Que dit l’UPR, le plus petit parti des élections régionales ?
Politique 

Que dit l’UPR, le plus petit parti des élections régionales ?

L'UPR, le parti qui monte malgré le silence des médias veut sortir de l'Europe et plus de référendums (photo UPR)

L’UPR, le parti qui monte malgré le silence des médias veut sortir de l’Europe et plus de référendums (photo UPR)

Comme Unser Land et ses alliés, l’Union populaire républicaine participe pour la première fois à des élections régionales. Résolument anti-euro, anti-Otan et anti-Union européenne, la liste menée par le Vosgien David Wentzel veut « redonner la parole aux citoyens », notamment à travers des référendums.

En 2008, David Wentzel (30 ans) était géomètre. Avec la crise, il a perdu son emploi dans les Vosges. Il n’a jamais retrouvé d’emploi dans son secteur. Jamais encarté, il s’est intéressé à la politique en 2011 :

« Comme j’étais au chômage, j’avais un peu de temps pour m’intéresser aux élections présidentielles. Lors des meetings en vidéo je trouvais que tous parlaient à quelques mots près, d’écologie, d’emploi et de services publics, mais il n’y avait rien de concret. Youtube m’a alors recommandé une vidéo du programme de François Asselineau. Déjà, j’étais surpris, car celle durait 5 heures, là où les autres faisaient 40 minutes. Et il parlait de l’influence de l’Europe et des États-Unis sur nos sociétés contrairement aux autres. Puis j’ai un peu vérifié et cela allait encore plus loin que ce qu’il dit. Nos choix sont volés. »

Sur le site de l’UPR, cette conférence fleuve est autoproclamée de « programme politique le plus puissant depuis 1958, le vrai programme de libération que tous les Français attendent. ». L’UPR dit s’inspirer du Conseil National de la Résistance, qui avait réuni toutes les tendances politiques. Le parti milite pour un retrait unilatéral de la France de l’Otan, de l’UE et de l’euro.

François Asselinau, un chef de file contesté

Son président François Asselinau, candidat en Ile-de-France, est une personalité contestée. À France TV info, qui a produit un long portrait sur lui, il dit par exemple ne pas exclure que les attentats en France soient commandités par le FBI, citant un rapport de Human Rights Watch. Cet énarque de 58 ans qui a eu une longue carrière politique à droite voit aussi l’influence des États-Unis dans le logo UMP… « Toutes nos déclarations sont sourcées, c’est la marque de fabrique de l’UPR », répond aux accusations de thèses complotistes, Candice Vetroff, responsable de l’UPR dans le Bas-Rhin qui revendique 110 adhérents.

Pour David Wentzel, l’influence de l’Union européenne, on la retrouve dans cette réforme territoriale :

« En 2014, la Commission européenne a publié 8 grandes orientations de politique économique (GOPE) et 7 ont été appliquées en France, dont des régions plus grandes et plus puissantes. Les autres sont souvent reprises dans la loi Macron. Il peut y avoir de bonnes choses, mais il n’y a pas de raison que l’Europe et ses dirigeants non-élus décident à la place des citoyens. La seule orientation non-appliquée est la privatisation de l’assurance maladie et encore beaucoup d’économistes poussent dans ce sens sur les plateaux télés. En renforçant l’Europe, les régions et les intercommunalités, on éloigne les citoyens des centres de décision. Les citoyens ne votent plus pour les choix stratégiques, d’où un désintérêt croissant et l’abstention. »

La composition de la Commission européenne est pourtant votée par les députés européens, eux-même élus. « Lors des élections présidentielles, on ne parle jamais des ministres et commissaires qui travailleront au niveau européen, alors que c’est ce qui a le plus d’impact sur nos vies », poursuit David Wentzel.

La crise grecque, où les dirigeants européens ont fait comprendre que des choix démocratiques ne pouvaient remettre en cause les règles européennes ont fini de convaincre les militants UPR de la nécessité d’un retrait. « On resterait lié à d’autres pays par 6 000 traités bilatéraux, ce n’est pas un projet de repli sur-soi », complète David Wentzel. Difficile de classer le parti politiquement, puisqu’il veut soumettre les grandes politiques à un référendum, comme pour l’immigration, car cela « divise les français et c’est l’Europe qui gère les orientations avec des quotas ».

Pour la Région des idées de tous les partis et surtout des référendums

Et en cas de sortie de l’Europe, l’utilisation du siège du Parlment européen à Strasbourg est toute trouvée : y transférer le siège de l’UNESCO à Paris qui devient sous-dimensionné. Mais sortir de l’Europe n’est pas du pouvoir d’une région. David Wentzel le sait et assume :

« On ne s’en cache pas, en présentant des listes dans les 13 régions, le premier but est de nous faire connaître. Nous n’avons pas de proposition sur les transports, car ce sont des grands projets coûteux et nous voulons trancher ces décisions par référendum, sur internet pour que ça ne coûte pas trop cher. Sinon, nous avons d’autres propositions issues de plusieurs partis : développement du numérique, maisons de santé, développement d’AMAP pour favoriser l’agriculture locale, etc. »

Le parti qui « monte malgré le silence des médias »

Comme nom de liste, l’UPR a choisi « Le parti qui monte malgré le silence des médias », ce qui nous a fait tiquer :

« Sur les régionales nous avons été bien couverts. Cela fait davantage référence aux médias nationaux. Nous avons plus de 9 000 adhérents, c’est autant que le Front de gauche, le double d’EELV et le NPA en compte 2 000. Pourtant ces partis sont plus souvent invités dans les émissions. »

Comme objectif, David Wentzel se fixe un score supérieur aux 0,36% obtenus aux élections européennes de mai 2014.

Aller plus loin

Sur Questionnez vos élus : les réponses de David Wentzel à vos questions
Sur Marianne.fr : Qui est vraiment l’UPR ?

Sur Rue89 Strasbourg : comparez le programme de l’UPR avec les autres candidats (avec Voxe)
Sur les blogs de Mediapart : Non à l’UPR et Asselinau!

Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur les élections régionales

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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