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Été cour, été jardin aux Taps: les détails et le mode d’emploi
Culture 

Été cour, été jardin aux Taps: les détails et le mode d’emploi

par Marie Antoine.
Publié le 10 juillet 2013.
Imprimé le 15 août 2022 à 23:39
2 096 visites. 4 commentaires.

C’est presque une tradition : pas d’été à Strasbourg sans la saison estivale des Taps qui, en plus d’assurer une présence à l’heure où les autres rideaux restent clos, propose une belle brochette de spectacles gratuits. Été cour, été jardin, c’est du 16 juillet au 23 août.


Le saviez-vous?

L’expression côté cour / côté jardin au théâtre vient du XVIIème siècle et du palais des Tuileries où les spectateurs avaient à leur droite la cour du palais, et à leur gauche le jardin des Tuileries. Le « côté cour » désigne donc tout ce qui vient de la droite du spectateur, et le « côté jardin », tout ce qui vient de sa gauche. On utilisait également à l’époque les dénominations « côté du roi » (gauche) et « côté de la reine » (droit). Mais il était évidemment délicat de conserver ce moyen de repère après la Révolution…

Été cour, été jardin : mode d’emploi

Il y a les habitués qui ont déjà fait leur marché dans la programmation et rempli leur agenda, et puis il y a ceux qui n’ont pas encore franchi le pas. Pourtant, Été cour été jardin offre une vraie alternative estivale : une programmation entièrement gratuite et non pas des redites de la saison, mais des spectacles qui changent, orientés vers de nombreuses expressions musicales différentes.

Spectacles jeune public pour les têtes blondes, du vrai classique pour les puristes, des concerts pour les éclectiques et pour les inconditionnels du texte, les soirées « des mots en musique » mêlent la musique du son à celle du verbe, parfois du vers. Évidemment, avec une foison de spectacles de qualité sans avoir à débourser un centime, les Taps sont pris d’assaut. Pour en profiter, un seul mot d’ordre: ré-ac-ti-vi-té !

Le fonctionnement est simple : une semaine avant chaque spectacle, les places sont ouvertes à la réservation uniquement à la Boutique Culture, place de la Cathédrale. C’est le moment de sauter sur son vélo ou son téléphone sans attendre, pour réserver ses places, que l’on peut retirer le soir-même du spectacle, au plus tard 15 minutes avant les trois coups. Un conseil : réservez dès le premier jour et guettez le calendrier, ou c’est le rageant « c’est complet » est assuré. Quelques veinards auront peut-être la chance d’obtenir des billets sur place juste avant le spectacle, mais mieux vaut prévoir un plan B…

Les mardis : « Des mots en musique »

Tous les mardis à 20h30 au Taps Scala, « Des mots en musique » permet de découvrir des textes d’auteurs ou des créations sur fond de piano, de saxo ou de rock. Une manière souvent inédite de faire vivre les textes non théâtraux.

Beat It, retour sur l'insoumission de la Beat Generation. Crédits: Laure Isenmann.

Beat It, retour sur l’insoumission de la Beat Generation. (Photo Laure Isenmann)

On commence avec l’humour tendre de Mamie rôtie, le 16 juillet. Ce texte d’Yvan Corbineau sur la vieillesse, même s’il n’est pas un texte de théâtre au sens strict, a reçu les encouragements du Centre National du Théâtre. Le 23 juillet, place à Beat It : un montage de textes et une guitare électrique nous plongent en plein fifties et nous rappellent la révolte et les explorations de la Beat Generation, plus encline à toutes les formes de voyage qu’au consumérisme.

Le 30 juillet, éteignez vos cigarettes et bouclez vos ceintures pour Quand tu pilotes un Boeing, une création originale survolant toutes les fascinations liées à l’avion. Témoignages de passagers, anecdotes et confessions de professionnels… autant de peurs, d’envies, de voyages qui répètent ou complètent le rêve d’Icare.

Le 6 août, la cie Le bruit qu'ça coûte nous raconte la solitude de Bartelby le scribe. Crédits: Isabelle Lechner.

