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Au lycée Jean-Monnet, « le rectorat enlève leur chance de réussir aux élèves les plus fragiles »

Devant le rectorat, jeudi 12 février, des dizaines d’enseignants et enseignantes ont dénoncé la fermeture à venir de deux classes. Militante du syndicat SNES-FSU, Coline de Dadesden anticipe la fin de l’accompagnement des élèves les plus en difficulté.

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Au lycée Jean-Monnet, « le rectorat enlève leur chance de réussir aux élèves les plus fragiles »
Coline De Dadelsen, professeure de sciences économiques et sociales au lycée Jean Monnet et militante du SNES-FSU.

« Jean-Monnet en colère ! » Jeudi 12 février, des dizaines d’enseignants et enseignantes ont manifesté devant le siège du rectorat. Au cœur de leur mobilisation, une annonce tombée la semaine précédente : l’établissement va perdre 90 heures d’enseignement hebdomadaire à partir de l’année scolaire 2026-2027. « Une saignée », selon la professeure de sciences économiques et sociales (SES) Coline de Dadesden. La militante du syndicat SNES-FSU déplore le poids disproportionné que porte le lycée Jean-Monnet dans les économies recherchées à l’échelle de l’académie de Strasbourg :

« Dans le Bas-Rhin, le rectorat supprime 715 heures par semaine pour tous les établissements. Le lycée Jean-Monnet, qui connaît les difficultés des établissements classés politique de la ville, prend plus de 10% des heures supprimées. 90 heures hebdomadaires, ce sont les heures pour deux classes. En les supprimant, le rectorat met fin à la possibilité de faire cours en demi-groupe et aux classes moins surchargées. Le rectorat enlève leur chance de réussir aux élèves les plus fragiles. »

Des conditions de travail « déjà mauvaises »

Derrière l’enseignante, une quarantaine de collègues manifestent. Signe d’une communauté prête à défendre ses moyens d’enseignement, le préavis de grève pour le jeudi 12 février a été déposé très rapidement après l’annonce de la baisse du nombre d’heures. « À Monnet, explique Coline de Dadesden, on a la chance d’avoir une communauté très soudée et motivée pour que les élèves réussissent. Mais sans moyens de faire notre travail, on se retrouve dépités. »

À quelques pas, Alice (le prénom a été modifié) explique, sous la pluie, les raisons de sa mobilisation. La professeure de français décrit des « conditions de travail déjà mauvaises, entre les violences verbales et parfois physiques de certains élèves, et les difficultés d’apprentissage d’autres lycéens. La plupart de mes collègues sont déjà à bout. » La manifestante dénonce aussi une décision injuste : « Nos seuls moyens, c’est du temps d’enseignement, pour avoir des demi-groupes et des classes moins chargées. Malgré tout, le rectorat coupe là où il y a déjà des difficultés. »

Les représentants syndicaux du lycée Jean-Monnet ont rencontré le recteur Olivier Klein lundi 9 février. Le maire et candidat à sa propre succession à Clichy-sous-Bois n’a fait aucune promesse aux enseignants et enseignantes. Ces derniers demandent que la réduction du nombre d’heures hebdomadaires passe de 90 à 55 heures supprimées.


#lycée Jean Monnet

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