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Coquillages, angelots, dorures… L’édition 2018 du Giboul’Off sera Rococo !
Culture 

Coquillages, angelots, dorures… L’édition 2018 du Giboul’Off sera Rococo !

par Mathilde Cornu.
Publié le 18 mars 2018.
Imprimé le 24 septembre 2021 à 07:19
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De jeudi 22 mars jusqu’au samedi 24 mars, le Collectif Off fêtera la marionnette (entre autres !) au festival Giboul’Off dans une ambiance déjantée avec pour thème pour cette année le Rococo. On vous donne un aperçu de l’édition 2018.

Pour la 14e année, la bande du Collectif Off s’installera dans et devant le Molodoï pour proposer trois jours de spectacle vivant, mais aussi de festivités, de rigolades et de belles surprises. Le festival, créé au départ principalement par des marionnettistes, s’ouvre également à d’autres disciplines, notamment un certain nombre de concerts et d’animations.

Le Collectif Off, créé en 2004 à Strasbourg, est une association collégiale composée principalement d’artistes et de techniciens du spectacle vivant qui organise des manifestations autour de la marionnette. Géré de manière bénévole, le collectif s’inscrit dans la reconnaissance d’une culture « émergente » et « alternative », mise en avant dans la particule « Off » de son nom.

L’esprit du Giboul’Off, c’est de soutenir l’émergence et la diffusion de nouvelles créations, en valorisant le réseau local dans une atmosphère facétieuse, comme l’expliquent les membres du Collectif Off. Ainsi Zoé Bouchicot, qui travaille sur la scénographie depuis deux ans :

« Déjà c’est savoir faire des choses ensemble collectivement, c’est aussi un certain esprit de déconnade, on est pas mal des potes, on est pas là pour se prendre trop au sérieux, on est là pour se faire plaisir et se marrer. C’est aussi chaque année des défis dingues, on met beaucoup d’énergie dans ce festival pour que ce soit chouette. On y passe énormément de temps mais on a envie de relever les défis qu’on s’est donnés et de faire quelque chose de grandiose, on n’a pas envie de faire les choses à moitié. »

Pour Sébastien Greder, un des organisateurs du festival :

« C’est un esprit multi-facettes à tous les niveaux, tout le monde a fait un peu de tout avec chacun ses préférences, un esprit DIY (do it yourserlf) dans la veine de la Semencerie, et bien sûr un esprit déconne dans un cadre et une gestion qui tend à être “pro”. »

Bande annonce de l’édition 2018 du Giboul’Off

« Le Rococo c’est le kitsch du XVIIIe siècle »

Tous les ans, le Giboul’Off plonge ses spectateurs dans une ambiance différente en métamorphosant l’intérieur et l’extérieur du Molodoï. Sébastien précise :

« Le thème pose l’ambiance du cadre du festival ; il permet de “théatraliser” l’événement et que le public entre dans un spectacle avant même de s’asseoir face à une scène. »

Après le thème du Péplum en 2016 et celui de 20 mille lieues sous les mers en 2017 arrive celui du Rococo, ou la naissance du trop, avec son lot de fioritures, de dorures, de couleurs… Pour Zoé Bouchicot, « c’est le kitsch du XVIIIe siècle » avant d’ajouter « quand il y en a trop, il n’y en a encore pas assez ! ». Marie Hattermann est marionnettiste et comédienne, elle participe également au festival depuis 5 ans. Le Rococo l’inspire :

« Un pied de nez au cérémonial solennel et rigoureux du Versailles du XVIIIe, c’est avant tout le plaisir raffiné des sens visant à faire de l’existence une continuelle satisfaction esthétique… Alors, vous imaginez, le Giboul’Off qui fait son propre rococo ? »

L’affiche de l’édition 2018, signée Thérèse Partiot et Gauthier Mesnil-Blanc, donne le ton !

Un petit avant goût des décors…

Tandis que Giboul’Off investira le Molodoï à partir de jeudi, à quelques mètres les décors prennent peu à peu forme dans les locaux de la Semencerie. Commencée il y a trois semaines, la scénographie regorge d’éléments kitsch récupérés, peinturlurés, sculptés, etc. par des membres du Collectif Off mais aussi des stagiaires ou bénévoles venus aider l’équipe. Cette année, la scénographie est prise en main par Zoé Bouchicot, elle explique:

« Pour les décors on utilise pas mal la récup’, entre autres des matériaux reçus à la Semencerie tout au long de l’année, mais aussi en discutant avec les gens ou en rencontrant des entreprises, on récupère des chutes, des invendus, etc. Cette année par exemple, on a pu avoir du polystyrène, ou un coquillage qui avait servi de décor, je crois, à l’opéra. Tous les ans, on est aidés par des bénévoles, cette année l’équipe est assez fixe, ce qui permet de bosser efficacement et aussi de mieux se connaître. »

Zoé Bouchicot pendant la confection des décors passe-tête (Photo: Julien Martin).

