Recherche et criminalité : l’Université du Reich de Strasbourg
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Recherche et criminalité : l’Université du Reich de Strasbourg

Recherche et criminalité : l'Université du Reich de Strasbourg

À VOIR SUR ARTE.TV

Arte a consacré un documentaire à la brève histoire de l’Université du Reich de Strasbourg, créée par les nazis en 1941 pendant l’occupation allemande de l’Alsace. Réalisé par Kirsten Esch, la petite-fille de Johannes Stein, le doyen SS de la faculté de médecine à cette époque, ce film est empreint d’une difficile, longue et délicate autocritique familiale. Le document revient sur les objectifs de cette université dans l’appareil nationaliste allemand, servir la propagande du IIIe Reich, affirmer une supériorité germanique sur la France et… mener des expériences sur des cobayes humains, déclarés « ennemis du Reich, » les juifs, les communistes, les tziganes ou les homosexuels…

Une université dédiée à l’appareil SS

Le documentaire explique que la faculté de médecine, entièrement pilotée et endoctrinée par les SS, engouffre plus de la moitié des ressources de l’université du Reich, étant donné les besoins en médecins pour le front. Le documentaire revient sur l’ensemble des recherches menées à l’université du Reich, biologiques, nucléaires, historiques… et se demande à chaque fois comment les universitaires ont pu collaborer avec le régime nazi. La famille de la réalisatrice était elle-même liée à August Hirt, l’anatomiste qui a mené des expériences sur le gaz moutarde, au camp du Struthof en Alsace avant « d’étudier » les corps à Strasbourg…

L'université du Reich devait apporter la preuve de la supériorité allemande sur la France (capture d'écran / Arte)

L’université du Reich devait apporter la preuve de la supériorité allemande sur la France (capture d’écran / Arte)

L’Université du Reich est la seule université allemande à cette époque à avoir mené des expériences sur des cobayes humains, les autres ont été menées dans les camps de concentration. À la libération, les Alliés retrouvent les cadavres de 86 personnes déportées à Auschwitz et sur lesquelles ont été menées des expériences au Struthof et à Strasbourg.

Le documentaire donne la parole à plusieurs Allemands qui ont connu cette époque et à des Alsaciens. Certains étudiants sont entrés en résistance, dont Alphonse Adam. Fusillé à l’âge de 24 ans après avoir été capturé par les nazis, le film donne la parole à sa soeur, Pélagie Simon, qui habite toujours Schiltigheim.

À voir sur Arte le 8 juin à 10h55 ou sur Arte.tv jusqu’au 11 juin 2018.

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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