Cinq choses à savoir avant d’aller voter à la législative partielle ce dimanche
Politique 

Cinq choses à savoir avant d’aller voter à la législative partielle ce dimanche

actualisé le 24/05/2016 à 15h42

Vous habitez à Strasbourg quelque part entre le conseil des XV, le centre-ville, Koenigshoffen et Hautepierre et vous apprenez seulement ce matin qu’il y a une élection sur votre secteur. Pas de panique, voici cinq choses à savoir pour effectuer votre geste citoyen en toute sérénité.

1 – Un député élu pour un an

Le député qui succédera à Armand Jung (PS) sera élu pour à peine un an. Lors des élections législatives générales en juin 2017, juste après la présidentielle, les 577 sièges de l’Assemblée nationale seront remis en jeu, pour – peut-être – donner une majorité au nouveau gouvernement.

Certes, il y a plus inspirant comme motivation pour aller voter. Mais en un an, un député peut participer timidement à la fabrique de la loi par des amendements, se faire le relais de situations locales auprès du gouvernement et dispose de 130 000 euros de réserve parlementaire qu’il peut distribuer à des associations, voire sa propre commune… (un mécanisme anti-démocratique contestable mais important). Surtout, il y a des chances que le vainqueur soit réinvesti par sa formation l’année prochaine.

2 – Est-ce que je fais partie des 66 922 concernés ? La carte des 65 bureaux de vote


Première circonscription du Bas-Rhin (carte Raphaël Da Silva)

3 – Un probable duel la semaine prochaine

Avec 14 candidats, on imagine mal l’un d’eux recueillir plus de 50% des voix au soir du dimanche 22 mai. Il y a donc de fortes chances que vous soyez de nouveau appelés aux urnes pour un second tour dimanche 29 mai. Comme aux élections départementales en 2015, il faudra réunir 12,5% des inscrits pour être le troisième candidat lors du second tour.

On rembobine ?

Besoin de plus d’infos avant de mettre votre bulletin dans l’urne ? N’hésitez pas à lire les réponses des candidats aux questions des internautes et notre guide de survie de l’élection partielle.

Autrement dit, même avec une participation exceptionnelle de 50% ce dimanche (elle est en général de 20 à 30% lors des législatives partielles), il faudrait que trois candidats captent plus de 25% des voix pour se qualifier. Bref, n’y comptez pas, ce sera un face-à-face.

Mais au second tour, on se retrouve parfois enfermé dans des non-choix, à éliminer plutôt que de choisir. Le PS qui avait appelé à voter Philippe Richert (LR) lors des régionales en décembre alors que son candidat se maintenait en sait quelque chose. Il est donc d’autant plus important d’adresser son message politique dès le premier tour, où toutes les formations sont représentées, et tenter de qualifier le candidat que l’on souhaite au second tour.

4 – Des répercussions locales

Le candidat PS, Éric Elkouby, s’est toujours posé en « héritier » d’Armand Jung député depuis 1997. Ancien suppléant et attaché parlementaire d’Armand Jung, il lui avait déjà « succédé » au conseil départemental en 2011. Avec des petites réunions et des échanges directs à l’instar de son mentor, Éric Elkouby a tenté de personnifier le scrutin et de mener une campagne locale. Tout autre résultat qu’une victoire de l’adjoint des quartiers Koenigshoffen – Montagne-Verte – Elsau dans cette circonscription « à gauche » serait interprétée comme un désaveu de la politique locale du Parti socialiste, déjà secoué par la démission de deux ajointes, Mine Günbay et Souad El-Maysour, en avril.

À droite, c’est Jean-Emmanuel Robert, habitant de l’Elsau et délégué de la circonscription, qui fait office de candidat local pour « Les Républicains ». Dans l’équipe de campagne en 2002, directeur de campagne en 2007, suppléant en 2012 et aujourd’hui candidat, une défaite l’affaiblirait dans son camp pour la suite, lui qui a aussi subi des revers lors de deux élections départementales.

14 candidats pour un siège de député pour un an (photo Judith Durepaire / Rue89 Strasbourg)

14 candidats pour un siège de député pour un an (photo Judith Durepaire / Rue89 Strasbourg)

Mais dans cette élection ouverte, d’autres partis espèrent créer la surprise ou au moins peser dans le rapport de force local. Les écologistes, alliés du PS à la municipalité qui, aux régionales, comptaient pour 35% des voix de l’ensemble PS-EELV à Strasbourg. Le FN pourra jauger si son ancrage en zone urbaine progresse ou non. Le score de l’UDI, traditionnel allié de la droite qui cherche à s’émanciper, méritera aussi une attention particulière.

Enfin, le résultat des régionalistes d’Unser Land, (5,3% aux régionales sur la circonscription), maintenant que la réforme territoriale est définitivement adoptée, permettra de vérifier de la solidité ou non du mouvement. Le Front de gauche l’avait légèrement devancé (5,7%) en décembre. D’autres inconnues s’ajoutent à l’élection. Est-ce que le châtelain-économiste Guillaume d’Andlau, au parcours dans le milieu associatif et administratif, saura activer ses réseaux ? Le jeune parti communautariste Parti Égalité Justice aura-t-il mobilisé ?

5 – Des répercussions nationales

Mais cette avant-dernière élection législative partielle du quinquennat (une autre se déroule dans les Alpes-Maritimes aux mêmes dates et une autre dans l’Ain début juin) sera aussi scrutée en haut lieu. « À Paris, on pense l’élection favorable, mais si vous les faîtes mentir elle sera commentée », a prévenu le président de l’UDI député-maire de Drancy.

Une défaite du candidat PS dans une circonscription jugée favorable ne renforcerait pas la cote du gouvernement, qui a eu besoin de l’article 49-3 pour faire adopter la « loi travail » en première lecture. Côté droit, si le score de l’UDI est important, cela peut peser lors des négociations pour un accord électoral pour 2017, après les primaires de la droite en novembre. Tout comme le rapport de force entre le PS et les formations sur sa gauche (Europe Écologie, Front de gauche) peut compter dans l’optique de 2017.

Dans le rayon des surprises, le collectif « Ma Voix » et ses candidats tirés au sort dont le seul programme est de consulter les citoyens en ligne a fait de cette élection partielle une répétition générale avant les législatives de 2017. La démarche et son candidat atypique, Daniel Gerber l’ancien libraire au RSA, s’adressent aux déçus de la politique, qui ne se sentent plus représentés. Le résultat risque d’influer sur le dynamisme du mouvement.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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