Moins de patinoire pour les écoles de Strasbourg, qui vont devoir payer le transport
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Moins de patinoire pour les écoles de Strasbourg, qui vont devoir payer le transport

Après qui va courir la grande mascotte de la patinoire de Strasbourg si les bambins ne viennent plus avec leur classe ? (Photo page Facebook de l'Iceberg)

Après qui va courir la grande mascotte de la patinoire de Strasbourg si les bambins ne viennent plus avec leur classe ? (Photo page Facebook de l’Iceberg)

Surprise à la rentrée dans les boîtes email des directeurs d’écoles, les déplacements vers la patinoire de Strasbourg sont subitement facturés à la charge des classes. Certaines ont réussi à maintenir un remboursement du déplacement pour cette année, mais beaucoup ont déjà annulé ce cycle sportif.

Le 4 septembre, les directeurs des écoles strasbourgeoises ont reçu une mauvaise surprise dans leur boîte email. À compter de cette rentrée scolaire, les déplacements vers la patinoire de Strasbourg, l’Iceberg, ne sont plus pris en charge par la Ville. Il en coûte désormais 84,15€ la sortie pour deux classes. La durée d’un cycle étant de 8 à 9 semaines, la facture se chiffre à 336,60€ la classe, soit environ 15€ par élève. Difficile pour les enseignants, qui se réjouissaient de proposer du patin à glace à leurs élèves, de demander cette somme aux parents dès septembre.

Le courrier de la Ville aux écoles

Des créneaux à la patinoire réservés en juin sur la base de la gratuité

Depuis son ouverture il y a bientôt neuf ans, et déjà par le passé à la patinoire du Wacken, ces activités à l’Iceberg permettent de proposer une activité physique qui permet de compenser la faible disponibilité des gymnases pour les écoles. L’Iceberg étant géré par une délégation de service public, les élèves des écoles de la CUS y entrent gratuitement. Jusqu’ici, les déplacements en bus étaient pris en charger par la « dotation transport » que la Ville de Strasbourg alloue à chaque école. Chaque commune de la CUS est libre de rembourser ou non les trajets vers cette structure.

Petit problème, en juin les classes ont eu l’occasion de s’inscrire à ces activités de patins à glace… sur la base de la gratuité du transport. Françoise Buffet, adjointe à l’Éducation de la Ville de Strasbourg reconnait que le timing est maladroit :

« La Ville fonctionne avec un budget à l’année, tandis que les écoles fonctionnent avec un planning qui correspond à l’année scolaire. Nous aurions dû prévenir plus tôt. »

Une économie pour faire face à la baisse de la dotation de l’État

L’économie espérée est chiffrée à 13 000€ pour l’année pour la Ville de Strasbourg. La suppression de cette dépense doit participer, avec d’autres économies budgétaires, au bouclage du budget de l’année 2014. Le motif invoqué est la baisse de la dotation de l’État aux collectivités territoriales. La Ville de Strasbourg tient à préciser que cet arbitrage n’a rien à voir avec la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, dont le budget est, pour l’instant, nul pour la CUS.

En effet, sur les 3,1 millions d’euros que coûte le dispositif, 1,8 millions vient de ce qui était destiné à des activités périscolaires déjà en place dans les ZEP strasbourgeoises, et 1,3 millions d’euros du fonds que l’État verse aux communes (50€/enfant) pendant les deux premières années pour faciliter la mise en place de la réforme. Françoise Buffet assume ce choix qui ne concerne pas la majorité des élèves :

« Cela ne concerne que 50 classes sur environ 1 000 (en comptant maternelle et primaire, ndlr). Pour 16 d’entre elles qui se sont manifestées, un fonds spécial a été mis en place pour qu’elles puissent maintenir leur engagement cette année. »

Un risque de voir la patinoire se vider de ses jeunes

L’aide exceptionnelle accordée à ces classes est estimé à 1 300€ par trimestre. L’adjointe au maire ignore si les autres classes avaient de l’argent restant pour honorer leur présence sur la glace, ont annulé ou mis à contribution les parents d’élèves.

Pierre Bertrand, conseiller pédagogique départemental en EPS, a également appris la nouvelle par le biais des chefs d’établissements début septembre. Lui qui coordonne le planning d’accueil des écoles, mais aussi l’aspect pédagogique de ces cycles sportifs indique des chiffres plus élevés que ceux de l’adjointe au maire :

« La patinoire accueille 180 classes de la CUS par an, dont une centaine de la Ville de Strasbourg. À ce jour, une cinquantaine de classes a déjà annulé. Certaines écoles avaient encore un peu d’argent et ont pu maintenir l’activité pour cette année, mais je n’ai pas encore toutes les réponses. D’autres établissements scolaires de la CUS, comme ceux de Lingolsheim ou d’Illkirch-Graffenstaden, reprennent certains créneaux abandonnés par les classes strasbourgeoises. »

Chaque année, l’Iceberg accueille environ 25 000 élèves, que ce soit du primaire, des collèges, ou des lycées. Pour un enfant de moins de 16 ans, il faut compter 4€20 l’entrée aux heures d’ouverture au public.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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