L’équipe scénographie s’attelle à tous types de confections : décors passe-tête inspirés du peintre Fragonard, rénovation d’un coquillage géant, sculpture d’un chapiteau ou d’un atlante dans un bloc de polystyrène, peinture de colonnes, etc. De quoi s’immerger dans l’ambiance kitsch et libertine du Rococo ! Pour le moment Zoé dévoile quelques éléments du décor :

« Les deux scènes seront décorées avec des colonnes surmontées de chapiteaux ou d’atlantes (cariatides masculins), il y aura des frises avec des motifs dorés, beaucoup de tissus à motifs, de drapés, de petites colonettes avec des angelots, des miroirs, des poupées, des fleurs… »

Deux atlantes sculptés dans des blocs de polystyrène (Photo: Julien Martin).

De belles rencontres artistiques

Qu’en est-il de la programmation des spectacles ? Pour son organisation, Sébastien Greder explique:

« On part sur un lot de spectacles que chaque membre a vu lors d’autres manifestations (Chalons, Aurillac, Charleville Mézière, Mima…), on profite de notre réseau local, national et international au travers d’actions auxquelles on participe également (Bateau des fous). Cette année par exemple, on aura un jeudi soir bien local avec des premières créations ; le samedi après-midi il y aura un spectacle sur le handicap (scolaire et jeune public) suite à une rencontre à Charleville Mézières, et la présence de notre invité espagnol Javier Aranda Gracia qui vient de recevoir un prix national en Espagne les trois soirs. »

Une programmation variée avec des propositions originales, comme le théâtre de chaussure de la Cie Les enfants sauvages qui propose un biopic décalé retraçant la vie d’Arthur Rimbaud. Amateur ou curieux du théâtre d’objet ? Il sera possible d’apprécier la Cie Bardaf et le Collectif CALM qui présenteront respectivement un spectacle sur l’apprentissage de la cuisine (Les Mains à la pâte) et les confidences d’une femme-enfant (Poser ses pieds sur un petit tapis).

Arthur à vendre (teaser)

À noter également, la présence de la Cie Sans faire de bruit, et son Spectacle clandestin, qui questionnent la forme théâtrale dans son rapport au spectateur. La Cie Valkyrira quant à elle offrira avec La Casserole un spectacle dès 6 ans sur la thématique du handicap et du regard des autres. Shérazade et compagnie, eux, nous transporteront aux côtés d’Ida, enfermée depuis 79 ans dans une maison avec La fille en papier.

La Casserole de la Cie Valkyrira « Anatole traîne toujours derrière lui sa petite casserole. Elle lui est tombée dessus, un jour, on ne sais pas très bien pourquoi. A cause de cette petite casserole, Anatole n’est pas tout à fait comme les autres… »

À ne pas manquer, le marionnettiste Javier Aranda, qui a reçu la mention spéciale du Festival International de Théâtre et Danse de Huesca pour son spectacle Paria, sera présent les trois jours du festival. Marie Hattermann déclare à ce sujet :

« Cette année nous avons le plaisir d’accueillir un virtuose espagnol, Javier Aranda Gracia, qui nous propose Vida et Paria, deux de ses spectacles solo. Niveau manipulation et jolies trouvailles, la barre est haute… Et pour le reste, venez donc apprécier par vous même, puisque chaque jour est différent… »

L’artiste Javier Aranda manipule les marionnettes du spectacle Paria.

Autour des spectacles, le Giboul’Off propose aussi des stands et animations variés, parmi lesquels Sébastien Greder cite entre autres :

« Un spectacle extérieur en caravane, une boum pour les enfants le samedi à 16h, autobox de l’enfer le même jour, le spectacle intimiste de Nadège Hélouin, une petite restauration et la célèbre friterie du Progrès le samedi! »

Et des concerts !

Enfin, qui dit Giboul’Off dit concerts. La marionnette se fête en musique, et cette édition ne dérogera pas à la règle, avec notamment les Jeanines, duo formé par Marie Hattermann et Pauline Vernier, et leurs chansons improvisées sur les mélodies du musicien Cristián Vergara Aguilar. Un mélange entre Brigitte et Dalida.

Le duo glamour et décalé des Jeanines (Photo: Nguyen Anza).

Il sera possible de faire la java sur la musique de la fanfare balkanique strasbourgeoise Duna Orkestar le samedi soir, venir rendre hommage à Johnny avec les Co Smet, et pour les fin de soirées, profiter des DJ sets de DJ Croquette, DJ Cuivre et Sangria et DJ Gazoline !

Duna Orkesta – Harmandali, Bolu Karsilamasi


Aller plus loin

Le programme : Giboul’Off 2018

Y aller

Festival Giboul'Off 2020
Lieu : Le Molodoï
Date(s) : Ve.27 de 19h à 2h, Sa.28 de 15h à 3h et Di.29 de 15h à 22h
Voir l'événement sur jds.fr

L'AUTEUR
Mathilde Cornu
Mathilde Cornu

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