À Strasbourg, la gauche chamboulée, Marine Le Pen distancée
Politique 

À Strasbourg, la gauche chamboulée, Marine Le Pen distancée

Emmanuel Macron et Jean Luc Mélenchon rassemblent plus de la moitié des votes à Strasbourg, où le Front national stagne.

L’électorat strasbourgeois s’avère toujours aussi volatile. Il avait placé la droite de Philippe Richert largement en tête aux élections régionales fin 2015 (32%), après avoir voté en majorité pour le PS lors des autres élections intermédiaires, malgré un gouvernement impopulaire.

Cette fois-ci, le centriste Emmanuel Macron sort en tête (27,75%), suivi par Jean-Luc Mélenchon (24,35%), soit 52,1% des voix à eux-deux. Le leader de la France insoumise fait plus que doubler son score de 2012 (11,37%).

2 cantons et 52 bureaux pour Jean-Luc Mélenchon

Les affaires, ou le programme très à droite, de François Fillon semblent avoir eu plus d’effet sur l’électorat de centre-droit qu’ailleurs en Alsace. « Les Républicains » ne remportent qu’une poignée du bureaux de vote (voire la carte plus bas), de l’Orangerie à la Robertsau.

À l’échelle des six cantons des élections départementales, Emmanuel Macron en remporte quatre et Jean-Luc Mélenchon deux. Même la Robertsau n’a pas placé le candidat de droite en tête, bien que François Fillon et Emmanuel Macron soient au coude-à-coude, autour de 31%.

Jean-Luc Mélenchon remporte 52 bureaux de vote, particulièrement dans des quartiers populaires où c’est d’habitude le Front national qui figurait en tête, sur fond de très forte abstention (cité de l’Ill, Hautepierre, Port-du-Rhin, Meinau). Mais le député européen est aussi sorti en tête dans des quartiers très centraux (gare, Krutenau, une partie de la grande-île).

Des élus strasbourgeois vont fêter chez Macron

Si l’on additionne les voix de Benoît Hamon (9,42%) à celles de Jean-Luc Mélenchon, cela forme un socle de 34% qui semble se distancer de la droite de l’actuel PS et n’est guère sensible à l’argument du « vote utile. » Pour autant, il reste à déterminer quelle formation pourrait convertir toutes ces voix lors des échéances futures, comme les élections législatives dès juin.

Une partie des élus PS strasbourgeois, qui n’avaient pas fait campagne pour Benoît Hamon se sont rendus, au QG des soutiens d’Emmanuel Macron, dont le maire Roland Ries. Même pour ceux qui ont fait campagne ou voté Benoit Hamon, c’est le soulagement de ne pas avoir un affrontement François Fillon / Marine Le Pen qui semble dominer.

Les soutiens d’Emmanuel Macron qui n’étaient pas dans les bureaux de vote s’étaient réunis au Café Bâle.

Vidéo – Réactions des soutiens à Macron lors de son discours


Vidéo par Khedidja Zerouali

Le « choc » de la présence du Front national au second tour comme en 2002 est en tout cas bien loin, que ce soit dans les discours ou les réactions. Il faut dire que le score n’est cette fois-ci pas étonnant et même en recul par rapport à d’autres élections.

Une brève manifestation sauvage est néanmoins passée par la Krutenau.

Vidéo par Khedidja Zerouali

Le Front national bloqué

En revanche le Front national ne progresse guère dans la capitale alsacienne. Marine Le Pen gagne 0,4 point (12,2% contre 11,86% en 2012), alors que sa progression en Alsace ou en France est de 3 à 4 points.

Le FN remporte cependant cinq bureaux de vote, au sud de la ville.

Les réactions du tandem strasbourgeois

    • Roland Ries
    • Robert Herrmann

La carte des résultats à Strasbourg

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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