Une escapade parisienne pour le Racing avant l’heure de vérité
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Le football est ma religion, le Racing ma confession. Je ne suis pas baptisé, si ce n'est à la sueur de mes premières émotions de supporter. Déjà 20 ans que ça dure et ce n'est pas prêt de s'arrêter...
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Une escapade parisienne pour le Racing avant l’heure de vérité

L’héroïque victoire (2-1) du Racing Club de Strasbourg contre le Paris Saint-Germain le 2 décembre 2017 avait évoqué David terrassant Goliath. La revanche, ce samedi (17 heures) au Parc des Princes, est une belle occasion pour les Strasbourgeois d’invoquer Hercule avant les douze épreuves finales. Quatre ou cinq victoires pourraient suffire à maintenir le phénix alsacien au sommet du football français.

Le luxe troyen

Troyes (19ème) repoussé à six points, Amiens et Angers (17 et 18èmes) à cinq et le duo Toulouse-Lille (15 et 16èmes) à quatre : le succès (2-1) du Racing dimanche dernier face aux Champenois a presque compté double dans la quête du maintien en Ligue 1.

Acquis peu après l’entrée d’un Blayac décisif et sous l’impulsion d’une arrière-garde portée par les saillies d’Aholou, il a offert au groupe de Thierry Laurey, l’entraîneur du RCS, le luxe de pouvoir aborder l’excursion dans la capitale comme un voyage d’études ou une séance d’entraînement améliorée, sans trop de frais en cas de correction face à un adversaire qui aurait déjà dû le tailler en pièces au jusant de l’automne.


Le résumé de RCS / Troyes (vidéo Ligue 1 / YouTube)

Fièvre Bleue change de thermomètre

Le blog Fièvre Bleue a été créé dès le lancement de Rue89 Strasbourg par Paolo et JP Darky. Ils ont tenu une chronique du Racing mordante, épique et passionnée. Ils passent aujourd’hui la main à une nouvelle équipe, Raphaël Heyer et Thomas Berenguer. Bienvenue à eux sur Rue89 Strasbourg et Fièvre Bleue !

PF

Mais Paris revient blessé de Madrid et la bête a de quoi rugir. Après Strasbourg, Munich et Lyon, le Real est devenu mercredi, toutes compétitions confondues, son quatrième bourreau cette saison, à ce jour le plus funeste. Deux buts en trois minutes de Ronaldo (83’) et Marcelo (86’) ont anéanti in extremis l’impressionnante organisation parisienne, la renvoyant brutalement à son statut de néo-prétendante de luxe au gotha sportif du foot européen (défaite 1-3).

À chaud après la déroute castillane, le milieu parisien Adrien Rabiot expliquait :

« C’est facile d’en mettre huit à Dijon… Quatre-cinq en championnat … Mais c’est dans ce genre de rencontres [contre le Real, ndlr] qu’on doit être présents. Je suis très déçu ce soir. »

À l’entendre, on pourrait ajouter : amer. Le PSG devra au moins faire le break sans prendre de but lors du choc décisif au Parc, dans trois semaines, s’il veut assouvir sa soif de domination continentale.

Dans l’antre du monstre meurtri

D’ici là, il lui faudra ronger son frein en gérant quelques affaires courantes dans sa chasse gardée hexagonale, à commencer par la réception en son antre de la proie alsacienne, a priori aussi « facile » à broyer que les Bourguignons.

Un antre dont personne jusqu’ici n’a réchappé : 12 victoires en 12 matches de L1, 46 buts marqués pour 7 encaissés, soit une affolante moyenne de 3,8 buts inscrits par rencontre pour 0.6 concédés. Toulouse et Bordeaux ont chacun été corrigés 6-2, Nantes 4-1, Lille et Caen 3-1 ; aucun autre adversaire n’a sauvé son honneur. En 2018, en seulement deux rencontres jouées en janvier au Parc, le PSG a déjà marqué 12 buts, soit le quart de son bilan domestique : 8-0, donc, contre Dijon, puis 4-0 contre Montpellier.

La venue du Racing dans ses pattes dès samedi est ainsi l’occasion pour le lion de Némée (ou de Neymar) qataro-parisien, meurtri dans son orgueil, d’en faire la parfaite victime expiatoire de sa terrible frustration en réactionnant le boulier de baby-foot. Huit jours avant la première manche d’une double confrontation face à Marseille en championnat et Coupe de France…

Rien n’est écrit !

Avant même le coup d’envoi, le sort qui attend les Bleus paraît donc scellé, qu’importent les absences certaines de Verratti et de Mbappé, suspendus. Mais les Bleus et Blancs, avec leur victoire par étouffement à la Meinau le 2 décembre dernier, ont montré qu’ils ne sont pas des schtroumpfs. Comme à l’aller, rien n’est écrit tant que le grand théâtre d’improvisation qu’est le football n’aura pas accompli son heure et demie de spectacle.

Dimitri Lienard, grand artisan de l’exploit du match aller (2-1) en décembre, avait finalement pris le dessus sur Neymar. (Photo RCSA / Twitter)

Nul doute que Thierry Laurey et son groupe affûtent leur capacité de jouer à fond leurs minimes chances de survie sur un terrain où il sera possible de pratiquer le football plutôt que la culture de pommes de terre, plutôt tendance depuis quelques semaines sur les bords du Krimmeri.

Ils pourront s’inspirer du modèle de rigueur et d’efficacité qu’ils avaient eux-mêmes appliqué et respecté à la lettre deux mois et demi plus tôt. À Paris, à défaut d’ajouter à leur butin un ou trois points qui seraient d’or massif, tout le monde se satisferait qu’ils puissent au moins gêner le titan.

Les douze (et quelques) défis de Strasbourg

Quelle que soit l’ampleur de la défaite programmée samedi et même en cas de divine surprise, l’essentiel restera à venir puisque le Racing attaquera contre Montpellier (le 23 février) le dernier tiers décisif de son championnat, autant dire l’épreuve de vérité.

Une épreuve qui se doublera peut-être de quelques bouffées d’air vivifiant en Coupe de France si les Strasbourgeois avaient la bonne idée d’éliminer Chambly le 28 février à Beauvais pour rejoindre le dernier carré de la compétition centenaire.

La consultation des oppositions jusqu’au 19 mai prochain donne une idée de la montagne qui reste à gravir, en particulier à la maison : il faudra contenir deux membres du Top 4 (Monaco et Lyon), en piéger deux du Top 10 (Montpellier et Nice), dominer un concurrent direct (Saint-Étienne) et condamner la lanterne rouge (Metz). Il y a quelques plumes à perdre en chemin, malgré l’appui du douzième homme meinovien…

Il faudra donc aussi à Lienard et consorts récolter des points à l’extérieur, avec quatre voyages chez des concurrents immédiats, à Caen, Toulouse, Angers et Amiens, avant deux ultimes virées dans l’Ouest, à Rennes puis à Nantes en clôture.

Mais les Bleus ont déjà démontré qu’ils étaient capables de relever les plus improbables défis, quitte à perdre certaines des plus abordables oppositions pour mieux rebondir ensuite. On se souvient, entre autres, de leur indigente prestation face à Caen (0-0) le 28 novembre dernier, quelques jours avant l’accueil du PSG et l’issue que l’on sait…

Leur fin de saison initiatique en Ligue 1 s’annonce palpitante alors que les cigognes peuvent encore, paraît-il, faire le printemps.

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L'AUTEUR
Raphaël Heyer
Raphaël Heyer
Poète, correcteur, ghostwriter et fan du Racing

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