Sénatoriales en Alsace, le grand retour des élections de droite
Politique 

Sénatoriales en Alsace, le grand retour des élections de droite

Les 9 sièges des sénateurs alsaciens sont renouvelés dimanche 27 septembre. Dans cette élection indirecte se joue surtout la bataille pour le leadership à droite et permet de mesurer la cote de sympathie des partis auprès des nouveaux élus locaux.

Elle reviennent tous les 3 ans : les élections sénatoriales renouvellent par moitié les représentants des départements français au Palais du Luxembourg. À la clé, un contre-pouvoir qui permet parfois d’améliorer des lois, mais que la majorité à l’Assemblée nationale peut ignorer. Ce sont quelques mandats confortables, moins exposés, et réservés pour six ans aux poids-lourds des partis politiques français. En 2020, c’est au tour des deux départements d’Alsace de voir leurs sénateurs élus par 4 756 « grands électeurs » : des conseillers régionaux, départementaux, députés sénateurs, maires et représentants de toutes les communes d’Alsace.

Dans le Bas-Rhin, onze listes sont en concurrence pour cinq sièges. Tous les partis présentent cinq candidats, qui seront départagés à la proportionnelle. En clair, il faut faire un peu moins de 20% des voix pour obtenir un sénateur, 40% pour un deuxième, etc.

Féroce bataille à droite

Avec un gros bataillon d’élus régionaux, départementaux et des maires, la droite n’aura pas de mal à dominer l’élection. Mais dans quel ordre ? La liste UDI / LR de Claude Kern ou celle d’André Reichardt (LR), avec des conseillers départementaux et aux accents plus régionalistes ? Fait rare, « Les Républicains » ont donné une « double investiture ». En manque de grands électeurs « La République en Marche » viendra-t-elle s’immiscer dans ce combat avec un ancien LR, le député de Sélestat Antoine Herth (Agir) ? Entre les régionalistes d’Unser Land, le Rassemblement national, d’autres listes à connotation plus rurale ou centriste peuvent grapiller quelques grands électeurs cruciaux.

À gauche, la reprise du siège de Jacques Bigot (PS) est dans le viseur puisque l’ancien maire d’Illkirch-Graffenstaden ne se représente pas. Avec l’élu écologiste de Geispolsheim Jacques Fernique, Europe Écologie – Les Verts (EELV) semble bien placé grâce à l’alliance avec le Parti socialiste et le Parti communiste, suite aux victoires écolos à Strasbourg, Schiltigheim ou Ostwald. Mais des voix de Schilickois pourraient manquer avec la candidature dissidente de l’adjointe de Danielle Dambach, Andrée Buchmann. Non-concerné par l’alliance, le Parti radical de gauche (PRG) espère aussi attirer quelques voix chez des déçus de cet attelage. Pour les écologistes, le score sera aussi un test pour voir si leur discours porte jusque dans des communes plus éloignées de Strasbourg, moins politisées et où un renouvellement d’élus s’est opéré en mars, puis en juin lors des élections municipales.

Renouvellement dans le Haut-rhin

Dans le Haut-Rhin, huit listes se disputent quatre sièges. Là aussi, la répartition des places entre les listes de droite et du centre sera le principal indicateur à suivre. Les trois sénateurs sortants de droite ne se représentent pas et trois listes peuvent se réclamer de la droite alsacienne : celle de Christian Debève (Mouvement radical), conseiller régional du Grand Est, celle de Christian Klinger (LR), maire de Houssen et président de l’association des maires du Haut-Rhin, voire celle de Guillaume Sevin (DVD), avec moins de personnalités connues. Comme dans le Bas-Rhin, on retrouve des listes d’Unser Land et du Rassemblement national pour compléter l’offre politique.

Élue sénatrice sous la bannière PS en 2014, Patricia Schillinger sera-t-elle réélue avec l’étiquette de « La République en Marche » ? À gauche, une liste d’écologistes (menée par Yan Flory, porte-parole de Destocamine) et une autre de socialistes (menée par Antoine Homé, maire de Wittenheim) briguent aussi ce quatrième siège.

Les résultats devraient être disponibles dimanche en début de soirée.

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L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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