À Schiltigheim, avec la seule équipe de cécifoot du Grand-Est, le football pour aveugles
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À Schiltigheim, avec la seule équipe de cécifoot du Grand-Est, le football pour aveugles

Reportage un soir d'entrainement de Cecifoot (Vidéo par Simon Adolf / Rue89 Strasbourg)

Depuis décembre 2015, des personnes non-voyantes ou malvoyantes peuvent jouer au foot à Schiltigheim, ou au moins une version adaptée à leur handicap, le « cécifoot. » Et cette année, l’équipe des aveugles du Sporting de Schiltigheim a pu accrocher une troisième place lors du championnat de France. Reportage lors d’un entraînement de fin de saison.

Le Cécifoot, c’est l’art de jouer au football lorsqu’on est… aveugle, ou malvoyant. L’idée peut paraître un peu dingue mais il s’agit d’un sport d’écoute, avec un terrain adapté, de l’aide vocale et un ballon sur lequel est attaché un grelot. Les équipes, composés de 4 joueurs et d’un gardien, voyant, s’affrontent sur un terrain de 40 mètres sur 20, dont les côtés ont été renforcés avec des planches de bois sur lesquelles la balle peut rebondir.

Constatant l’absence d’équipe de Cécifoot dans le Grand-Est, Rémy Garranger et Julien Chaussec, tous les deux diplômés en accompagnement du sport et du handicap, ont proposé au Sporting Schiltigheim d’accueillir une équipe au stade de l’Aar en 2015. À ce jour, la France compte 19 équipes de Cécifoot, dont deux à Schiltigheim : la « B1 », réservée aux non-voyants, qui compte 10 licenciés, et la « B2-B3 », avec 6 joueurs souffrant de déficiences visuelles, et dont la pratique est plus proche du foot classique (le ballon n’a pas de grelot notamment). L’équipe B1 de Schiltigheim s’est classée troisième à l’issue du dernier championnat national.

Le gardien en équipe de France

Ce jeudi soir du mois de juin, ambiance fin de saison. Seuls trois joueurs sont présents malgré le beau temps. Le gardien, Benoit Chevreau de Montlehu, est sélectionné en équipe de France pour la Coupe du monde de Cécifoot, à Madrid du 7 au 17 juin. Les footballeurs enchaînent les exercices pendant près de deux heures (voir la vidéo ci-dessus). Mais pour les deux entraîneurs, bénévoles, la séance dure plus longtemps, le temps de disposer le matériel, d’aller chercher les participants à l’arrêt de tram, les aider à se changer et les raccompagner.

Puisqu’ils sont privés de leurs yeux, les joueurs se repèrent sur le terrain au moyen de mots et de cris. Le plus utilisé est « Voy », qui sert à annoncer sa position (« Je suis là » en espagnol). Outre le grelot sur le ballon, les joueurs sont dirigés par un guide, derrière les buts adverses, un entraîneur sur la touche, au milieu, et le gardien, qui se partagent le terrain selon une répartition stricte. L’aire de jeu est divisée en trois espaces par des lignes. Chacun des trois aides ne peut donner des consignes que dans sa zone ; le gardien conseille les joueurs pour la défense, l’entraîneur au milieu de terrain et le guide pour l’attaque.

Une logistique éprouvante

En raison de la rareté des équipes françaises, les Schillikois jouent souvent contre leurs voisins allemands ou suisses. Les rencontres de championnat se déroulent sur des week-ends, 5 fois par an. Les déplacements coûtent cher, environ 13 000 euros par saison, et sont financés grâce au soutien du Sporting Club de Schiltigheim. L’équipe cherche à soulager le club grâce à un ou plusieurs sponsors.

L'AUTEUR
Simon Adolf
Simon Adolf

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