Avec le Strasbourg Pass, trois jours de tourisme au pas de course
Vie pratique 

Avec le Strasbourg Pass, trois jours de tourisme au pas de course

actualisé le 28/03/2016 à 19h33

Le Strasbourg Pass est valable 3 jours consécutifs. Crédit CG/Rue89 Strasbourg

Le Strasbourg Pass est valable 3 jours consécutifs. Crédit CG/Rue89 Strasbourg

Comment Strasbourg se présente aux touristes – 4. Pour faire le tour des attractions incontournables de la ville, l’office de tourisme propose le « Strasbourg Pass », un concentré d’activités à faire en trois jours top chrono. On a tenté.

Au cœur de l’été, j’enfile mes lunettes de touriste et décide de tester le « Strasbourg Pass ». À raison de 18,90 euros pour un adulte, 12,45 euros pour les ados et 9,45 euros pour les enfants de moins de 12 ans, ce chéquier permet de visiter un musée, d’accéder à la plate-forme de la cathédrale, de découvrir l’horloge astronomique, de se promener en bateau sur l’Ill, et de profiter d’un vélo pendant une demi-journée. Pour les plus efficaces, des réductions sur d’autres activités peuvent compléter ce pack de base.

Petits calculs : c’est rentable

Je prends d’abord la calculette. 6,50 euros l’entrée au musée, 5 euros l’accès à la plate-forme de la cathédrale, 2 euros la présentation de l’horloge astronomique, 12,50 euros la promenade en Batorama, 5 euros la location d’un vélo : si j’arrive à tout faire, le Pass me ferait économiser 12,10 euros. Pour les étudiants, l’offre reste avantageuse : malgré les réductions appliquées (plate-forme de la cathédrale, musées), le Pass permet encore une économie de 6,60 euros. À noter que les musées et l’accès à la plate-forme de la cathédrale sont déjà gratuits le premier dimanche du mois. Le premier week-end du mois, le Pass ne garantit donc plus qu’une économie de 60 cents pour un adulte.

Trois jours, pas plus

Je commence mes trois jours un lundi après-midi. J’aurai donc jusqu’au jeudi midi pour utiliser mon chéquier, qui n’est pas nominatif. À la caisse de l’office de tourisme, l’hôtesse qui me le vend note bien dessus l’heure et la date de démarrage de mon Pass. Elle prévient : impossible de déborder des trois jours, soit 72 heures. Le dispositif n’est pensé ni pour les flâneurs, ni pour les Strasbourgeois. Il s’adresse avant tout aux personnes de passage pour un très court séjour.

Est-il possible de rentabiliser le Pass en si peu de temps ? A voir… Economies, économies, soit… Mais sur le fond, ce kit du parfait touriste offre-t-il des visites intéressantes ?

Photos souvenirs sur la plate-forme de la cathédrale

Top départ de mon excursion à la cathédrale. Après m’être promenée dans le monument et avoir laissé traîner mon oreille auprès de quelques groupes de touristes attroupés autour d’un guide prolixe en anecdotes, je me rends place du Château. En ce lundi après-midi, le ciel est dégagé mais la chaleur n’est pas écrasante.

Le moment est propice pour découvrir la plate-forme de la cathédrale et le point de vue unique qu’elle offre sur la ville. J’ai la chance de ne pas attendre pour recevoir mon ticket que j’échange contre le coupon dédié de mon fameux chéquier. Cœurs fragiles s’abstenir, le paysage se mérite. Les dix minutes que je passe à gravir les 332 marches me paraissent interminables. Mais au bout de l’escalier, la récompense est de taille : du Parlement européen aux cités nord, j’embrasse toute l’étendue de Strasbourg. Plus près, les toits du vieux Strasbourg m’offrent tous leurs charmes. Selfies ou images panoramiques, c’est parti pour les photos souvenirs.

