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Une centaine de relogements et des bénévoles soulagés : l’Hôtel de la rue a fermé ses portes
Société 

Une centaine de relogements et des bénévoles soulagés : l’Hôtel de la rue a fermé ses portes

par Guillaume Krempp.
Publié le 1 octobre 2021.
Imprimé le 27 octobre 2021 à 00:20
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Jeudi 30 septembre au soir, les derniers résidents et les bénévoles de l’association La Roue Tourne ont fêté la fin de la convention d’occupation de l’Hôtel de la rue. Près d’une centaine d’habitants ont été relogés au cours des derniers mois.

Le sous-sol de l’Hôtel de la Rue est à la fête ce jeudi 30 septembre au soir. Sur une longue table, des assiettes pleines de cakes, de riz, de crudités et autres desserts orientaux. Des enfants jouent. Des résidents se prennent en photo. Sur les murs et sur une table à l’entrée, des aquarelles d’Axel Champoy. L’artiste a passé deux mois à vivre ici pour faire le portrait des résidents et des bénévoles. Ce soir, le squat ferme ses portes. Mais tout le monde semble soulagé, comme l’explique la présidente de l’association gestionnaire du lieu La Roue Tourne, Anne-Véronique Auzet :

« Concernant les habitants relogés, j’ai plutôt eu des retours sur leur bonheur et des messages très émouvants. J’ai aussi vu une famille dans son logement à l’Elsau. Ils étaient super contents de montrer la taille du logement et d’être enfin chez eux. À l’hôtel de la rue, ils pouvaient se doucher, mais avec quatre douches pour 100 personnes, c’était compliqué. Et puis c’est surtout la fin de la peur constante d’être expulsés. »

Près d’une centaine de personnes relogées

Depuis l’entrée en vigueur de la convention signée avec la Ville de Strasbourg, près de 100 personnes ont pu être relogées. Les associations ASF67 et Caritas ont fourni la majorité des logements, en attribuant respectivement 17 et 63 places aux résidents de l’Hôtel de la Rue. L’Office Français de l’Intégration et de l’Immigration (OFII) s’est occupé de 11 personnes. Quatre personnes sont rentrées dans leur pays d’origine et 23 ont trouvé une place chez des tiers.

Anne-Véronique Auzet est soulagée face à ce dénouement. En juillet 2021, la présidente de l’association craignait de voir certains résidents sans solution d’hébergement. « Fin août, toutes les familles étaient relogées, pour permettre aux enfants d’être à l’école pour la rentrée », se félicite la professeure des universités de géographie. La présence d’un aquarelliste pendant les deux derniers mois de l’Hôtel de la Rue a aussi permis de garder un climat apaisé dans le squat conventionné :

« J’avais peur de l’ambiance lorsque la moitié des résidents seraient partis, mais la résidence d’artiste a eu un effet super positif sur les habitants. »

Le logement intercalaire comme horizon

La coopération entre la Ville de Strasbourg, les associations Caritas et ASF, le Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO) et l’association La Roue Tourne pourrait continuer au-delà de l’Hôtel de la Rue. Comme l’explique Anne-Véronique Auzet :

« La Ville de Strasbourg est motivée pour poursuivre avec du logement intercalaire (dans des bâtiments pour une période provisoire avant des travaux NDLR). Il y a pas mal de projets de rénovation urbaine à Strasbourg. Cela signifie que des immeubles seront vidés, parfois pour être rénovés. Une fois vidés, entre les études et la rénovation, on aurait deux ans. On pourrait donc passer par du logement intercalaire sans passer par la case squat, en reproduisant le positif de l’expérience d’aujourd’hui. »

Anne Véronique Auzet, la présidente de l’association gestionnaire. (photo GK / Rue89 Strasbourg)

La situation d’Abdoul dans l’impasse

Pour la présidente de la Roue Tourne, malgré une belle fin pour ce squat, il reste un point négatif : celui de ne pas avoir réussi à régulariser la situation d’Abdoul. L’ancien résident a eu un rôle très important de médiateur interculturel au sein de l’Hôtel de la Rue. Mais malgré « un dossier béton, avec une promesse d’embauche », Abdoul reste débouté du droit d’asile.

Abdoul, à gauche, a été débouté du droit d’asile (photo GK / Rue89 Strasbourg)
L'AUTEUR
Guillaume Krempp
Guillaume Krempp
Journaliste, en recherche d'enquêtes et d'impacts

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