Le 6 août, la cie Le bruit qu’ça coûte nous raconte la solitude de Bartelby le scribe. (Photo Isabelle Lechner)

Le 6 août, la cie Le Bruit qu’ça coûte adapte le Bartleby de Melville, celui qui « would prefer not to » – encore un misanthrope – face à qui se dresse son employeur, le narrateur, qui s’est fait un devoir de comprendre les hommes. Deux solitudes accompagnées d’un saxophone et d’une contrebasse.

Le 13 août, Sur les chemins de glace raconte l’étonnante histoire du cinéaste Werner Herzog: apprenant que son amie est très malade, il décide de partir de Munich pour la rejoindre à Paris, convaincu que s’il voyage à pied elle survivra. Entre jazz, impro et rock, c’est ce touchant journal de marche que le comédien Jean Lorrain nous fera découvrir. 

Le 20 août enfin, la Flash Cie, avec Les femmes de Proust, dresse le portrait de toutes ces dames, enseignes vivantes d’une époque et d’un milieu, qui traversent La Recherche du Temps perdu et cristallisent l’humour et la satire subtile du grand Marcel.

Les mercredis : « soirées classiques »

Toujours au Taps Scala, toujours à 20h30, les mots en moins, pour les amateurs de musique de chambre.

L’ensemble Artefact ouvre la danse le 17 juillet avec Couleurs Intimes, un florilège des chefs-d’œuvre de la musique de chambre (Debussy, Janacek, Brahms), pour clarinette, violoncelle et piano. Le 24 juillet, la soprane Cécile Bonnet et Kevin Tamanini au piano rendent Hommage à Britten, Poulenc et Wagner, entre autres.

De Bach à Bartok, ou comment dépasser le clivage entre savant et populaire. DR

De Bach à Bartok, ou comment dépasser le clivage entre savant et populaire. (doc remis)

Le 31 juillet, avec De Bach à Bartok, le duo piano-flûte La Strasda met en lumière les sources populaires de la musique « savante »: folklore hongrois chez Bartok, mazurkas chez Chopin ou morceaux à danser de Bach. Le 7 août, le duo Jost/Costa rend un hommage original à Poulenc avec Mes Maîtres et mes amis, portrait en creux du compositeur grâce à un tour d’horizon de ses compositeurs préférés: Schubert, Ravel, Strasvinski…

Le 14 août, Passion-Méditation se dessine comme un itinéraire contrasté, de Schumann à Pärt, en passant par Berlioz et Rachmaninov, confrontant le tourbillon des émotions humaines à la sérénité. Enfin, le 21 août, Voyages, Gens du voyage nous emmène vers l’ailleurs avant la rentrée, avec des mélodies écrites à partir de poèmes évoquant les rêveries du voyage : Duparc à propos de Baudelaire, Berlioz à partir de Gauthier, Britten composant sur les Illuminations de Rimbaud, avant de s’en remettre aux promeneurs tsiganes.

Les jeudis : « spectacles jeune public »

Seuls spectacles sur la scène du Taps Gare, les pièces jeune public – souvent accessibles dès 3 ans – sont programmées tous les jeudis à 17h, entre le goûter et l’heure du dodo.

Dis c'est quoi je t'aime? Une grande question pour les petits spectateurs. Crédits: Frédéric Langel

Dis c’est quoi je t’aime? Une grande question pour les petits spectateurs.  (Photo Frédéric Langel)

Le 18 juillet, c’est la cie La Grande Ourse qui s’y colle avec Il y a quelqu’un dans le vent, un poème visuel et sonore extrait du Terraqué de Guillevic, où le paysage devient miroir de l’âme, balayé par le vent ou baigné de soleil. Le 25 juillet, le Théâtre de la Luciole pose une question de poids : Dis, c’est quoi je t’aime ? Une histoire de musique, de marionnettes, de saltimbanques désargentés et d’un petit orphelin qui enchante le monde par son regard tout neuf.  

