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Les Local-trotters vous font découvrir Strasbourg comme à des potes
Société 

Les Local-trotters vous font découvrir Strasbourg comme à des potes

par Nathalie Moga.
Publié le 4 août 2013.
Imprimé le 28 novembre 2021 à 12:03
6 484 visites. 14 commentaires.
Olivier, 32 ans, est votre guide aujourd'hui ! (Photo Nathalie Moga/Rue89 Strasbourg)

Olivier, 32 ans, est le guide du jour (Photo Nathalie Moga / Rue89 Strasbourg)

Les Local-trotters, par opposition aux Global-trotters, sont des personnes passionnées par leur ville. Ils la font découvrir aux curieux gratuitement, avec le souci de partager leur savoir et leur regard. Marque déposée strasbourgeoise, le concept de Local-trotters commence à s’exporter ailleurs sur la planète. Petite visite décontractée avec Olivier, notre guide du jour.

Les Local-trotters, c’est une équipe de quatre Strasbourgeois qui ont deux passions : le partage et Strasbourg. Fondée par Xavier, un entrepreneur de 28 ans désormais expatrié au Québec (mais qui gère toujours l’affaire d’outre-Atlantique), l’activité est entièrement bénévole. Le but est de faire découvrir Strasbourg aux touristes intéressés par une visite gratuite, mais également aux Strasbourgeois eux-mêmes.

Et pour cause. Nombreux sont ceux qui ne savent pas pourquoi la cathédrale n’a pas de deuxième flèche. Ou encore que l’Hôpital civil abritait dans le passé dans ses sous-sols une salle de dissection secrète. Olivier, notre guide, est au taquet sur ces sujets. Il fait partager son savoir à des groupes de moins de dix personnes, environ une fois par semaine. Ses visites durent en moyenne trois heures. “Ni trop, ni trop peu”, explique le Local-trotter.

Un guide, un regard

Selon les guides et les envies, les visites changent du tout au tout. Chacun d’entre eux a sa sensibilité et ses connaissances. Les parcours se dessinent en fonction des intérêts personnels et des regards respectifs. Si, souvent, les visiteurs souhaitent voir la cathédrale, la Krutenau et la Petite-France, les demandes varient parfois. Olivier raconte que la plus longue balade organisée a duré huit heures : “Des Australiens qui voulaient, disaient-ils, tout, tout voir !”

Petite astuce pour voir la seconde flèche de Notre-Dame de Strasbourg. (Photo Nathalie Moga/ Rue89 Strasbourg)

Petite astuce pour voir la flèche fantôme de Notre-Dame de Strasbourg (Photo Nathalie Moga/ Rue89 Strasbourg)


A chaque statue son anecdote

Le programme est calé. Rendez-vous place Gutenberg, à 17h30, où Olivier explique pourquoi l’inventeur de l’imprimerie est ici statufié. “Il aurait eu son idée en Alsace, sur la Route des vins, inspiré par les pressoirs à raisin.” Petits détails et informations historiques de base, tout y passe. La cathédrale est le plus long arrêt de la visite, chaque sculpture ayant son anecdote.

Le guide invite les visiteurs à caresser le chien de Geiler, sculpteur de la chaire de la Cathédrale. On dit que cela porterait bonheur (Photo Nathalie Moga/ Rue89 Strasbourg)

Le guide invite les visiteurs à caresser le chien de Geiler, sculpteur de la chaire de la cathédrale. Selon la légende, cela porterait bonheur (Photo Nathalie Moga / Rue89 Strasbourg)

“Nous ne sommes pas des guides professionnels, mais nous devons être capables d’apporter des informations historiques sur notre ville, c’est ce qu’on attend de nous.”

Faire le guide, Olivier y a pris goût parce qu’il fait partie de la communauté des Couch Surfers, ces internautes-voyageurs qui n’hésitent pas à se prêter des bouts de canapés durant leurs haltes respectives, sans contre-partie financière :

“Le but c’est de rencontrer des gens et de partager. En faisant visiter Strasbourg aux personnes que je recevais, je me suis rendu compte qu’il y avait plein de choses que je ne savais pas sur ma ville. C’était assez frustrant. J’ai donc commencé à potasser son histoire, pour mieux informer mes visiteurs.”

Attirer les associations et les centres de personnes en difficulté

Mais le déclic d’Olivier n’a pas été le Couch Surfing. Alors que ses parents lui rendent visite, le jeune homme est trop occupé pour arpenter les rue de Strasbourg avec eux. Il les confie alors à un guide Local-trotter.

“Ils ont beaucoup apprécié cette visite et ne m’en ont dit que du bien. Ça a attisé ma curiosité. Pas mal de personnes, originaires de Strasbourg, se retrouvent à suivre un Local-trotter après avoir envoyé leurs amis ou famille au préalable. Ils découvrent alors plein de choses sur leur propre ville.”

Si en été les “clients” des Local-trotters sont souvent des touristes, le reste de l’année la proportion de Strasbourgeois et de non-Strasbourgeois est équivalente. À terme, les Local-Trotters aimeraient attirer les écoles, les associations, notamment de personnes marginalisées qui n’ont pas l’occasion de voir leur propre ville.

“Nous ne sommes pas des Greeters”

Même s’ils s’entendent bien avec eux, les Local-trotters insistent sur le fait qu’ils ne sont pas des Greeters, ce mouvement de bénévoles né à New York, faisant visiter quartiers et recoins urbains de manière insolite et originale. Ces derniers n’existent pas à Strasbourg, mais seulement à Mulhouse et Colmar.

Si les concepts se rejoignent, Olivier explique que la charte des Local-trotters est “plus souple”. Exemple : si vous invitez le guide à boire un verre en fin de parcours, il ne dira pas non. Contrairement aux Greeters, qui se font une règle de ne rien accepter des personnes qu’ils baladent.

Le concept Local-trotter est né en Alsace, mais s’exporte aujourd’hui avec ses guides. Son fondateur le pratique au Québec et une ancienne guide, Dominique, l’a lancé à Boston. Les visites sont disponibles en français, anglais, allemand, espagnol et peut-être bientôt en iranien. Pour local-trotter, il suffit de les contacter via leur blog. Le reste se fera au feeling…

L'AUTEUR
Nathalie Moga
Nathalie Moga
Originaire d'Alsace, je viens de terminer deux années d'études à l'École de Journalisme de Grenoble. De retour à dans la région, je suis à la rédaction de Rue89 Strasbourg pour l'été.

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