Bataille du siège : Strasbourg crée un lobby pour défendre le Parlement
Politique 

Bataille du siège : Strasbourg crée un lobby pour défendre le Parlement

Le Parlement de Strasbourg (DR)

Le Parlement de Strasbourg (DR)

Face à une campagne féroce menée par les partisans d’un siège unique du Parlement européen à Bruxelles, Strasbourg tente de s’organiser. Le conseil municipal de ce lundi 8 juillet entérinera la création d’une « Task Force », un lobby pro-Strasbourg piloté par Catherine Trautmann.

La Task Force est, à l’origine, un concept lancé par la marine de guerre américaine. A Strasbourg, pas de sous-marins, mais un caractère presque aussi belliqueux. Ce lobby dont la création sera entérinée lundi en conseil municipal, est une instance présidée par le maire, Roland Ries, et qui réunira les présidents de la CUS, de la Région Alsace, du département du Bas-Rhin, ainsi que d’autres responsables politiques, députés, eurodéputés, conseillers municipaux. Cette organisation « trans-politique » aura pour mission de « trouver les voies et moyens pour modifier le rapport de force en faveur de Strasbourg, en particulier au sein du Parlement européen ».

50 000€ de budget

Lobbying, communication, examen des aspects juridiques et politiques des attaques contre Strasbourg, cette nouvelle instance aura pour mission également de vendre les atouts dont la capitale alsacienne se dote progressivement : amélioration de l’accessibilité aérienne et de la qualité hôtelière – une charte d’accueil des parlementaires, assistants et personnels des institutions a été créée – projet de quartier d’affaires Wacken-Europe, création du Lieu d’Europe (inauguré en fin d’année), etc.

Cinquante mille euros seront attribués par l’Etat à la Task Force pour  mettre en œuvre, dès 2013, des actions de lobbying qui devront conforter la place de Strasbourg de façon pérenne. « C’est la seule institution politique européenne présente sur le sol français. Un atout qu’il faut absolument conserver », insiste la présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen, Catherine Trautmann. Dans le texte de la délibération qui sera votée lundi, on peut encore lire : « Le ministre des affaires européennes participe [aux réunions de la Task Force] autant que de besoin et au moins deux fois par an ». Vœu pieux ?

Un siège, trois lieux de travail

Cette initiative strasbourgeoise arrive alors que la bataille du siège fait rage depuis… 1988. Pour sortir de cette vieille confrontation, l’Europe avait réaffirmé le principe du « polycentrisme » : une capitale exécutive à Bruxelles, juridictionnelle au Luxembourg et parlementaire à Strasbourg, un compromis adopté suite au Traité de Maastricht.

Or la campagne pour un siège unique du Parlement continue, avec des arguments budgétaires et écologiques : les déplacements entre Bruxelles et Strasbourg coûtent chers, l’empreinte carbone liés à ces derniers explose. La Task Force va devoir mener une bataille  communicationnelle, en avançant une légitimité « historique », mais aussi future, avec les projets menés par la Ville. On peut encore lister la rénovation du PMC (Palais de musique et des congrès), le Forum mondial de la démocratie, l’Eurodistrict

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L'AUTEUR
Nathalie Moga
Nathalie Moga
Originaire d'Alsace, je viens de terminer deux années d'études à l'École de Journalisme de Grenoble. De retour à dans la région, je suis à la rédaction de Rue89 Strasbourg pour l'été.

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