À l’école, des mômes en scène, émotions garanties
Papier, crayon, ciseaux
À l'école, on gagne un coup sur trois, on apprend le reste du temps.
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À l’école, des mômes en scène, émotions garanties

Le théâtre d’enfants se « monte » et se « joue » en fin d’année scolaire. Malgré la fébrilité parents et enfants l’aventure est riche en émotions partagées pour Maîtresse Charlotte, qui a initié sa classe. C’est aussi un type de projet efficace pour faire progresser des enfants dans le domaine des langages.

Cela commence paisiblement. La maîtresse ayant sélectionné un texte dialogué le fait lire, à plusieurs. Qui est qui ?

La classe recommence le jour d’après, et dans le groupe, on se répond d’un bout à l’autre de la classe , puis on cherche à faire les voix. L’humour trouve sa place, le comportement des personnages donne lieu à des commentaires. « Elle exagère », « quel menteur ! »

De la découverte d’un texte lu à plusieurs à la présentation face à un public

Peu à peu se dessinent des stratégies, s’asseoir à côté de celui à qui on donne la réplique, esquisser des gestes qui soutiennent le propos. Apporter quelques accessoires, un chapeau, un tablier, une valise ou une grosse loupe permet de relancer l’intérêt pour l’histoire qui se déroule.

Les enfants joueurs par définition, ont souvent leurs idées. « Et si on apportait un chat en peluche ? » Et c’est ainsi que la pièce se co-construit jour après jour.

L’exigence de la mémorisation et la nécessité de se projeter dans l’histoire

Mais voilà, après les premières lectures, vient le temps de monter sur les planches. Aie, aie, aie ! ¨Maîtresse, on va jouer sans la feuille? », « On ne peut plus lire ? » « Maîtresse, on va jouer devant LES PARENTS ! Oh la la ! »… Revoir son rôle fait régulièrement partie des devoirs. Le week-end, les parents donnent la réplique. C’est un travail de mémorisation réel mais motivant qui est demandé à l’élève.

Pendant la récréation, en surveillant la cour, il est amusant de voir, à l’écart, des groupes « qui s’entraînent ». Les fous rires sont fréquents. Comment se tient un détective ? Et la femme de chambre ? Et la vieille dame. La motivation est là, la dynamique de groupe est lancée. La confiance en soi, ça s’acquiert progressivement.

Maîtresse Charlotte aime organiser des représentations théâtrales interprétées par ses élèves (Photo Collectif Douze Mantes la Jolie / Flickr / cc)

Julie m’a avoué avoir observé attentivement sa grand-mère tout un dimanche afin d’ interpréter au mieux une dame âgée ! Patrick m’a raconté avoir répété la scène où il répond au téléphone dans un bureau, avec son père agent immobilier, . Il est devenu de plus en plus convaincant de répétition en répétition !

L’excitation monte lors de la répétition générale avec la découverte d’un « vrai public » et la nécessité de s’exposer. Eh oui, il faut articuler, parler assez fort, ne pas tourner le dos au public et apparaître au bon moment ! Tout un apprentissage fort utile par la suite.

Ce soir, on joue ! Le moment clé est cette demie-heure qui précède l’ouverture de la porte « AUX PARENTS ». Vérification de la place des accessoires, ordre d’apparition, dernières consignes, et enfin le cercle où l’on se donne la main pendant une minute pour partager l’énergie ! Comme chez les Grands !

Émotions garanties, émotions partagées

Les enfants que le trac paralyse ou ceux qui ont une folle envie de se lancer, sont traversés par l’émotion. Les parents, dont les yeux pétillent de fierté filment avec persévérance. Ils espèrent qu’il « saura son texte », qu’ils ont répété à la maison.

Pour le choix des pièces, je puise dans le répertoire contemporain du XXè siècle : L’inspecteur Toutou de Pierre Gripari, ou l’art de revisiter les contes traditionnels pour s’en amuser ou encore Une chaussure dans le beurrier, une enquête policière humoristique de Michel Piquemal. On ne joue que des extraits, des scènes mémorisables par des enfants de 9 ans.

Quant à la maîtresse, en embuscade dans les coulisses, il lui arrive de verser une petite larme quand le jeu est juste et la motivation palpable.

Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agisse du langage du corps ou du langage verbal, la préparation et la participation à du théâtre d’enfants est un formidable moyen de les faire progresser rapidement dans une société où la maîtrise de la communication est essentielle.

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L'AUTEUR
Maîtresse Charlotte
Maîtresse Charlotte
Professeur des écoles, j'adore les enfants en fait. Mais si, vraiment.

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