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Vendredi et samedi, le festival « Plaine Débouchée » allie passé industriel et présent festif
Culture 

Vendredi et samedi, le festival « Plaine Débouchée » allie passé industriel et présent festif

par Caroline Alonso.
Publié le 31 mai 2018.
Imprimé le 23 septembre 2021 à 04:56
3 014 visites. 1 commentaire.

Près de 150 artistes se mobilisent dans une rue de la Meinau à Strasbourg vendredi 1er et samedi 2 juin à l’occasion de la toute première édition du festival « Plaine Débouchée. » Concerts, ateliers et rencontres avec les artistes qui peuplent les lieux, avec en toile de fond l’histoire et l’architecture de ces bâtiments au passé industriel.

Vendredi 1er juin et samedi 2 juin, l’industrieuse plaine des Bouches, dans le quartier de la Meinau à Strasbourg, accueille un tout nouveau festival : « Plaine Débouchée. » Ce sont les quelque 150 artistes qui occupent les anciennes usines Junkers et Colodor qui ont choisi de se faire connaître et de s’emparer de la rue du Maréchal-Lefebvre pendant deux jours. Une scène intérieure ainsi qu’une scène extérieure accueillent plusieurs concerts et performances.

L’idée du collectif « Plaine Débouchée, » créé pour l’événement, c’est de contribuer à changer l’image du quartier, souvent vu comme une succession d’entreprises industrielles et donc guère vivant.

Faire revivre la mémoire ouvrière

Les organisateurs du festival souhaitent donc mettre en avant l’histoire des deux sites industriels qu’ils occupent, notamment en valorisant l’architecture de ces deux anciens sites de production. Ce quartier est identifié dès 1321, lorsque les bouchers sont autorisés par Strasbourg à faire paître leur bétail dans la plaine qui deviendra ensuite la « Metzgerau » (la plaine des Bouchers).

L’usine Colodor rebaptisée Colod’art date de 1927 et fut construite pour la société Georges Lesieur et Fils. Le site strasbourgeois était principalement destiné au conditionnement et à la distribution des produits Lesieur. Puis, c’est le fabricant de colorants alimentaires Colodor qui a investi l’immeuble. L’artiste Patrick Bastardoz a ensuite été le premier, il y a plus d’une dizaine d’années, à s’installer dans ce bâtiment, devenu Colod’art en 2007. Depuis, de nombreux artistes l’on rejoint et près de huit ateliers ont été aménagés.

Le bâtiment de l’ancienne usine Colodor. (doc remis)

Le site Junkers a lui été réquisitionné au début de la Seconde Guerre mondiale par la firme éponyme, qui fut l’un des principaux constructeurs d’avions d’Allemagne. On y conduisait des essais de moteurs de bombardiers et d’avions de chasse, ce qui explique son allure imposante. Depuis 1993, l’édifice est classé monument historique. L’ancienne usine nazie, abrite maintenant une vaste pépinière artistique.

Les anciennes usines Junkers à Strasbourg (Photo Archi-Wiki / cc)

Les anciennes usines Junkers à Strasbourg (Photo Archi-Wiki / cc)

Pour faire le lien entre les multiples « vies » des ces bâtiments et permettre aux visiteurs de décoder leur architecture, des visites guidées sont proposées, le samedi après-midi à chaque demi-heure par des résidents et des architectes.

La compagnie Mémoires Vives, qui élabore des spectacles qui traitent de l’histoire des territoires et des habitants, sera aussi présente pour mettre en avant cette notion de mémoire collective.

« Ce ne sont pas des Ateliers Ouverts bis »

Pour Nathalie Noulette, membre du collectif « Plaine Débouchée », il est important que la convivialité soit de mise et que les résidents coopèrent et renforcent leurs liens au fils des années :

« L’idée, c’est de faire ensemble. On veut que les résidents puissent créer des synergies avec des projets communs. Ce ne sont pas des “ateliers ouverts bis” où un artiste présente individuellement son travail… »

Logés dans l’immeuble Junkers, on retrouve notamment l’atelier d’artiste M33, l’Envolée studio, La Clandestine avec l’école de la danseuse burlesque Luna Moka, L’espace l’art en Contre, ou encore Les Sons de la Rue qui promeut la culture hip-hop depuis près d’une vingtaine d’années. En face, le studio d’animation Animallion, l’artiste peintre Patrick Bastardoz, la designer et artisan bijoutier Leslie Baron, le peintre-graffeur Dan23 ou encore le groupe de garage stoner rock These Butchers Will Kill You, résident quant à eux à Colod’art.

Les artistes et créateurs des deux sites animeront un village et plusieurs stands au cœur de la rue Maréchal-Lefebvre. La programmation propose des concerts et des performances variées, allant de la danse burlesque au cirque, en passant par une exposition de photos aériennes. Une vidéo de mapping réalisée par Animallions spécialement pour l’occasion sera projetée sur la façade du bâtiment Colod’art au cours des deux soirées du festival.

Petit aperçu du travail de mapping du studio Animallions ! que les visiteurs pourront découvrir les vendredi et samedi soirs. (Photo : doc remis)

Les participants de la soirée du vendredi pourront également assister à une démonstration de danse aérienne du studio l’Envolée alors que l’artiste Patrick Bastardoz réalisera de son côté une vaste peinture en direct.

Parmi les concerts prévus, citons Les Bibouches, un groupe de rap surprenant du Neuhof, composé de deux petits garçons et de leur maman et passé dans l’émission « La France a un incroyable talent, » vendredi après 21h.

Les Bibouches, un groupe familial du Neuhof, très à l’aise sur les réseaux sociaux et pour mettre tout le monde d’accord.

Pour se restaurer, les organisateurs ont prévu une « cantine ouvrière, » avec de grandes tables où seront servies des tartes flambées, des tartines ou encore du jambon à la plancha.

Y aller

Festival Plaine Débouchée
Lieu : La Clandestine
Date(s) : Du Ve.1 au Sa.2 Le 1 juin de 16h à 21h Le 2 juin de 9h30 à 21h
Voir l'événement sur jds.fr

L'AUTEUR
Caroline Alonso
Caroline Alonso

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