Ce week-end, un village de Noël à Grüber, un parc d’activité prometteur
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Ce week-end, un village de Noël à Grüber, un parc d’activité prometteur

C’est un peu le off du off du marché de Noël. Ce week-end, le parc privé Grüber à Koenigshoffen met les petits plats dans les grands pour faire connaître son foisonnement de projets au public. L’occasion de découvrir cet ancien site brassicole devenu discrètement la place de l’économie circulaire, solidaire et créative à Strasbourg.

L’adjoint au maire Alain Fontanel espérait que l’émulation prendrait à La Coop, dans le quartier du Port du Rhin, mais c’est bien connu les créatifs n’en font qu’à leur tête. Des commerces traditionnels, un chantier d’insertion, des ateliers d’artistes et d’artisans, un resto africain, un centre culturel franco-turc, un fab’lab, un night-club afro, des soirées ponctuelles, une école de BD… le site privé de l’ancienne brasserie Grüber à Koenigshoffen voit cohabiter un sacré mélange de vie diurne et nocturne, d’expériences de la scène alternative strasbourgeoise et d’associations populaires.

Pour faire se rencontrer tous ces voisins et rendre ces nombreuses structures plus visibles, deux associations organisent au parc Grüber un « village de Noël » samedi 8 et dimanche 9 décembre. L’occasion de découvrir ce patrimoine historique qui renouvelle la vie de quartier de Koenigshoffen et entend peser à Strasbourg.

Demandez le programme !

Pendant ces deux jours, le programme du village éphémère est touffu sur les trois niveaux de l’ancienne brasserie : le « plateau », soit l’entrée du site au niveau de la rue, la « ruelle », au niveau intermédiaire et la « cave », au niveau le plus bas où se trouvaient les cuves de la brasserie autrefois. De la tarte flambée aux pâtisseries turques en passant par le bissap africain, à chaque niveau, des stands d’associations et de commerces proposeront du ravitaillement.

Soirée festive à la fabrique (Document Remis)

En entrant dans le village par le niveau « plateau », un marché présentera artistes et artisans locaux pour dénicher un cadeau original et éthique. Parmi eux : Lune, Mamzelle Osmoze – l’Osmozone, Re-cycle-On, Rien ne se perd, tout se transforme… Au deuxième niveau, celui de la « Ruelle », l’association Libre Objet et les ateliers d’artistes et d’artisans La Hutte Grüber et Scénoscope ouvriront leurs portes au public et présenteront leurs productions, aux côté d’autres associations partenaires extérieure au parc.

Mise en place d’un déco geek par l’ association de cinésate amateur 35Ko, dans une des cave de La Fabrique. (Document Remis)

La Fabrique, au niveau « cave », proposera une formation à la couture (sur inscription) pour faire ses cadeaux soi-même, une forge avec démonstration et initiation, des ateliers de réparation de vélos avec les associations Le Stick et la fête du cambouis, ainsi que des ateliers créatifs et une friperie de la Maison Mimir. Toujours au niveau de la Fabrique, l’artiste Mou de la Semencerie proposera au public une mystérieuse expérience de réalité virtuelle originelle à bord d’un œuf. Les organisateurs prévoient également une connexion en directe avec le marché de Noël de la Semencerie programmé en même temps.

Le programme détaillé ici.

« Galon d’essai »

Manuel Simoes, vice-président du Fab’lab La Fabrique et co-initiateur de l’événement, prévient tout de suite :

« Noël, c’est un prétexte. Notre projet est encore un peu brouillon, c’est pour ça qu’on a préféré ne pas s’insérer dès cette année dans le business de Noël à Strasbourg. C’est un galon d’essai, un événement qui va nous servir à nous rencontrer et à nous approcher les uns des autres. Dans tous les cas, on tient à l’idée d’un village plus que d’un marché de Noël. Tout est bénévole. Notre but est de faire plaisir aux gens et qu’on ne leur offre pas seulement des trucs à vendre. On a d’ailleurs de grands projets pour faire apparaître la neige (rire) »

Créer un lieu fédérateur pour le quartier

Ateliers ouverts, soirées festives, braderie… Jusqu’à présent, à Grüber, chacun organisait son événement dans son coin au fil des occasions. François Oberlin, chargé du développement  du chantier d’insertion Libre objet et co-initiateur du village explique l’envie de rapprocher tous ces acteurs isolés les uns des autres :

