Municipales : Le Parti socialiste se lance, en présence de Roland Ries
Politique 

Municipales : Le Parti socialiste se lance, en présence de Roland Ries

Toute la famille socialiste, le maire Roland Ries compris, était réunie pour lancer sa pré-campagne des élections municipales 2020 à Strasbourg, avec un questionnaire sur le bilan des deux mandats successifs. La question de la tête de liste doit être tranchée vers l’été.

Le parti à la rose se lance. Samedi 9 mars, un premier événement à la maison des syndicats devant une soixantaine d’élus et militants strasbourgeois a marqué le début de la campagne des élections municipales de 2020 pour le Parti socialiste.

Devant l’assemblée, les adjoints au maire de Strasbourg et vice-présidents de l’Eurométropole ont eu 3 minutes chacun pour présenter une photo des transformations de Strasbourg effectuées lors des deux mandats. La place Arnold, le quai des Bateliers ou le quartier de la Montagne-Verte ont ainsi eu le droit à un coup de projecteur.

Appel au sursaut militant

Dans son discours d’introduction Pernelle Richardot, première secrétaire fédérale et adjointe au maire, a rappelé ce qui a fait le succès des victoires passées : « Nous ne sommes pas des militants du clic », ce qui ressemble à une pique aux Marcheurs strasbourgeois, très actifs sur les réseaux sociaux. « Si Strasbourg a un maire socialiste, c’est aussi grâce aux militants qui ont su se mobiliser ».

Les militants socialistes sont donc sollicités pour débuter la pré-campagne en distribuant des questionnaires sur les marchés, les places et autres cages d’escaliers pendant deux mois. Le document permet de sélectionner les trois meilleurs politiques mises en place par Roland Ries et sa majorité, puis de dire ce qui aurait dû être fait différemment depuis 2008.

L’investiture officielle viendra ensuite. Les différents protagonistes évoquent souvent « l’été » comme le bon moment pour choisir la tête de liste, sur un mode qui reste à déterminer. Les militants locaux ont d’habitude leur mot à dire avec un vote, même si les confrontations internes sont parfois réglées en amont.

Les candidats se placent

Parmi les candidats déclarés, Philippe Bies a évoqué les transformations des places du Marché à Neudorf « où les voitures se garaient encore en 2008 » et du parc du Heyritz « le dernier parc créé depuis la Citadelle en 1970 ». Président de l’Eurométropole et volontiers candidat également, Robert Herrmann a quant a lui choisi la rue des Juifs piétonisée, en évoquant le défi de faire vivre ensemble « quatre générations ».

Quant à Mathieu Cahn, il a choisi de la rénovation urbaine à la Meinau, « un concentré des enjeux qui attend notre ville » à la fois « riche et inégalitaire », avec des sujets de mobilités, de développement économique et de préservation de la nature. Chacun a donc évoqué l’un des quartiers dont il a la charge. À l’applaudimètre, impossible de dégager l’un ou l’autre qui aurait les faveurs du public…

Le maire Roland Ries, qui est sorti du groupe socialiste au conseil municipal mais reste adhérent au parti, a quant à lui parlé des Deux-Rives. Alors qu’il ne se représentera pas, il a par le passé affirmé vouloir « jouer un rôle actif » dans la campagne, « jusqu’au dernier jour » de son mandat.

« Le maire soutiendra le candidat socialiste »

« Si le maire est là, j’en déduis qu’il soutiendra le candidat socialiste », glisse à ce sujet, non-sans malice, Mathieu Cahn. Pour l’ancien premier secrétaire fédéral, les départs d’élus et militants vers « En Marche » ou vers la gauche clarifient la situation :

« Ceux qui sont présents aujourd’hui ont les mêmes objectifs et valeurs. Je ne sais pas si ce sera plus simple de rassembler, mais ce sera plus clair. Ce qui fera la dynamique de campagne, ce sera le projet. »

Pour Robert Herrmann, la campagne interne au Parti socialiste est une première étape :

« Je continue de penser que le PS doit s’ouvrir. L’expérience que j’ai à la métropole, c’est que l’on peut partager des politiques avec des personnes du centre-droit, jusqu’à d’autres bords comme Syamak Agha Babaei (ex-PS). On voit que nous sommes tous sensibles sur l’environnement ou les mobilités… Pour réussir cela, il faut commencer à être unis nous-mêmes et d’accord sur le projet. Nous avons des nuances, mais elles ne sont pas insurmontables. »

« Envie d’être candidat, envie d’être unis »

À la tête d’une association de pré-campagne (Strasbourg Demain), Philippe Bies, compte bien s’insérer lui aussi dans ce schéma :

« Une page se tourne et il va falloir penser la ville autrement. Strasbourg Demain est une initiative parmi plusieurs. Il faut qu’elles puissent converger pour se rassembler du centre aux communistes. La contribution de Strasbourg demain sera prête vers juillet et sera complémentaire de celle du Parti socialiste, avec une approche moins partisane, mais plus thématique. J’ai envie (d’être candidat ndlr), mais j’ai aussi envie que nous soyons unis. »

Un peu détachée des affaires locales depuis qu’elle est trésorière nationale du Parti et investie dans la campagne des européennes, Pernelle Richardot pose un regard bienveillant sur les candidatures déclarées :

« Si elles servent le collectif, les initiatives individuelles ne me posent pas de problème. »

Dans un deuxième temps, le PS 67 compte s’ouvrir à d’autres formations comme « les écologistes » (qui lancent de leur côté un appel) ou « Generation.s. » dixit Pernelle Richardot :

« Le parti socialiste est central. Il n’est pas hégémonique, nous avons appris de nos défaites de 2017. Le projet socialiste est une chose, mais il faudra porter un projet plus global. Cela a d’ailleurs toujours été le cas et porté par les militants. »

Le résultat des élections européennes, avec des listes éparpillées à gauche, devrait donner un rapport de force entre les « étiquettes ». Réponse aux autres interrogations dans quelques mois.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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