Les écologistes quittent à moitié la coalition gauche-droite à l’Eurométropole
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Les écologistes quittent à moitié la coalition gauche-droite à l’Eurométropole

En désaccord sur l’engagement insistant de Robert Herrmann en faveur le Grand contournement ouest, mais aussi sur d’autres dossiers, les 9 élus écologistes de Strasbourg et Schiltigheim prennent quelques distances avec la gouvernance de la coalition droite-gauche à l’Eurométropole. Ils rendent leurs fonctions décisionnaires, mais ne rejoignent pas l’opposition.

C’est une rupture à l’alsacienne. Sans claquement de porte, sans haussement de ton, sans regret… Mais les 9 élus écologistes (sur les 100 élus du conseil d’agglomération) prennent leurs distances avec la gouvernance de l’Eurométropole. Concrètement, le vice-président en charge de la transition énergétique Alain Jund et les trois conseillères déléguées (Jeanne Barseghian à l’économie sociale et solidaire et à la réduction des déchets, Marie-Dominique Dreyssé à l’hébergement d’urgence et Françoise Schaetzel à la qualité de l’air) redeviennent des élus et élues simples dans l’hémicycle.

« On ne peut plus faire le grand écart »

Jeanne Barseghian détaille les raisons de la rupture entre les écologistes et l’exécutif de l’Eurométropole (vidéo JFG / Rue89 Strasbourg)

Deux nouvelles délégations, à l’habitat innovant et au numérique solidaire devaient être créées pour les nouvelles élues écologistes schilikoises, la maire Danielle Dambach et son adjointe Andrée Buchmann. La maire de Schiltigheim a néanmoins rappelé que sa commune avait « des attentes fortes » envers l’Eurométropole, notamment pour rattraper les aménagements. Jusqu’ici les premières discussions avaient été positives.

Plus que le GCO, ce sont les mots employés par le président Robert Herrmann qui sont reprochés par les écologistes, qui prennent soin de rester à l’exécutif de la Ville de Strasbourg où ils estiment que le discours du maire, Roland Ries, est plus en retrait. Ainsi, il n’y a pas de changement au conseil municipal de Strasbourg.

Mais les Verts ne rejoignent pas l’opposition pour autant. Ce qui distingue la majorité de l’opposition est le vote de budget de la collectivité, ce qui met tous les groupes dedans, y compris l’ex-Coopérative ou les maires de seconde couronne, pourtant plus critiques. Seule une partie des élus de droite et quelques non-inscrits se démarquaient jusque là. « Attendons de voir ce budget 2019 », dit à ce sujet Jeanne Barseghian.

La réaction de Robert Herrmann

Président de l’Eurométropole, Robert Herrmann répond aux écologistes (vidéo JFG / Rue89 Strasbourg)

De son côté Robert Herrmann a minimisé l’impact de ces départs en rappelant que ce désaccord n’est pas nouveau. Il assume d’avoir « durcit le ton » en septembre suite aux slogans, voire aux insultes et menaces à son encontre dans les manifestations ou sur les réseaux sociaux.

Il maintient sa confiance avec les élus écologistes dans les représentations de la collectivité aux conseils d’administration de sociétés satellites de l’Eurométropole ou de réseaux nationaux d’élus (comme le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire par exemple) et souhaite toujours travailler avec eux.

À plus long terme, d’autres désaccords à venir concernent le dimensionnement de la future usine d’incinération (3 fours maintenus malgré les réductions de déchet) et un accès routier pour poids lourds par le nord, afin desservir le port autonome sans emprunter le GCO. Cet accès longerait la forêt de la Robertsau, qui devrait être classée réserve naturelle. Mais cela concernera sûrement une autre majorité.

Membre de la liste et des groupes écologistes, l’adjoint au maire à Strasbourg Éric Schultz estime que ce schisme était prévisible compte tenu de la composition de la coalition droite-gauche nouvelle en 2014, où il était possible de composer sans les écologistes.

Les conseillers délégués ne bénéficient pas d’indemnités supplémentaires (contrairement à ce qui se fait au conseil municipal). Les écologistes avaient surtout ciblé ces compétences au niveau de l’agglomération, plus en phase avec leurs programmes. Seul Alain Jund perdra donc sa rémunération supplémentaire.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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