Les petites lignes du Pass

Je veux enchaîner avec un tour de bateau, l’attraction phare des estivants. Le passage obligé pour rentabiliser le Pass. Direction quai des Rohan. Pas de chance, mon Pass ne me dispense pas de faire la queue. De toute façon, impossible d’embarquer entre 14h et 16h : l’horaire est exclu de l’offre du Pass, une limitation que je ne découvre que tardivement.

Je patiente quand même trente minutes pour réserver une promenade, plus tard dans l’après-midi. Je choisis celle de 18h45, qui par chance va se faire en bateau découvert. Il est 15h30 passées et il me reste donc trois heures à occuper avant de voguer.

Le temps de me faire un musée ? Pas de chance, comme le musée de l’œuvre Notre-Dame et le musée d’Art Moderne, le musée historique est justement fermé le lundi. C’est l’histoire de la ville qui m’intéressait parmi l’offre de huit musées gratuits proposés par le Pass. Je reporte donc ma visite au lendemain. J’ai intérêt à être sûre de mon choix : les musées du Palais Rohan, le musée des Beaux-Arts, le musée archéologique, le musée alsacien et le musée zoologique sont quant à eux fermés le mardi.

Batorama : naviguer entre les files d’attente

En attendant, je file m’offrir une glace rue Mercière. Une fois de plus, je prends mon tour dans la queue… À Strasbourg en été, tout se mérite. Mon après-midi se poursuit dans la Petite France. Je pousse jusqu’au panorama du pont Vauban mais finis ma balade au pas de course. Pour être bien placée sur le bateau, je me presse déjà à l’embarcadère du quai des Rohan.

Batorama, 800 000 passagers par an, combien de coups de soleil ? (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Batorama, 800 000 passagers par an, combien de coups de soleil ? (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Nouvelle file d’attente avant de lâcher les amarres. Je fais la connaissance de Véronique et Nathalie, joyeuses touristes arrivées des Vosges le matin même pour deux jours. Les mères de familles ont aussi pris des Pass pour elles et leurs ados. Elles n’avaient pas compris que ceux-ci ne valaient pas directement billet pour le bateau. Après dix minutes de queue pour embarquer, elles sont bonnes pour reprendre leur tour au guichet voisin.

Les deux femmes ont bien compris qu’elles ne pourront pas profiter de toute l’offre du Pass. « Si on fait quatre activités sur cinq, ce sera déjà pas mal », estime Nathalie. Pour ses grands enfants, des temps de shopping sont aussi à ménager pendant le séjour.

Après 20 minutes de queue, je m’assieds enfin parmi la foule, enfile un casque pour la visite fluviale et me laisse guider au file de l’eau par les anecdotes strasbourgeoises. Une heure et quart de balade au rythme des annonces vocales.

De retour à terre, le flot des touristes ne s’est pas tari à l’embarcadère. Les départs doivent se poursuivre jusqu’à 22h15.

L’horloge astronomique dans la discipline

Le lendemain midi, retour à la cathédrale pour découvrir l’horloge astronomique. Une fois par jour, tous ses automates s’activent autour des douze coups de midi. Chaque année, 3 millions de visiteurs admirent le spectacle.

Tous les automates de l'horlopge astronomique s'actionnent chaque jour à 12h30. Crédit : Didier B / Wikimedia Commons / cc

Tous les automates de l’horlopge astronomique s’actionnent chaque jour à 12h30. (Photo Didier B / Wikimedia Commons / cc)

L’entrée se fait par le portail sud, place du Château. Le Pass sert de coupe file. Vue l’affluence, ce n’est pas du luxe. J’arrive quand même à 11h45 comme me l’a conseillé l’office du tourisme. Le programme s’annonce riche. D’abord à midi, un film explicatif d’une demi-heure doit retracer les grands axes pour comprendre le chef d’œuvre.

À 12h30, le jeu des automates sera commenté par un conférencier. À l’intérieur, les abords de l’horloge sont déjà bondés. Je me faufile jusqu’au mur sud, pour voir à la fois l’écran et l’horloge. Une annonce vocale rappelle régulièrement au silence.

