Blessés de l’Acte IX des Gilets jaunes à Strasbourg : de nouvelles vidéos
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Blessés de l’Acte IX des Gilets jaunes à Strasbourg : de nouvelles vidéos

actualisé le 23/01/2019 à 09h58

Les vidéos prises par Maximilien, mises bout à bout par Rue89 Strasbourg, permettent de voir que les deux blessés ne faisaient pas partie des manifestants. (documents remis)

De nouvelles vidéos viennent étayer la compréhension des événements qui ont abouti à blesser deux adolescents samedi 12 janvier à Strasbourg, lors de l’Acte IX des Gilets jaunes. Selon ces éléments, ce sont bien des tirs de LBD, en provenance de policiers en civil, qui ont atteint les jeunes, l’un au visage et l’autre à la jambe.

Les parents des deux adolescents blessés à Strasbourg samedi 12 janvier, en marge de la manifestation des Gilets jaunes pour leur Acte IX, ont obtenu de nouveaux éléments vidéos de la part de manifestants ou de personnes qui ne prenaient pas part au cortège (voir ci-dessus).

Rencontrée au chevet de son fils Lilian, grièvement blessé à la mâchoire, Flaure D. indiquait à Rue89 Strasbourg ne pas comprendre pourquoi son fils avait été visé par les forces de l’ordre. Selon les vidéos qu’elle est parvenue à collecter, il se trouve que Lilian se tenait à distance de la manifestation. L’adolescent venait de s’acheter un nouveau manteau au centre commercial des Halles. Me Nicolas Clausmann, avocat de la famille, précise :

« Lilian ne pouvait pas utiliser le tramway en sortant du centre commercial parce que la circulation avait été interrompue à cause de la manifestation. Il a donc cherché à contourner la manifestation pour se rendre à la gare et il s’est pris une balle de LBD alors qu’il n’avait rien à voir avec les Gilets jaunes… C’est du moins notre analyse de ces éléments et on espère que le procureur de la République, en charge de l’enquête suite à la plainte de ma cliente, la partagera. »

Plan de situation

Vers 16h30, ce qui restait de la manifestation des Gilets jaunes refluait vers le centre-ville par le pont Kuss.

L’auteur des vidéos, Maximilien, participait à la manifestation samedi 12 janvier. Vers 16h20, il était à l’angle de la rue du Maire-Kuss et du quai Saint-Jean. Il précise :

« J’étais juste à côté des deux jeunes qui ont été blessés. Une balle de LBD m’est passée à 50 centimètres du visage, j’ai bien failli perdre un œil ! Sur les vidéos, on peut distinguer au moins trois tirs, ce qui déjà infirme les versions des policiers qui mettaient en doute que les blessures des jeunes aient été causées par leurs armes. À aucun moment, on pensait être en danger ou menacés… Les manifestants étaient assez loin et les gendarmes de l’autre côté du pont. Personne n’avait remarqué les policiers en civil, qui s’étaient d’ailleurs cachés derrière un coin, et qui ont fait usage de leur LBD en direction des manifestants pour finalement toucher des gens qui étaient derrière… »

Dans les vidéos, on repère à partir de 2mn 40 les deux adolescents blessés comme étant situés une dizaine de mètres derrière les quelques Gilets jaunes qui occupaient encore la placette entre le pont de la rue du Maire-Kuss et le quai Saint-Jean. Alors que des projectiles sont lancés en direction des gendarmes mobiles par les manifestants, des tirs fusent depuis l’autre côté de la rue du Maire-Kuss.

Des policiers en civil ont fait usage de leurs LBD contre les Gilets jaunes (document remis)

Des policiers en civil ont fait usage de leurs LBD contre les Gilets jaunes (document remis)

Dans une autre vidéo, on voit des policiers en civil, regroupés et dissimulés derrière un angle d’immeuble (voir ci-dessus), faire usage de leurs LBD 40. Les manifestants sont surpris par ces tirs de balles de défense de 40 mm et reculent. Lilian et un autre adolescent ont été touchés à cet instant.

La légalité du tir en question

Suite aux deux plaintes pour blessures involontaires déposées par les parents des adolescents, le procureur de la République de Strasbourg a ordonné une enquête, menée par la sûreté départementale. Elle devra déterminer si l’usage du LBD a bien été effectuée dans des conditions légales. L’usage du LBD 40 est régie par l’instruction du 2 septembre 2014 du ministère de l’Intérieur. Ce texte précise que l’emploi hors sommation n’est possible qu’en « cas de violences ou voies de fait commises à l’encontre des forces de l’ordre ou si elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu’elles occupent. »

Le tireur doit « dans la mesure du possible », s’assurer « que les tiers éventuellement présents se trouvent hors d’atteinte, afin de limiter les risques de dommages collatéraux. » Il ne doit pas viser au dessus du torse mais rien n’interdit le tir tendu.

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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