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À la CTS, un appel à la grève les week-ends de décembre
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À la CTS, un appel à la grève les week-ends de décembre

par Thibault Vetter.
Publié le 19 novembre 2021.
Imprimé le 29 novembre 2021 à 01:21
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L’Unsa CTS a déposé un préavis de grève à partir du 4 décembre. Le syndicat majoritaire appelle les conducteurs à participer massivement au mouvement pendant les week-ends du Marché de Noël. Il dénonce l’absence d’amélioration des conditions de travail, malgré les engagements de campagne de Jeanne Barseghian.

“Les négociations avec la direction n’aboutissent sur rien de concret”, déplore Stéphane Daveluy, délégué syndical Unsa à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Ce jeudi 18 novembre, il vient de déposer un préavis de grève à partir du samedi 4 décembre :

“Nous appelons à concentrer la grève sur les week-ends, pour ne pas avoir trop d’impact sur les travailleurs et les étudiants en semaine. D’après les retours des collègues, la participation devrait être importante. Le pic de la mobilisation est prévu les 4 et 17 décembre. Notre objectif est qu’aucun transport ne soit assuré ces jours-là. Nous sommes conscients que ça dérangera, avec le marché de Noël. Nous n’avons plus que ça pour nous faire entendre.”

L’Unsa demande des embauches pour baisser la pression sur les conducteurs

L’Unsa, qui est le syndicat majoritaire dans l’entreprise, réclame trois mesures principales. Une augmentation de salaire de 150 euros pour tous les salariés, qui gagnent aujourd’hui entre 1600 et 2100 euros par mois. Une prime énergie de 200 euros pour l’année 2021, afin de compenser la hausse des prix. Surtout, l’Unsa demande 30 embauches nettes par rapport à la situation actuelle, afin de faire baisser la pression sur les conducteurs. La CTS a lancé un plan de 400 embauches “pour l’horizon 2025”, mais celles-ci visent à remplacer les départs en retraite et absorber les extensions prévues à cette date.

Le représentant du personnel explique :

“On nous demande une trop grande flexibilité. Plus de 300 personnes, soit un tiers de l’effectif, sont en réserve : ils connaissent les horaires de leurs journées la veille de leurs services, à 10h. Aussi, les rythmes de travail sont irréguliers. Certains conducteurs peuvent commencer un service à 4h du matin un jour, et finir un service à 1h15 du matin deux jours plus tard.”

Rue89 Strasbourg révélait déjà en janvier 2020, des données d’un rapport du CHSCT sur l’épuisement des salariés de la CTS : 36% des conducteurs de tram déclaraient s’être déjà endormis en service. “Entre temps, la situation ne s’est pas améliorée”, d’après Stéphane Daveluy.

L’Eurométropole est l’autorité organisatrice de la CTS. L’Unsa interpelle donc les élus écologistes. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

“C’est aux élus écologistes de prendre cette décision”

L’Eurométropole finance la CTS et fixe ses orientations. Lors du mandat précédent, la coalition gauche-droite avait voté des restrictions budgétaires, à hauteur de 5 millions d’euros d’économie sur le budget annuel de fonctionnement de l’entreprise. Justement, l’Unsa milite aujourd’hui pour que la nouvelle majorité à l’Eurométropole débloque des moyens inverses. Stéphane Daveluy rappelle que l’actuelle maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, s’était engagée à améliorer les conditions de travail à la CTS lorsqu’elle était candidate. Il détaille :

“Les 30 équivalent temps plein supplémentaires couteraient 1,5 million d’euros à la collectivité. La direction refuse pour l’instant, mais c’est aux élus écologistes de prendre cette décision. Nous avons envoyé une lettre à la maire de Strasbourg le 23 aout, pour exposer la situation, et lui rappeler ses promesses. Elle ne nous a jamais répondu. Nous souhaitons un rendez-vous avec elle.”

Selon l’Unsa, tous les jours, la CTS compte environ 120 absents. “La situation est alarmante”, s’inquiète Stéphane Daveluy : “Nous souhaitons des mesures, pas juste des annonces et des négociations. C’est urgent. Nous ne lâcherons pas le morceau”, annonce-t-il.

L'AUTEUR
Thibault Vetter
Thibault Vetter
enquête sur l'hébergement d'urgence, la grande précarité, les pollutions et l'industrie.

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