« Notre objectif est aussi de mobiliser toutes les bonnes volontés du parc pour montrer qu’il est vivant. À travers le village de Noël, on voudrait faire du parc Grüber un lieu fédérateur pour tout le quartier de Koenigshoffen. C’est pour ça qu’on y inclue aussi des associations qui ne sont pas installées dans le parc, comme Envie ou les jardins de la Montagne verte par exemple, qui ont aussi besoin de plus de visibilité. »

Une ambition appuyée par la municipalité, financeur du village de Noël. Luc Gillmann, adjoint de quartier à Koenigshoffen explique comment la Ville veut s’insérer dans cette dynamique privée et l’encourager :

« Ce parc privé est clairement devenu un marqueur identitaire du territoire. Il a développé un modèle proche de l’incubateur. C’est aujourd’hui un vivier d’art, d’artisanat et d’économie sociale et solidaire qui peut redonner sens à la vie de ce faubourg et qu’il faut aider et dynamiser. »

Une maison des services municipale en projet

Sentant l’intérêt d’être présent sur les lieux, la Ville a préempté il y a un an l’ancienne maison du gardien de la brasserie Grüber, au niveau de l’entrée du site. Le bâtiment abritait jusqu’alors la caisse de retraite complémentaire des indépendants. L’objectif actuel de la municipalité est d’en faire une maison des services de Koenigshoffen, qui centraliserait le centre médico-social, le service de protection maternelle et infantile, la mairie de quartier, et une bibliothèque. Rappelons qu’en matière de lecture publique, Koenigshoffen ne bénéficie pour l’heure que d’un bibliobus itinérant. D’après Luc Gillmann, l’idée d’un espace de rencontre et de mise en valeur des talents locaux fait aussi son chemin :

« Nous cherchons à avoir un tiers-lieu dans la maison des services pour donner envie de rentrer dans le parc. L’objectif est de donner au site une visibilité et une centralité dans le quartier. Aujourd’hui, les habitants n’y entrent pas »

Encore des locaux à saisir

Mais si l’ambition est là, sa concrétisation n’est pas pour demain. Le bâtiment racheté par la Ville doit subir de lourds travaux d’aménagement et Luc Gillmann confie :

« L’ouverture n’est plus pour ce mandat municipal [qui s’achève en 2020]. »

En attendant, des opportunités immobilières restent à saisir pour les porteurs de projet et de start-up, insiste l’élu :

« Si l’évolution est de créer une dynamique autour de l’économie sociale, solidaire et créative, il y a encore sur le site beaucoup d’espaces et de locaux libres, à des prix très accessibles. Notre objectif est de faire venir d’autres acteurs. »

À cela s’ajoute que le centre culturel turc prévoit de déménager prochainement – rue de la Charmille – et de revendre ses locaux de Grüber.

Projet immobilier en embuscade

Mais cette ambition pourrait-elle être contrecarrée ? L’un des propriétaires des locaux de Grüber a un projet de démolition de ses vastes locaux vacants pour y construire des logements. Pour l’heure, impossible pour lui de concrétiser car le plan local d’urbanisme consacre le parc Grüber à de l’activité économique. Le conseil municipal s’est opposé à une modification de cette orientation pour le prochain changement du PLU qui doit être voté à la fin de l’année. Mais à moyen terme, tout sera affaire d’appuis politiques. Pour l’heure Luc Gillmann veut rester optimiste :

« Il n’y a pas de modification du PLU prévu prochainement. Je ne suis pas favorable à du logement dans ce site économique. Le but n’est pas de mettre du logement et d’empêcher le foisonnement de projets mais au contraire de faire venir d’autres acteurs. S’il devait y avoir du logement, ce ne pourrait pas être avant l’horizon 2021, 2022. »

Entre économie sociale et solidaire et promotion immobilière, le cœur de la prochaine municipalité balancera-t-il ? Affaire à suivre…

L'AUTEUR
Claire Gandanger
Claire Gandanger
Journaliste indépendante Intérêts : société, économie de la culture, vie pratique

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