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Pourquoi le Racing est à la cave
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Le football est ma religion, le Racing ma confession. Je ne suis pas baptisé, si ce n'est à la sueur de mes premières émotions de supporter. Déjà 20 ans que ça dure et ce n'est pas prêt de s'arrêter...
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Pourquoi le Racing est à la cave

par Paolo.
Publié le 25 mars 2014.
Imprimé le 17 janvier 2021 à 13:06
3 724 visites. 11 commentaires.
Un seul nom pour toujours : Racing Club de Strasbourg (Photo : Paolo)

Un seul nom pour toujours : Racing Club de Strasbourg (Photo : Paolo)

Défait à Luzenac ce vendredi, le Racing est au plus mal et risque fort de redescendre en CFA. Comment expliquer pareil désastre ? Est-ce la faute des joueurs, de l’entraîneur ou des dirigeants ? Point de vue sur la situation actuelle.

BlogLorsqu’en été je déboule chez mon oncle en Ariège, tous les bleds du Bas-Couserans me font toujours songer à ce Luzenac, petit patelin coincé au sud du chef-lieu Foix. L’éternel réflexe du footeux : nouer des liens avec tout, n’importe quoi et le ballon rond. Parce que théoriquement le 09 et le foot ça fait deux. Ses 150 000 habitants aiment le rugby et la nature. Sauf à Luzenac, leader de ce déprimant National, où le petit LAP (Luzenac Ariège Pyrénées) fait la nique à tout ce qui bouge. Un village de 500 âmes s’apprête donc à monter en D2, preuve en est que le foot hexagonal a complètement perdu la boule.

Ce vendredi, Luzenac a dominé Strasbourg de la tête et des épaules. Le score est étriqué mais le verdict sans appel : 2-1 pour les Luzenaciens. Cherchez l’erreur. Pourtant, il y a là un zeste de logique et, comme dirait Gilbert Gress, « le Racing a ce qu’il mérite ». Le Racing ou plutôt le rcsA, avatar discount du glorieux RCS 1906, bâti sur le mythe décati de l’alsacitude à grands coups de lettre A. Reconstruction qu’ils disaient…

Se maintenir ou mourir

En 2013-2014, le rcsA s’est égaré dans les tréfonds du Natio. Attention, les chiffres sont impitoyables. Prends-toi ça dans la tronche : 5 victoires en 25 matches, 0,88 but par rencontre et 0 succès à l’extérieur. Il reste 9 journées et le rcsA est avant-dernier à 3 points d’Amiens, vieille connaissance et premier non relégable. Et devine justement qui vient à la Meinau vendredi ? Autant dire que l’enjeu de ce Kellerduell est incommensurable et déterminera le cruel destin du rcsA : se maintenir ou mourir. J’oubliais : les Alsaciens n’ont plus gagné depuis 2 mois, soit 6 rencontres pour 2 points glanés ça et là. Dans l’antre meinovienne, les 9 500 spectateurs de moyenne (!) dégustent.

Comment en est-on arrivé là ? Comment une équipe ayant arraché deux montées consécutives peut-elle se montrer aussi morose et inefficace ? Comment est-il possible de ne pointer qu’au dix-septième rang avec le plus gros budget de National ? Pourquoi les joueurs peinent-ils autant à rendre au public l’affection déployée sur les gradins ? Comme souvent, les responsabilités sont partagées, mais on peut néanmoins tenter de les hiérarchiser. Selon moi, c’est avant tout la direction du club qui s’est vautré. Ensuite, il y a le cas de l’entraîneur et enfin celui des joueurs.

Problème mental

Je ne crois pas que les joueurs soient véritablement coupables, même si ce sont les acteurs les plus exposés. On peut sans doute reprocher à certains mecs de se montrer trop dilettantes, mais cela n’éclaircit pas pourquoi le rcsA déjoue à tel point. Les blessures n’expliquent évidemment pas tout. Intrinsèquement, l’effectif strasbourgeois n’a rien de dégueulasse (Pinaud, Golliard, Sikimic, Sabo, Ribas, Liénard, Gauclin, etc.) et il faut croire que le problème est surtout mental.

