Jeune maman, elle s’abonne à des sites pour effectuer le ménage chez des particuliers
Société 

Jeune maman, elle s’abonne à des sites pour effectuer le ménage chez des particuliers

actualisé le 25/08/2017 à 16h44 : Préciser le prix des abonnements et cotisations

Avec les « ubérisés » de l’économie – À côté de son emploi principal, cette jeune mère fait le ménage chez des particuliers via des plateformes internet pour compléter ses revenus. Sur ces sites, elle doit payer pour entrer en contact avec des clients.

À la rencontre des « uberisés »

Tout l’été, Rue89 Strasbourg part à la rencontre des petites mains de la nouvelle économie. Alors que de plus en plus de services sont distribués par des plate-formes du type d’Uber, qui fait tourner ces services et comment s’en sortent-ils ?

Auxiliaire de vie depuis une dizaine d’années, Célia (à sa demande, le prénom a été modifié), résidente du quartier de la Montagne Verte, a décidé de compléter ses revenus avec une seconde activité. Elle propose des services de femme de ménage suite à la naissance de son premier enfant :

« J’ai moins de boulot en tant qu’auxiliaire depuis quelques années. Comme je suis maman depuis peu de temps, j’ai décidé d’arrêter de travailler le weekend et de faire quelques heures supplémentaires en tant qu’aide ménagère durant la semaine. »

Mais, au lieu de passer par les structures traditionnelles telles les agences d’intérim, elle s’est inscrite il y a huit mois sur des plateformes Internet, mettant en lien les prestataires de service avec les clients. Pour cela, il faut s’abonner à la plateforme ou de payer certains services.

« Sur un des sites sur lequel je me suis inscrite, Startofservice, on me prélève des “crédits” dès que j’envoie un devis à une personne qui a posté une annonce. »

Des devis parfois sans réponse

Le site mentionné par Célia fonctionne en effet de telle manière que pour s’y inscrire, les prestataires de service doivent eux-mêmes payer 20 « crédits », ce qui correspond à plus ou moins 5 euros à la plateforme Internet. Ainsi, ils acquièrent le droit d’envoyer leur devis aux usagers du site qui seraient à la recherche d’une aide ménagère.

L’intéressée ne retire pas un bilan positif de sa recherche de travail via ce site :

« Le problème c’est que les annonces ne sont pas toujours vérifiées et qu’il m’est arrivé plusieurs fois qu’on ne me réponde pas. Je me retrouve donc à gaspiller de l’argent en envoyant des devis qui restent sans réponse. »

500 à 600 euros par mois

C’est finalement sur le site aux prestations plus restreintes Yoopies qu’elle a réussi à trouver un complément financier. Sur ce site, elle paye 7 euros par mois pour obtenir le numéro des personnes qui postent des annonces. L’envoi d’un message simple est gratuit :

« Il y a aussi des fausses annonces sur Yoopies, mais on ne me prélève rien quand j’envoie un message. L’avantage, c’est que je choisis moi-même les heures qui vous conviennent. Pour l’instant, je fais trois ménages par semaine chez des privés qui m’ont contacté via ce site. Je ne dois pas apporter de matériel de nettoyage, mes employeurs me les fournissent directement. Je demande 10 euros l’heure, ce qui est un prix tout à fait abordable et je demande que ces heures soient déclarées car je refuse catégoriquement de travailler en noir. »

 Ainsi, pour éviter de faire des heures non-déclarées, Célia demande à ses employeur de la payer via le Chèque emploi service universel (CESU). Son nouveau travail lui rapporte un complément de 500 à 600 euros par mois et d’avoir des contrats de travail en bonne et due forme et de cotiser pour sa retraite.

Un dispositif que le site Yoopies met également en avant pour inciter les particuliers à engager une femme de ménage par ce biais, au vu des avantages fiscaux qu’il peuvent en retirer.

Un site propose de mettre directement en contact femmes de ménage et particulier, mais avec des contrats (photo Thomas Morris / Flickr / cc)

L’entreprise fondée à Paris en 2012 et désormais présente dans 10 pays d’Europe de l’ouest, est devenu le leader sur Internet pour le service de garde d’enfants et d’aides ménagères. Le site fonctionne comme d’autres plateformes inspirées du modèle Uber. Il propose aux usagers de donner une évaluation, via des étoiles, sur le travail fournit par le prestataire.

Le statut d’auto-entrepreneur pour la garde d’enfant

Parmi les profils à Strasbourg, on retrouve beaucoup d’étudiantes qui tentent de financer leurs études ou de s’octroyer un peu d’argent de poche en tant qu’aide ménage ou baby-sitteur. L’inscription est gratuite et les parents payent de leur côté de 5,90 à 14,90 euros par mois, suivant la durée de l’abonnement. Il peut ainsi écrire directement aux intéressés sans passer par un autre intermédiaire.

Pour les consommateurs, le site promet notamment « jusqu’à 80% d’économie sur la garde d’enfants » de plus de trois ans. En supprimant le contrat de travail pour passer par le statut d’autoentrepreneur, l’heure facturée 12,90 euros peut être payée 0,97 euros grâce aux aides à la CAF (305 euros par mois minimum, « même pour les revenus les plus élevés ») et aux 50% de crédit d’impôt sur les heures effectuées.

Le site met en avant que, une fois la commission de 9% pour Yoopies prélevée, il reste 11,75€/heure brut, soit 11,05€ passées les cotisations sociales, baissées à 5,8% pour les moins de 26 ans. Selon les calculs de l’entreprise, ce statut permettrait de gagner 30% de plus que la moyenne du secteur.

Le site annonce vérifier le profil des baby-sitter et propose une rencontre préalable. Une démarche qui se fait également pour les aides ménagères, car si l’on clique sur le profil de Célia, on y voit bien un petit « V » de couleur verte, certifiant qu’elle est bien à la recherche d’heures supplémentaires en tant qu’aide ménagère.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : notre série d’été « les ubérisés »

 

L'AUTEUR
Clément Grégoire

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