Quand le film démarre enfin, c’est un peu la déception. Peu de détails sur le mécanisme prodigieux de l’horloge, le commentaire est surtout contemplatif. Il alterne en français, en anglais et en allemand. Alors faute d’être polyglotte, chacun devine qu’il rate des informations. Quand les automates s’activent, le conférencier se contente d’attirer notre attention sur les éléments qui s’enchaînent.

À peine le spectacle terminé, il nous intime le silence d’un ton très scolaire : par respect pour la religiosité des lieux et surtout pour pouvoir nous inviter à nous rendre au magasin de souvenirs. J’ai la vague impression qu’on attend surtout de moi de la docilité.

Le musée historique à cheval sur les horaires

Dans l’après-midi, je retrouve une amie pour aller visiter le musée historique. C’est les vacances et nous ne nous pressons pas. Le temps de prendre un café en terrasse et de chiner parmi les stands des brocanteurs près de l’Ancienne Douane, il est déjà 16h30 quand nous nous présentons à l’entrée du musée.

Surprise, j’arrive à faire profiter à mon amie de mon coupon de réduction pour un deuxième musée. Mon pass lui fait gagner 3 euros sur son entrée. À l’intérieur, nous nous captivons pour les témoignages de la vie à Strasbourg au Moyen-Age, puis pour l’époque de la Réforme et ses codes vestimentaires. Nous nous essayons aux jeux interactifs.

Après 20 années de fermeture le plan relief de Strasbourg 1727 est exposé au Musée historique rouvert en 2007. Crédit : Rama / Wikimedia Commons / cc.

Après 20 années de fermeture le plan relief de Strasbourg 1727 est exposé au Musée historique rouvert en 2007. (Photo Rama / Wikimedia Commons / cc)

Mais l’heure de la fermeture approche. Nous avons mal estimé le temps qu’une telle visite demande. À peine le temps de découvrir le fameux plan-relief de Strasbourg daté de 1727, que l’équipe du musée nous pousse vers la sortie, de manière expéditive. Pas question pour elle de faire du rab’. Nous quittons les lieux frustrées de n’avoir abordé ni le chapitre de la Révolution ni celui de l’annexion allemande. À 17h55, nous sommes déjà dehors, tandis que quelques visiteurs sont encore tolérés à la boutique de souvenirs.

Programme hyper-cadré

En une journée et demi, j’ai déjà réussi, bon an mal an, à faire quatre activités du Pass. Tout au long de mes visites, personne n’a vérifié les détails de mon chéquier, et je me dis que j’aurais peut-être pu le faire durer au-delà des trois jours. Quoi qu’il en soit, le Pass a tenu ses promesses. Cependant, le côté hyper-cadré des activités n’a pas flatté mon goût pour l’autonomie. Il m’a plutôt rappelé l’ambiance des voyages organisés, voire des voyages scolaires.

Le Vélhop a été lancé en septembre 2010 à Strasbourg (Photo Matthieu Mondoloni)

Le Vélhop a été lancé en septembre 2010 à Strasbourg (Photo Matthieu Mondoloni)

Une journée de liberté en Vélhop

Il me reste encore le temps de profiter d’un vélo. Le mercredi matin, à la station de location des Vélhop de la rue de la Grande-Armée, j’ai une bonne surprise. Si l’office du tourisme communique sur une gratuité à la demi-journée, Vélhop ne raisonne qu’à la journée complète. Mon Pass me permet donc d’emprunter une bicyclette jusqu’à 18h. Pour ce faire, je présente mon chéquier certes mais dois aussi m’acquitter d’une caution de 150 euros. Après mes visites en bonne petite touriste, cette bouffée d’oxygène est plus que bienvenue ! À moi les quais, les parcs et le quartier des institutions européennes. Pique-nique en poche, j’ai enfin du temps pour m’abandonner à la flânerie des vacances.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : tous les articles de notre série d’été « Comment se présente Strasbourg aux touristes« 

L'AUTEUR
Claire Gandanger
Claire Gandanger
Journaliste indépendante Intérêts : société, économie de la culture, vie pratique

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