Si le groupe manque d’équilibre ou si le vestiaire comporte des brebis galeuses, il faut en référer à qui de droit. Le recrutement n’est pas l’affaire des joueurs. Était-il opportun de faire rappliquer les ex que sont Amofa, Bah et Noro ? N’y a-t-il pas des soucis de préparation estivale à en juger l’entame de saison en CFA comme en National ? Le contenu des séances d’entraînement et le discours tactique est-il à la hauteur ? Il est légitime de s’interroger.

Débandade

Selon moi, l’encadrement technique possède une part importante de responsabilité. On dit souvent qu’un entraîneur remplit son rôle lorsqu’il optimise le potentiel mis à disposition. On en est malheureusement loin avec François Keller. Nonobstant les deux promotions d’affilée, FK n’a jamais su vraiment convaincre en termes de contenu. Actuellement, c’est la débandade et les joueurs apparaissent totalement désorientés. D’une part, le coach doit être un guide. Tactiquement, on ne comprend pas quelle logique sous-tend les compos d’équipe et les changements orchestrés en cours de match. D’autre part, l’entraîneur est un motivateur et doit réussir à booster le moral des troupes.

Collectivement, ce Racing est mollasson et se fait constamment marcher dessus. Il y a trois ans, en National, le RCS de Laurent Fournier n’était peut-être pas brillant mais son équipe se faisait respecter : aucune défaite à la Meinau en 2010-2011. Au-delà de la question du jeu, FK aura surtout échoué à bâtir une équipe de caractère. Je pense que la direction commet une grave erreur à s’obstiner à maintenir en poste l’entraîneur actuel. Et comme Marc est le frère de François, ça la fout d’autant plus mal.

Absence de projet

Mais plus globalement c’est le projet rcsA qui est en cause. Ou plutôt l’absence de projet. Que nous propose la bande à Marco hormis cet objectif vague de retrouver à terme le professionnalisme ? La voie choisie est profondément conservatrice et reprend une vision éculée du football, antérieure à la loi Pasqua du milieu des années 90. Ne faudrait-il pas choisir plutôt une voie autonome et développer le club afin qu’il puisse dégager à l’avenir plus de ressources propres ?

Outre la dénomination officielle, le blason historique a été souillé pour y intégrer le fameux A et encaisser les sous de la Région. Pour le puriste que je suis, c’est une profanation inadmissible. Ce rcsA représente l’antithèse de l’inventivité et du dynamisme. Pas un hasard si ça s’en ressent sur le terrain. Une équipe de footballeurs ne peut s’épanouir dans un contexte de marasme institutionnel. Si le club veut progresser un jour, il doit enfin faire le deuil d’un certain mode de fonctionnement et ne pas réactiver les tares qui l’ont précipité dans l’abyme.

Quel avenir ?

Quel avenir à présent ? Le maintien en National est essentiel et il n’aurait jamais dû être question de relégation. Un retour en CFA serait un camouflet irréversible pour le clan Keller. En cas de relégation, j’estime que « le plus beau » doit partir et assumer son échec. Mais quoi qu’il en soit, CFA ou National, il faut changer de cap. Un Nouveau Racing doit advenir sur la base d’un projet sérieux, alternatif et moderne. J’ai déjà pu ici faire part de certaines idées et j’y reviendrai sans doute prochainement.

Je ne suis pas dupe et je sais très bien que l’argent est le nerf de la guerre. Si Keller part, encore faut-il trouver quelqu’un de valable pour le remplacer. Je crois que cette saison va laisser des traces, même en cas de maintien. Il y a un dernier scénario à envisager : le retour à la case départ, en CFA2 voire plus bas. Le plus important est surtout de retrouver le RCS. Sans A.

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Article actualisé le 10/08/2018 à 13h19
L'AUTEUR
Paolo
Paolo
Fidèle supporter du Racing depuis l'âge de 8 ans, je suis également un grand amateur de football allemand et italien. Mon regard se veut avant tout critique : Strasbourg mérite un grand club et ses fans doivent être respectés. Le lundi de 20h à 22h, je suis à l'antenne sur RBS (91.9 FM) pour le Mojito Football Club, une émission consacrée au foot étranger.

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