Mobilisation pour une famille angolaise de Strasbourg placée en centre de rétention
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Mobilisation pour une famille angolaise de Strasbourg placée en centre de rétention

La famille Muatepeta vivait sans papier à Strasbourg depuis mai 2019. Les enfants d’Ana y étaient scolarisés. Ils ont été arrêtés à l’aéroport de Entzheim le mardi 28 janvier pour être expulsés au Portugal, leur pays d’entrée en Union Européenne. Des proches se mobilisent pour l’aider à sortir du Centre de rétention admninistratif de Mesnil-Amelot.

La famille Muatepeta, d’origine angolaise, vivait en France depuis mai 2019. Mais Ana, la mère, et ses 3 enfants ont été sommés de suivre la procédure de Dublin en juillet 2019. Ils devaient donc retourner au Portugal, leur pays d’entrée en Europe, pour y déposer leur demande d’asile. Mardi 28 janvier, la famille angolaise a été arrêtée à l’aéroport d’Entzheim pour être envoyée à Paris. Ils ont été placés en centre de rétention administratif (CRA) de Mesnil-Amelot 2 (Seine-et-Marne).

Mobilisation dans l’entourage de la famille

Le troisième enfant d’Ana est né en France, il venait tout juste d’avoir 8 mois en janvier. Les enfants étaient scolarisés à Strasbourg depuis septembre 2019. Diego, l’aîné, était en classe de primo-arrivants au collège Louise Weiss au Neudorf et le benjamin, Crespo, allait à l’école primaire du Ziegelwasser.

Delphine Bernard, vice-présidente de l’association Sing’n Joy, a vu Crespo fréquenter sa chorale gospel. Touchée par le sort du petit de 6 ans, elle affirme vouloir saisir le Défenseur des droits : « Ce petit garçon a donné de la voix dans notre choeur et il a rempli nos cœurs de ses sourires. Nous voulons qu’il puisse revenir chanter à nouveau. »

La famille Muatepeta à Noël (Photo : Estelle Nothoff)

Pétition et cagnotte de soutien

Après 48 heures passées en centre de rétention administratif, le juge des libertés et de la détention devait décider si la famille Muatepeta pouvait retourner à Strasbourg, en restant assignée à résidence. Lors d’une audience du jeudi 30 janvier, il a été décidé qu’Ana et ses enfants resteraient en CRA le temps de son expulsion vers le Portugal. « Elle n’avait pas d’avocat puisque ces derniers sont en grève contre la réforme des retraites », regrette Delphine Bernard.

Depuis son arrivée dans le centre de rétention le 29 janvier, Ana n’a plus accès à son téléphone portable. Une pétition a été lancée pour alerter sur la situation de cette famille. Une cagnotte a été également été mise en ligne pour récolter des fonds destinés aux frais d’avocat, car Ana a fait appel de la décision du juge. Ce dernier a désormais 48 heures pour statuer.

L'AUTEUR
Buket Bagci
Buket Bagci
Apprentie journaliste en stage chez Rue89 Strasbourg de janvier à février 2020.

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