreté de l’eau, on est au rendez-vous. On établit patiemment un profil de baignade pour mettre en place un lieu de baignade public avec toutes les normes. »

Jean-Baptiste Gernet, adjoint au maire de Strasbourg en charge notamment de la vie fluviale, insiste sur le fait que la baignade naturelle est un « enjeu important avec le réchauffement urbain », afin de « créer des îlots de fraîcheur ». Mais établir un profil de baignade prend du temps. Les premières analyses dans le secteur du Herrenwasser datent de l’année dernière :

« Nous avions fait des analyse durant l’été 2018 et cet été. Nous ne savons pas encore si des analyses l’été prochain seront nécessaires. À Paris, la ville disposait d’analyses de la qualité de l’eau sur presque 10 ans avant d’autoriser la baignade dans le canal de l’Ourcq. On manque encore d’antériorité… »

Les bains publics du Herrenwasser dans les années 30 (Document remis)

Aucun aménagement des berges n’est prévu, « si ce n’est ce qui est réglementaire », souligne Paul Meyer, à savoir des toilettes et des douches financées par la Ville :

« On souhaite par la suite avoir un plan baignade. Rénover les piscines c’est important mais multiplier les lieux de baignade dans la ville l’est également. On a une chance incroyable d’avoir ce rapport à l’eau dans la région, mais quand on voit le peu de lacs autorisés à la baignade dans les Vosges… Se baigner dans les gravières comme les Allemands, c’est un luxe ! L’idée est d’avoir des zones de baignades de plus en plus grandes pour ne pas saturer les sites. »

D’autres sites de baignade naturelle sont à l’étude. La municipalité penche notamment du côté des Deux-Rives ou de l’étang d’Illkirch-Graffenstaden.

L'AUTEUR
Emeline Burckel
Journaliste stagiaire

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