« Au regard du contexte actuel et des éléments dont nous disposons, cette mobilisation suscite une très vive inquiétude. » C’est ainsi que Jeanne Barseghian commence sa lettre adressée au préfet du Bas-Rhin ce vendredi 20 février. Elle lui « demande solennellement d’examiner la possibilité d’interdire [la] manifestation […] suite au décès tragique de Quentin Deranque, que certains groupuscules cherchent à instrumentaliser ».
La maire écologiste de Strasbourg cite « les appels relayés sur les réseaux sociaux qui laissent présager la participation de militants issus de mouvances d’extrême droite locales et extra-régionales ». Le rendez-vous est fixé devant Sciences Po dimanche 22 février à 15h. C’est Lisy Spengler, responsable de l’UNI Strasbourg, qui a lancé l’appel en son nom. Des membres de ce syndicat étudiant ont récemment exposé son rapprochement avec l’extrême droite par un salut nazi et la diffusion d’images sexistes et antisémites.
Risque pour l’hôpital ?
La militante a affirmé à nos confrères des DNA que des membres des LR, du RN, de Reconquête, de l’UNI, de Némésis, de la Cocarde étudiante ou encore de l’Action française devraient être présent·es. « À cela s’ajoute la tenue, le même jour, de la rencontre sportive entre le Racing club de Strasbourg et l’Olympique Lyonnais », poursuit la maire :
« La présence annoncée de supporters lyonnais, conjuguée à une mobilisation à caractère politique fait craindre des phénomènes de convergence et des risques accrus de débordements, d’affrontements et de troubles graves à l’ordre public. »
Jeanne Barseghian rappelle enfin que « le rassemblement est prévu à proximité immédiate d’un site hospitalier majeur, accueillant notamment des services d’urgence. La configuration des lieux rend toute maîtrise des flux particulièrement délicate et fait peser un risque sérieux sur la continuité du service public hospitalier, la sécurité des patients et des soignants ». Elle conclut sur le fait que « la violence et les logiques d’intimidation n’ont pas leur place » à Strasbourg et invite l’État à « mobiliser l’ensemble des moyens dont [il dispose] afin de garantir la sérénité de la ville ce week-end ».
Mais la préfecture du Bas-Rhin n’entend pas suivre cette recommandation de la maire comme elle l’annonce à Rue89 Strasbourg : « Quant à présent, il n’y pas d’éléments objectifs pour interdire cette manifestation statique à laquelle une centaine de personnes devrait participer. Les forces de l’ordre seront naturellement vigilantes. »
Des messages de prévention circulent sur les boucles militantes de gauche : « Forte mobilisation de l’extrême droite prévue ce dimanche 22 février à 15h à Strasbourg. Zone ciblée : Sciences Po – Campus de l’hôpital Civil. Ne restez pas seul.es si vous habitez dans les alentours. Alertez vos proches, voisin.es, commerçant.es, les personnes qui ne sont pas sur les réseaux, les personnes cibles du racisme et de l’islamophobie. »


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