Le 1er août, la cie Lalitude/Atrium fait son cirque, son Cirk’alors ! Dans un univers où tout devient possible, la performance se mêle à la poésie, les sacs plastiques à la jonglerie, la musique à l’humour. Le 8 août, c’est théâtre d’ombres et musique, par la bien nommée cie La Loupiote. Avec De Bric et de Broc, la vieille Rosalie fera la connaissance des petits lutins ses voisins, et leurs confiera une mission: sauver la dernière fleur du terrain vague avant que celui-ci ne devienne un parking.

Le 15 août, la cie du Gourbi Bleu nous présente son Bazar, bazar à jouets de M. Dubazar, qui doit mettre la clé sous la porte. Shatzy, sa fille, attend quant à elle la fin des vacances et surtout de grandir. En attendant, elle joue, elle rêve et s’impatiente.  Le 22 août, dans Zéro, histoire d’un nul, Momo nous raconte son enfance de cancre, lui qui collectionnait les zéros, et plus particulièrement cette fameuse journée de concours de mathématiques où il a fait connaissance avec Zéro, le vrai. De l’Inde au Moyen-Age chrétien, c’est un véritable aventurier que Momo découvre, entre cirque et théâtre.

Les vendredis : concerts tous azimuts

A 20h30 tous les vendredi, le Taps Scala devient une vraie salle de concert et fait voyager aux quatre coins du monde et des styles.

C’est au plus alsaciens des troubadours de la chanson française d’ouvrir ce chapitre musical le 19 juillet : Jean-Marie Koltès, 39 ans de carrière au compteur. Après un passage au caveau du Scala en janvier, il revient avec ses amis : Nicole Mouton, Sarah Eddy, François Smoll, Claude Lergenmuller, entre autres. Le 26 juillet, place au tango argentin avec Graciela Pueyo Quartet. Au programme, des compositions originales qui revisitent les tangos traditionnels, mais aussi des rythmes de valses, de milonga ou de candombe, histoire de profiter d’un séjour express en Argentine.

Le 2 août, le Grégory Ott Trio présente Chrome, son troisième album. Entre classique et pop, le jazz se fait plus expressionniste, enrichi d’une vaste palette de couleurs et d’émotions, ainsi que l’amorçait le précédent album OjeadaLe 9 août, la cie La Dévoreuse nous mène sur un itinéraire musical entre jazz, chanson française, « salmigondis et improvisades », où l’imaginaire et l’utopie retrouvent leur droit et nous rappellent, à l’instar du titre du concert, qu’On ne sait rien de la seconde qui vient.

Place Klezmer nous amène en Amérique, là où la musique klezmer s'est perpétuée. Crédits: Gauthier Mesnil-Blanc

Place Klezmer nous amène en Amérique, là où la musique klezmer s’est perpétuée. (Photo Gauthier Mesnil-Blanc)

Le 16 août, Place Klezmer, groupe strasbourgeois, nous transporte comme à son habitude en Europe centrale, pays de la musique Klezmer. Mais cette fois, direction l’Amerika!, second album du groupe, où nombre de musiciens klezmer ont poursuivi l’histoire de cette musique entre rires et larmes. Le 23 août, Eté cour, été jardin se clôturera avec un concert au titre bien choisi à quelques jours de la rentrée: Idées noires, idées blanches, par la Cie des Belettes, qui revisite quelques grands noms et grands moments de la chanson française, de Vian à Lapointe. Humour noir, textes grinçants, ils remuent le couteau dans la plaie du désenchantement, pour mieux goûter la vie !

Y aller

Programme disponible sur l’agenda des sorties. Voir ici pour les spectacles au Taps Gare et ici pour ceux au Taps Scala. Voir également le site web www.taps.strasbourg.eu. Réservation indispensable et uniquement à la Boutique Culture, place de la cathédrale, ouverte du mardi au samedi de 12h à 19h, ou au 03 88 23 84 65.

L'AUTEUR
Marie Antoine
Marie Antoine
Pas d'école de journalisme, mais un master en lettres modernes, un énorme goût des mots et une curiosité qui fuse tous azimuts. Surtout lorsqu'il s'agit d'art... Vous en prendrez bien une tranche?

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